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L'accord gouvernemental,
texte de fondement pour le gouvernement, détermine, en principe
pour 4 ans, les grandes orientations de son action. Cet accord 2003
est titré " Une Belgique créative et solidaire.
Du souffle pour le pays. ". Le MOC demandait du Souffle pour
l'Egalité. Le Gouvernement propose du Souffle pour le Pays.
Cela mérite une lecture attentive. Les priorités avancées
par le MOC sont-elles rencontrées dans l'accord 2003 ?
En 1999, l'accord
gouvernemental était très général et
permettait aux trois familles politiques impliquées de s'y
retrouver. Cette fois, en 2003, le contexte est très différent.
L'accord 2003 a été négocié par les
partis vainqueurs des élections alors que celui de 1999 l'avait
été par des gagnants (écologistes et VLD) et
des perdants (socialistes). La situation économique est devenue
difficile et les perspectives en matière de croissance n'ont
rien de comparables avec 1999. Incontestablement les partis de la
majorité 2003 ont cherché à identifier plus
clairement leurs objectifs politiques. On note toutefois - et c'est
un reproche essentiel - que cet effort de clarté ne concerne
que le volet des dépenses et pas celui des recettes nouvelles
ou des économies nécessaires.
Les deux familles
qui composent le Gouvernement ont chacune mené une campagne
sur le clivage gauche-droite. Elles se retrouvent dans un rapport
de force 50/50 et le résultat est assez logique : un compromis
entre droite et gauche sans que l'on puisse dégager un vrai
projet politique. A gauche, la priorité de l'emploi, le financement
des soins de santé, la volonté de pérenniser
le premier pilier des pensions, les questions environnementales
et de qualité de vie. A droite, aucune avancée sur
un meilleur équilibre social/fiscal, une réforme fiscale
qui poursuit sa route, des améliorations homéopathiques
sur le plan des allocations sociales.
Mais la grande
inconnue est la question des moyens pour financer cette politique.
L'épure budgétaire semble difficilement tenir la route
et le taux de croissance escompté ne permettra pas de rencontrer
les nombreuses initiatives envisagées sans que des économies
importantes ne soient réalisées ailleurs. D'autant
plus que la réforme fiscale va exercer ses effets négatifs
sur les finances publiques et que les nouvelles recettes envisagées
sont aléatoires : effets-retour, régularisation fiscale,
lutte contre la fraude, taxes tabac et carburant.
Dans ce contexte,
deux autres risques pourraient apparaître : le détricotage
des accords de refinancement des régions et communautés
et le danger que la Sécurité sociale " paie la
note ".
Alors cet accord
: en route vers plus d'Egalité ? Pas vraiment. Plutôt
une voile tendue qu'il reste à gonfler aux vents dominants.
Le patronat, surtout flamand, tempête déjà.
Ne restons pas inactifs, soufflons, soufflons très fort pour
l'Egalité.
Ce texte est
plus qu'inspiré - on dit copié-collé aujourd'hui-
des réflexions et analyses de notre bien-aimé secrétaire
politique, Thierry Jacques.
Pour la mise
en page, Bernard Kerger
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