Le
et le en Luxembourg

Perspectives

N°49 : 01-02/2009
N°48 : 12-01/2009
N°47 : 10-11/2008
N°46 : 08-09/2008
N°45 : 06-07/2008
N°44 : 04-05/2008
N°43 : 02-03/2008

N°42 : 12-01/2008

N°41 : 10-11/2007
N°40 : 08-09/2007
N°39 : 06-07/2007
N°38 : 04-05/2007
N°37 : 02-03/2007
N°36 : 12-01/2007
N°35 : 10-11/2006
N°34 : 08-09/2006
N°33 : 06-07/2006
N°32 : 04-05/2006
N°31 : 02-03/2006
N°30 : 12-01/2006
N°29 : 10-11/2005
N°28 : 08-09/2005
N°27 : 06-07/2005
N°26 : 04-05/2005
N°25 : 02-03/2005
N°24 : 12-01/2005
N°23 : 10-11/2004
N°22 : 08-09/2004
N°21 : 06-07/2004
N°20 : 04-05/2004
N°19 : 02-03/2004
N°18 : 12-01/2004
N°17 : 10-11/2003
N°16 : 08-09/2003
N°15 : 06-07/2003
N°14 : 04-05/2003
N°13 : 02-03/2003
N°12 : 12-01/2003
N°11 : 10-11/2002
N°10 : 08-09/2002
N°09 : 06-07/2002
N°08 : 04-05/2002

 

Perspectives MOC n°15

Faisons connaissance avec :
Astrid Gillet

 

Quand on sait qu'Astrid Gillet (née Thirion ) a vu le jour dans le village natal du Chanoine Renauld, co-fondateur du Mouvement Ouvrier Chrétien de la province du Luxembourg, on comprend peut-être mieux pourquoi Astrid est une figure tellement marquante du MOC provincial et de Vie Féminine en particulier. Le 1er mai de cette année, correspond pour elle au départ en prépension, cela signifie-t-il que nous ne la verrons plus pousser un coup de gueule lors d'un conseil fédéral du MOC? Rien n'est moins sûr! Faisons tout d'abord connaissance…

KN: Qui êtes-vous?

AG: Je suis née le 3 février 1948 à Mogimont. Mon papa était un petit indépendant dans la construction et maman, mère au foyer. J'ai un frère qui a six ans de moins que moi. J'ai fait mes études secondaires au pensionnat de l'école des sœurs de Beauraing. Je me suis mariée à 18 ans avec André Gillet de Nollevaux. Nous avons emménagé à Paliseul où nous habitons toujours.

KN: Avez-vous des enfants?

AG: Je me suis mariée en 1966 et de 1968 à 1970, j'ai eu trois enfants: un garçon et deux filles. Ils sont aujourd'hui tous mariés et nous ont donné plein de petits enfants, nous attendons le petit septième pour le mois d'Août.

KN: Comment êtes-vous entrée à Vie Féminine?

AG: Je pense que cela doit remonter en 72 ou 73, une dame de Paliseul m'a invitée à participer aux réunions de la section locale et cela m'a tout de suite beaucoup plu. J'aimais bien le côté "féministe" des choses. En plus nous avions avec nous une dame qui participait au Comité fédéral et qui venait nous rapporter ce qui s'y disait, cela voulait dire qu'elle nous apportait plein d'idées nouvelles sur beaucoup de choses et ça j'ai vraiment adoré. Je me suis tout de suite sentie très complice de cette personne. A un point tel qu'en 1978, elle m'a demandé de la remplacer au Comité et je n'ai pas hésité une seconde. Là, je peux dire que le travail m'a fascinée!

KN: Qu'est-ce qui vous semblait si intéressant dans cette implication?

AG: La fédération d'Arlon a toujours été reconnue pour sa grande implication politique. Il y avait des choses très fortes qui étaient débattues en terme de revendications. Je devais entre autres les répercuter dans ma section locale. Le Comité fédéral était pour moi l'endroit où j'allais chercher l'impulsion, ce que j'aimais bien c'est que les femmes embrayaient bien sur ces idées. La meilleure preuve c'est que nous avons organisé pas mal de journées d'étude à Paliseul pour la province, notamment, en 1988, une qui avait pour thème : "Familles, jardin privé, espace public".

KN: Vous avez fait tout ce travail en tant que bénévole?

AG: Non, pas uniquement, j'ai été engagée comme animatrice à mi-temps en 1985. Cela tombait bien car mes enfants étaient tous sortis du nid. A ce moment j'ai donc dû céder ma place au Comité. J'ai été très contente de passer le pas et on m'a alors confié la mission de développer le secteur de Libramont, c'est ce que j'ai fait avec mon équipe de secteur jusqu'à aujourd'hui et en cours de route, je me suis ajoutée une casquette de déléguée syndicale!

KN: Parlez-nous un peu de cet engagement syndical à Vie Féminine, comment cela s'est-il passé?

