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Perspectives MOC n°10

 

Faisons connaissance avec : Lucien Thomas


Nous avons rencontré Lucien Thomas. Il a consacré toute sa vie au MOC et a occupé le poste de secrétaire fédéral du MOC Luxembourg durant les quinze dernières années de sa carrière.

Lucien Thomas naît en 1931 à Flohimont, une localité proche de Libramont. Son papa est instituteur au village. Lucien suit sa scolarité au Séminaire à Bastogne (humanités et deux ans de philoso-phie) puis, renonçant à devenir prêtre, il rejoint l'Université Catho-lique de Louvain où il poursuit une candidature en sciences politiques.

1957, année décisive …

1957 marque un tournant dans sa vie. Son papa décède. Un ami de la famille, Alexandre Kieffer (adjoint du Chanoine Renauld et député perma-nent) lui propose un emploi au MOC à Neufchâteau. Il accepte et s'engage vers de nouveaux horizons.

Très vite, alors qu'il n'est âgé que de 26 ans, ses activités au sein du mouvement se diversifient et se multiplient : poste au sein du MOC et des équipes Populaires à Neufchâteau et mandat de secrétaire faisant fonction du secrétariat d'apprentissage.

Le fonctionnement du MOC à cette époque était différent de celui d'aujourd'hui : 5 fédérations pour la province, chacune étant indépen-dante financièrement. Elles se ras-semblaient au sein d'un comité provincial composé par le Président,, le Chanoine Renauld, des délégués des 5 fédérations et des représentants des organisations "spécifiques".

En 1961, Lucien Thomas crée une section locale du MOC à Bastogne et à Vielsalm et il en devient secrétaire.
En 1963, le MOC opère la fusion des fédérations et devient provincial.
En 1966, Lucien succède à Jules Etienne comme secrétaire de l'arrondissement de Marche.

Quinze années comme secrétaire fédéral

A partir de 1976 et pendant 15 ans, Lucien Thomas est secrétaire fédéral du MOC Luxembourg. En 1991, à l'âge de 60 ans et après une carrière bien remplie, il prend sa pension. Mais pension ne rime pas avec inaction … Entre autres occupations, il fait partie de la Commission Aînés du MOC, il s'occupe de l'aide et l'accompagnement de malades et il porte un grand intérêt pour la lecture et l'histoire régionale.


KN : Lorsque vous travailliez au MOC, comment se passaient les relations entre les organisations ?

LT : Le travail de coordination entre les organisations connaissait des hauts et des bas, parfois il était même difficile. Cependant, certains événements ont permis à toutes les organisations de rester solidaires. Ce fut entre autres le cas tragique de la fermeture de l'usine d'Athus ou la réalisation du Livre Blanc des Pauvretés.

KN : Que pensez-vous du fonctionnement actuel du MOC ?

LT : Je trouve qu'il fonctionne très bien. Mais il est quasiment impossible de comparer le MOC actuel avec celui que j'ai connu il y a 40 ans. Maintenant, on doit compter avec de nombreux éléments supplémentaires qui rendent le travail plus ardu et l'action locale plus difficile. Je pense essentiellement au fait que maintenant les couples sont moins disponibles vu qu'ils travaillent à deux et qu'il faut tenir compte de la concurrence presque déloyale d'Internet, de la télévision et des loisirs.

KN : Au niveau politique, comment le MOC doit-il se situer ?

LT : C'est un thème délicat sur lequel le MOC doit être très prudent car ce terrain peut être source de division. D'une part le MOC ne peut pas prendre parti lui-même mais d'autre part il se doit de rester un mouvement de pression.

KN : Quelles sont les actions que vous avez réalisées qui vous procurent aujourd'hui le plus de fierté ?

LT : Ensemble, nous avons réalisé certaines actions au niveau de la formation pour adultes dont je suis très satisfait. Je pense entre autres à la mise en place de l'ISCO, à la création de l'AID ainsi qu'à l'implantation de " Lire et Ecrire " dans notre province.
A d'autres moments, nous avons aussi réussi à combiner nos efforts pour réaliser un document de référence sur la pauvreté ou à mobiliser les énergies de toutes les organisations autour d'un thème commun.

KN : Lorsque vous regardez en arrière, avez-vous des regrets ?

LT : Oui, certains. J'ai parfois été trop naïf, relax avec certaines personnes.

KN : Que souhaitez-vous au MOC pour les années futures ?

LT : Tout d'abord, le MOC doit garder son identité luxembourgeoise. Il doit rester attaché à la province avant d'être wallon.
Par rapport à la politique, le MOC a également un rôle primordial à jouer : il doit continuer son action au niveau des communes grâce à la formation politique des mandataires communaux mais il doit également avoir une action au niveau du reste de la population en initiant les gens à la politique. En effet, beaucoup croient la connaître mais n'y connaissent rien ou très peu !

KN : Pour terminer notre entretien par une note positive …

LT : Je suis content de constater que j'ai davantage de contacts directs avec les gens et ça me tient beaucoup à cœur. Grâce à l'expérience que j'ai acquise, j'ai aussi appris à relativiser de nombreuses choses.



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Dernière mise à jour : 19 janvier 2009
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