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Son sigle le
dit bien : l'identité du MOC a été longtemps
construite entre autres autour du "C". Les questions posées
à une telle identité collective et la diversité
des convictions des membres des organisations ont mené à
une plus grande discrétion, parfois au silence. Saine évolution
qui a permis de prendre la mesure des changements à l'intérieur
et en dehors des organisations.
D'autres mutations
sont actuellement en cours, y compris dans notre environnement proche.
Par exemple, la laïcité organisée s'appuie sur
une nouvelle légitimité. Elle multiplie ses apparitions
et diversifie ses activités, y compris dans des domaines
nouveaux pour elle, mais qui nous sont familiers. Si cette présence
a de quoi nous réjouir, elle nous renvoie la question : et
nous, qui sommes-nous ?
Autre exemple
: des groupes s'affirment dans le débat public en revendiquant
haut et fort leur identité chrétienne. Nous ne nous
sentons pas nécessairement de connivence avec leurs analyses
de la réalité, leurs points de vue dans les débats
sociaux ou le sens qu'ils donnent à leurs actions. Encore
une fois se pose à nous la question : et nous, où
sommes-nous ?
La question
de l'identité collective des mouvements et organisations
du MOC se joue sur plusieurs terrains. Politiquement, la campagne
Du souffle pour l'égalité nous positionne comme mouvement
social face aux partis, dans des convergences progressistes. Historiquement,
nous héritons d'un énorme travail de nos prédécesseurs
: ils ont donné à une partie de la population une
voix et des formes d'organisation, pour assurer leur présence
dans le débats économiques, politiques et sociaux.
Le moment de
la recomposition du paysage politique belge est une bonne occasion
pour revenir sur nos identités collectives. Nous ne pouvons
nous contenter d'un recours manipulateur de notre identité
- ça se vend bien ! - ni d'une rente de situation - nous
avons toujours été ainsi ! - ni peut-être d'un
silence stérile. Cette réflexion est une nécessité
pour l'action, qui exige que nous nous donnions les moyens de rendre
compte, d'abord à nos propres yeux, de nos priorités,
de nos modes d'action et des évolutions de nos alliances.
C'est aussi
un volet de l'éducation permanente, qui offre des temps et
des approches pour le recul nécessaire quand tout se précipite.
Au fond, de quoi s'agit-il ici ? Au nom de quoi promouvoir quels
changements sociaux ? Avec quelle place pour les individus ?
Ces questions
n'appellent pas une réponse simple, univoque ni définitive.
Aucune source de sens ne domine les autres ni ne leur dicte sa règle.
Mais elles sont en débat. La soirée du 4 avril permettra
de dire ensemble comment nous pourrions nous situer.
Jean-Claude
Brau
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