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La publicité
est partout, impossible d'y échapper! Lequel d'entre vous
n'a pas assisté à la scène du poisson rouge
(Maurice) "dégustant" une mousse au chocolat (Jacky)?
Ou encore aux prouesses aquatiques de nouveaux-nés dans de
l'eau minérale (Evian)? Si vous y avez échappé,
considérez que c'est une performance.
Cette omniprésence
a incité les équipes populaires de la province du
Luxembourg à mener une réflexion sur les messages
publicitaires en tant que clef de nos pratiques de consommation.
Parmi les équipier(e)s,
il y a en effet quelques pères et mères de famille
qui se sentent particulièrement concernés par les
effets de la publicité lorsque, par exemple, leurs enfants
leur réclament à corps et à cris des vêtements
de marque.
Le thème
de la publicité et, plus globalement, de l'influence des
médias sur nos comportements de consommateurs a donc été
choisi comme base de réflexion et la traditionnelle journée
d'étude des EP qui a eu lieu au mois de mai y était
donc logiquement consacrée.
L'orateur de
cette journée, Mr Jean-Marie Beguin, membre du RCR, le Réseau
des Consommateurs Responsables a consacré une large partie
de son exposé au problème de l'eau, qui, à
lui seul, est révélateur de l'influence que les masses
médias peuvent exercer sur nous.
Il a, dans un
premier temps, fait procéder à une dégustation
à l'aveugle de sept eaux minérales différentes.
Plusieurs personnes ont trouvé que l'eau en bouteille la
moins chère, voire l'eau du robinet, était aussi bonne
que l'eau, souvent plus chère, qu'ils ont l'habitude de consommer
Alors: pourquoi acheter cette eau là et pas une autre? Qu'est-ce
qui influence nos achats?
Dans un second
temps, l'esprit critique des participants a été sollicité
afin de mener une analyse pointilleuse de deux publicités:
l'une pour Vichy Célestin ( "Le teint Célestin")
et l'autre pour Contrex ( "Mon partenaire minceur"). Dans
le premier cas (Vichy), on constate que l'eau est présentée
comme un médicament, un produit de beauté! Et dans
le second exemple (Contrex), la bouteille d'eau devient un partenaire
(sexuel?) d'une très jolie fille au cou démesurément
long.
Il est également
troublant de constater que les deux publicités présentées
mettent en scène de jolies filles dont les t-shirt arborent
les mêmes motifs que ceux de la bouteille d'eau. Les formes
des deux bouteilles présentées sont également
étrangement ressem-blantes aux corps des deux jeunes femmes.
Le corps des femmes serait-il exploités par la publicité?
Poser la question, c'est déjà y répondre.(
cfr le compte-rendu de la journée d'étude de Vie Féminine
ci-joint).
Tenter d'analyser
ces messages publicitaires, la manière dont nous les percevons
et comment ils peuvent nous influencer au quotidien, c'était
la préoccupation des équipier(e)s. Cette journée
leur a permis de se rendre compte que, notamment dans le cas de
l'eau minérale, la publicité joue sur nos sentiments
et nous fait modifier nos comportements (Je bois Vichy Célestin
pour avoir un beau teint, j'ai envie de pureté alors je bois
Volvic en pensant aux volcans d'Auvergne,
).
Ces clichés
ne doivent pas nous écarter de la réalité:
qu'elles soient de Vichy, de Spa, de Vittel ou d'ailleurs, les eaux
qui nous sont proposées dans les magasins sont des eaux dont
les sources ont été achetées par des privés
dans l'unique but de faire du profit. Pour cela, frapper notre imaginaire
s'avère nécessaire: la corde sensible de chacun est
donc sollicitée; féminité, beauté, pureté,
sont des incitants à nous faire consommer tel ou tel produit
plutôt qu'un autre. Au milieu de toutes ces bouteilles en
plastique privatisées, n'oublions cependant pas qu'il est
aussi parfois possible de boire l'eau du robinet qui, elle ressort
du domaine public.
Forts de cette
constatation, les équipier(e)s qui ont fait le choix d'étudier
les messages publicitaires ont comme projet de mettre sur pied une
pièce de théâtre afin de nous faire réfléchir
sur les consommateurs que nous sommes. Nous vous tiendrons bien
évidemment informés de la suite de leurs démarches.
K. Noiret
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