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Annick Burnotte
a rencontré Philippe Sterckx, coordinateur de Solidarité
Mondiale, l'ONG du MOC, il nous parle de la nouvelle campagne de
récolte de fonds qui vient d'être lancée
AB: Qui êtes-vous?
PS: J'ai 53
ans et j'ai rejoint Solidarité Mondiale il y a 6 ans après
un parcours de 22 ans à la CNE. Je fus d'abord délégué
d'entreprise puis président de cette centrale de la CSC,
et enfin permanent syndical dans les assurances, dans le secteur
de l'informatique et dans les banques.
AB: Quel
est votre travail au sein de Solidarité Mondiale?
PS: Au sein
de l'ONG du MOC, je coordonne l'équipe des animateurs nationaux,
j'assure le lien avec les collègues néerlandophones.
Je représente l'ONG et parfois le MOC, dans différentes
associations telles que le CNCD (opération 11.11.11), et
ACODEV (fédération francophone des ONG) en siégeant
dans les différentes instances de celles-ci. Je suis également
en contact avec les administrations régionales et communautaires
qui développent des activités dans le cadre de la
coopération au développement (CGRI-DRI).
AB: Comment
s'organise le travail au sein de Solidarité Mondiale?
PS: Le travail
de l'équipe s'articule plus spécifiquement autour
de 2 activités qui sont : l'Education au Développement
et la récolte de fonds. Nous assurons aussi le relais avec
le service des projets (commun aux francophones et aux néerlan-dophones).
AB: Solidarité
Mondiale vient de lancer une nouvelle campagne
PS: En effet,
depuis le 1er mai de cette année, nous avons démarré
une campagne, intitulée " La santé n'a pas de
prix ? Pansons le Monde
Autrement ! ". Elle va durer
3 ans.
AB: Pourquoi
avoir choisi le thème de la santé pour cette campagne?
PS: Nous l'avons
choisi parce qu'une des premières préoccupations,
si pas la première de tout être humain, est d'être
en bonne santé. Nous croyons que ce doit être un droit
Humain prioritaire.
Nous constatons également que toutes les organisations sociales
membres du MOC ici au Nord, ainsi que nos partenaires, membres des
internationales, au Sud sont tous actifs dans ce domaine.
La qualité de soins et leur accessibilité, la disponibilité
des moyens thérapeutiques, la défense des systèmes
de santé publique et de la sécurité sociale,
font partie des préoccupations quotidiennes de toutes et
tous.
AB: L'accessibilité
aux soins de santé, est un sujet bien vaste!
PS: oui et c'est
pourquoi nous avons choisi comme point d'entrée les médicaments
essentiels car nous avons constaté que des décisions
politiques peuvent avoir des effets négatifs sur l'accessibilité.
C'est le cas de la questions des brevets et de l'AGCS au sein de
l'OMC.
Dans le même
temps, en analysant plus en détail le secteur des multinationales
pharmaceutiques, nous remarquons que les choix faits par celles-ci
en matière de Recherche et Développement répondent
prioritairement à des logiques financières plutôt
qu'à la préoccupation de la santé de tous,
surtout en ce qui concerne les pays en développement.
C'est ainsi
que, encore aujourd'hui, un tiers de la population mondiale, principalement
en Afrique et en Asie, n'a pas accès aux médicaments
essentiels.
AB: On imagine
les conséquences désastreuses que cela peut avoir
dans ces pays!
PS: Les pays
en développement paient encore aujourd'hui un lourd tribu
à ces choix politiques et industriels car les maladies infectieuses
(sida, tuberculose, malaria,
) causèrent la mort de
11 millions de personnes en 2001.
Les déséquilibres
en matière de santé entre le Nord et le Sud ont également
une influence sur l'espérance de vie des gens. Si les Européens
et les Américains peuvent espérer vivre 75 à
80 ans en moyenne, les Ivoiriens et les Maliens eux, ne peuvent
espérer dépasser les 50 ans.
Malgré
ces chiffres édifiants, l'industrie pharmaceutique poursuit
sa logique de ne développer que des produits destinés
aux marchés rentables. C'est ainsi qu'entre 1995 et 1966,
sur les 1223 molécules à usage pharmaceutique mise
sur le marché, seulement 1 % était destiné
aux maladies tropicales.
AB: Plus
précisément, quels sont les objectifs qui sont poursuivis
par cette nouvelle campagne?
PS: Elle vise
à sensibiliser le public à cette question de l'accès
aux médicaments essentiels et à mobiliser les gens
afin que les choses bougent.
Le premier volet
de la campagne interpellera le monde politique afin que les décisions
prises à l'Organisation Mondiale du Commerce soient plus
favorables aux pays en développement (PVD). Un assouplissement
des règles en matière de Brevet dans le sens de la
déclaration de DOHA, permettrait aux PVD d'améliorer
l'accessibilité aux médicaments essentiels pour enrayer
les maladies endémiques.
L'interpellation
du secteur pharmaceutique fera également partie de ce volet
afin de concrétiser des revendications propres à modifier
les choix des entreprises en matière de Recherche et Développement.
Le second volet
doit permettre une mobilisation des militants dans le but d'appuyer
le volet politique de la campagne.
Il vise également
à mobiliser, afin de créer ou de renforcer un partenariat
entre des acteurs sociaux du Nord et du Sud travaillant directement
ou indirectement dans le secteur de la Santé.
Un autre aspect
important visera à mobiliser des fonds pour soutenir des
actions menées par les partenaires de Solidarité Mondiale.
AB: Il est
donc toujours d'actualité d'effectuer des ordres permanents
et des dons en faveur de Solidarité Mondiale
PS: Bien entendu,
à cela s'ajoute un geste plus symbolique: il s'agit d'achat
d'une pochette de pansements au prix modique de 3 euros. Pour la
province de Luxembourg, ces pansements sont en vente au secrétariat
d'Arlon au 39, Rue des Déportés.
AB: Et plus
concrètement, qu'en est-il sur le terrain, dans les pays
eux-mêmes?
PS: Afin de
prolonger concrètement cette initiative, nous présenterons
à l'opération 11.11.11 un projet de développement
intégré de centres de santé au Bangladesh,
projet de l'ONG locale avec laquelle nous collaborons depuis de
nombreuses années.
A Savar, à
environ 60 kilomètres de Daka, capitale du pays, l'ONG a
développé une structure opérationnelle composée
: d'un hôpital, d'une école de santé publique
pour infirmier(ière)s et para-médicaux, d'une faculté
de médecine reconnue par l'Etat, des ateliers de formation
professionnelle dans des métiers utiles à l'hôpital
et d'une usine de fabrication de médicaments génériques.
De plus, ils
ont installé dans de nombreux villages des environs de Savar,
des dispensaires de premiers soins ce qui permet d'intervenir rapidement
avant que des lésions ou des maladies bénignes ne
dégénèrent gravement.
Nous croyons
que le partenariat financier avec cette ONG répond sur le
terrain aux objectifs de notre campagne.
AB: Un dernier
mot en guise de conclusion?
PS: Pour terminer,
je dirais que, le défi que nous nous sommes fixé,
nous motive au plus haut point et que les réactions que nous
avons déjà enregistrées tant, auprès
de nos organisations que de nos partenaires, nous confortent dans
cette voie.
Secrétariat national
Chaussée de Haecht 579
1031 BRUXELLES
Tél : 02 246 38 81
Fax : 02 246 38 85
Email : solidarite.mondiale@solmond.be
N°
de compte: 799-5500000-05
Tout don ou participation financière annuelle égal
ou supérieur à 30 euros donne droit à une attestation
fiscale.
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