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Perspectives MOC n°16

Une action dont on parle
Retour sur la semaine d'étude de Vie Féminine

 

Pendant trois jours, à Floreffe, la semaine d'étude de Vie Féminine a rassemblé plus de cinq cents femmes pour débattre de la question du corps de la femme, du corps des femmes. Annoncer que l'on va prendre du temps pour aborder ce thème entraîne automatiquement des petits sourires et des remarques ironiques. Pourtant, quand on y réfléchit, on constate que beaucoup de monde s'occupe du corps des femmes. On peut commencer par la mode, la publicité, l'industrie des cosmétiques, le sport ou le commerce. Le monde médical y attache une importance toute particulière avec de bonnes et de moins bonnes raisons ; les législations des pays y consacrent des chapitres alors que les différentes religions auraient plutôt tendance à le cacher et à l'enfermer.
Aussi, quoi de plus normal que les femmes, à leur tour, aient envie de parler de leur corps.

D'emblée, la parole a été donnée aux femmes. A partir d'un moment de leur vie ou de celle d'une femme de leur entourage, elles ont été invitées à raconter comment le corps des femmes n'a pas été respecté dans son intégrité physique ou morale. Ces témoignages, recueillis en petits groupes, ont permis aux femmes de mettre des mots sur leurs histoires , d'établir des liens avec les histoires des autres participantes et de mettre en évidence les points communs. Parler de ses souvenirs parfois enfouis profondément, n'est certainement pas facile mais peut aider à prendre un certain recul par rapport à la situation.
L'étape de l'expression a donné aux femmes l'occasion d'identifier plusieurs thématiques telles que la question de la maternité, l'instrumentalisation de celle-ci par le monde médical, le contrôle moral de la société sur le nombre d'enfants, sur leur sexe, sur la décision de ne pas avoir d'enfant.
" La norme physique ", cette référence imposée par la société de consommation et de commerce qui exclut toutes les personnes et en particulier les femmes qui ne rentrent pas dans le moule représentait une autre des thématiques largement abordées au cours de ces journées.
L'utilisation, la marchandisation du corps des femmes ainsi que toutes les violences dont les femmes sont les victimes ont également retenu l'attention des participantes à la semaine d'étude.
Pour poursuivre le travail d'analyse, Chris Paulis, Docteur en anthropologie sociale, nous a entraînées à travers son exposé, dans la mémoire collective qui situe les femmes tantôt fragiles, instables, inférieures tantôt courageuses, solides, fortes mais toujours porteuses d'un devoir éternel, celui de procréer. Cet état des choses a maintenu les femmes très longtemps éloignées de la vie sociale et politique. La nature a souvent été utilisée pour séparer les rôles des deux sexes et ce n'est que, petit à petit, que les femmes des sociétés nord-occidentales ont acquis des droits et des systèmes égalitaires. Les femmes ont acquis des libertés qu'elles ne savent pas nécessairement utiliser. Pour Chris Paulis, c'est pourtant là un enjeu capital car nous devons apprendre et oser appliquer ces libertés et ces droits. Les rôles définis à chacun ne pourront évoluer que si les femmes elles-mêmes y contribuent sans ambiguïté et sans rivalité avec les hommes.

Au cours de ces trois journées, nous nous sommes essayées par la fantaisie, l 'humour, la dérision à la déconstruction systématique des normes, des moules, des modèles, des gabarits dans lesquels la société veut enfermer le corps des femmes. Nous avons compris que nous avions encore un long chemin à parcourir ; la solidarité entre toutes les femmes sensibles à ces questions sera nécessaire pour faire évoluer la situation au travers de législations adéquates mais surtout en travaillant sur les mentalités tant des femmes que des hommes. Nous devons surtout être attentives aux trop nombreuses femmes confrontées à des pressions inacceptables que ce soit au sein de leur famille ou dans leur milieu professionnel et qui ne disposent pas d'un espace leur permettant d'agir.

A Vie Féminine, " Faire mouvement " prend tout son sens quand nous décidons d'agir ensemble pour que les femmes deviennent les " décideuses " réelles, critiques et résolues de tout ce qui peut toucher leur corps.

Claudine Marx, Responsable régionale de Vie Féminine.

 


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Dernière mise à jour : 19 janvier 2009
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