AG: J'ai été approchée pour faire partie de cette délégation syndicale lors de la première semaine d'étude à laquelle j'ai participé comme professionnelle. Il faut se replacer dans le contexte de l'époque: en 1985, parler de syndicat à Vie Féminine, c'était dur dur, il y avait beaucoup de réticences. André Malraux disait: "La culture ne s'hérite pas, elle se conquiert", je peux dire qu'il en est de même pour la culture syndicale. Néanmoins, je m'y suis beaucoup investie parce que j'estime qu'un employeur et un employé ont de bonnes relations quand le cadre qui définit ces relations est clair. Cela est d'autant plus important qu'aujourd'hui, les employées ne sont plus issues de la militance. La première délégation syndicale nationale date donc de janvier 1986 et je suis très fière de pouvoir dire que j'ai contribué à une certaine modification dans la manière de travailler! Les mentalités ont pu évoluer et c'est heureux!

KN: Qui était à la barre de cette délégation syndicale depuis toutes ces années?

AG: Au niveau provincial, c'était moi. J'estime que l'importance d'une délégation syndicale est primordiale dans une entreprise. Je m'en suis rendue compte notamment quand mon mari a été victime à deux reprises d'accidents de travail chez Electrabel: que peut faire un ouvrier seul face à un mammouth? Cette question m'a motivée tout au long de ces années. Lorsque Vie Féminine a réalisé son audit en 2002 et qu'il a fallu restructurer, ça a été une année très très difficile mais nous nous sommes battues pour faire valoir le mérite de la fédération du Luxembourg à bien des égards. Nous avons été entendues et cela me permet de ne pas en sortir top amère, voir même d'en retirer une satisfaction.

KN: J'ai entendu dire que vous aviez d'autres engagements très importants…

AG: J'ai succédé à mon mari au CPAS de Paliseul pour la durée de trois mandats de 1982 à 2000. Quel travail passionnant! Ca m'a "bouffée" parce que je m'investissais beaucoup dans les dossiers mais, j'étais reconnue par des hommes pour le travail que je fournissais: quelle satisfaction! Ensuite, j'ai un mandat de déléguée aux activités sociales à la Croix-Rouge locale, cela me prend aussi beaucoup de temps, je coordonne plusieurs équipes de bénévoles car nous gérons trois véhicules VSL
(Véhicule Sanitaire Léger), une vestiboutique et un PMS (Prêt matériel sanitaire). Nous allons pour la deuxième fois engager une personne à mi-temps dans le cadre du plan activa. J'ai encore d'autres engagements mais je me limiterai à ceux de déléguée CSC à l'ALE de Paliseul et administrateur à la Mutualité Chrétienne

KN: Quelle vie bien remplie!

AG: Oui, quand je regarde derrière moi, je me demande où sont passées ces 20 années? Tout ce que j'ai fait m'a passionnée mais le prix à payer a parfois été lourd. Ce qui m'a sauvée au niveau organisation, c'est que j'ai toujours fait une grande distinction entre ma vie privée, ma vie professionnelle et ma vie sociale. Ce cloisonnement m'a permis de ne pas me laissée submerger.

KN: En portant un regard sur le passé, quel sera, au niveau professionnel votre plus grande fierté et, à contrario, un regret?

AG: Ma grande fierté, c'est l'organisation d'une grande soirée débat à Paliseul sur le thème de la pauvreté dans la province. C'était à l'occasion de la sortie du livre blanc sur la pauvreté, nous y avons rassemblé plus de 250 personnes. C'est une soirée où j'ai vibré! Nous en avons longtemps senti les effets: les mentalités des gens qui disaient des minimexés: "tous des profiteurs" ont changé. Mon grand regret, c'est que le mouvement n'ait pas maintenu le nombre de ses membres. Je tiens cependant à dire que ce fut pour moi une merveilleuse école de vie mais à condition de ne pas s'y identifier.

KN: Comment voyez-vous l'avenir de Vie Féminine?

AG: Une chose est sûre, le mouvement ne sera plus jamais ce qu'il a été. J'imagine un service administratif dans les diverses régions avec quelques antennes qui gravitent autour, tout ceci défini par l'Audit. Quant à l'organisation, au fonctionnement,… l'avenir nous apprendra si ce choix est judicieux? De toute évidence, avant les structures étaient au service de la base et aujourd'hui c'est l'inverse. C'est un gros bouleversement qui n'est pas facile à vivre tant pour les bénévoles que pour les professionnelles. Ce qui est sûr c'est que les prochaines élections sociales qui auront lieu en 2004 seront cruciales il s'agira pour le personnel du Luxembourg (services et animations) de figurer sur les listes car nous avons des spécificités à défendre.

KN: Et qu'allez-vous faire maintenant?

AG: Je souhaitais cette prépension parce que j'estime pouvoir à présent choisir ce que je veux faire. Je continuerai à remplir mes différents mandats, notamment au Conseil fédéral du MOC, si je peux, et pourquoi pas m'investir à présent dans la commission des aînés du MOC? Je vais aussi donner plus d'importance à mon côté "sucré": mes petits-enfants. Chaque année je les emmène tous à la mer. L'aîné a 11 ans et le petit dernier va arriver dans quelques semaines, je me réjouis de profiter un maximum de mon statut de mamy!

Karinne Noiret

 


Agenda
| Revue |
Positions du MOC




Dernière mise à jour : 19 janvier 2009
Avec le soutien de Pour plus d'info, cliquez ICI