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Perspectives MOC n°17

Faisons connaissance avec :
Jean-Marc Jalhay

 

Depuis le 2 mai 2003, Jean-Marc Jalhay est le nouveau directeur adjoint des Mutualités Chrétiennes de la Province du Luxembourg.
Nous l'avons rencontré afin qu'il nous parle de son travail…

KN: Comme le dit cette rubrique, "faisons connaissance avec vous"…

JMJ: J'ai 28 ans, je suis célibataire et je suis originaire d'un petit village à côté de Durbuy: Heyd. J'habite maintenant dans la commune de Chiny.

KN: Quelle est votre formation?

JMJ: J'ai fait des études d'infimier à Libramont. Ce métier me passionnait parce que j'aimais beaucoup le contact avec les gens. Néanmoins, au fil des stages, je me suis rendu compte à quel point ce métier s'avérait être difficile tant physiquement que moralement. Cette prise de conscience couplée à une forte envie d'apprentissage et de responsabilités m'ont donné envie d'aller plus loin et j'ai donc poursuivi mes études par une licence en santé publique à l'ULG avec une orientation en gestion des institutions de soins. Cette formation m'a beaucoup plu et j'ai eu envie de continuer dans ce sens. C'est la raison pour laquelle je suis parti pendant 3 ans à l'Université de Montréal pour réaliser une maîtrise en organisation de soins de santé. Pour terminer, j'ai collaboré, toujours à l'Université de Montréal, à un travail de recherches qui s'intitulait "Synthèse des politiques sur les services de première ligne".

KN: De quoi s'agissait-il plus exactement?

JMJ: C'est un travail de recherches que nous avons mené pendant un an et qui était une étude comparée des expériences de différents pays en matière de services de première ligne, qui sont les premiers contacts que les patients rencontrent en termes de besoins en soins de santé. Chez nous, il s'agit principalement du médecin généraliste, des infirmières à domicile ou des urgences dans un hôpital par exemple.

KN: Qu'est-ce qui ressortait de cette étude?

JMJ: Que des systèmes très différents ont des effets très différents sur les patients. En gros, on retient que plus l'approche du patient est globale, meilleurs sont les résultats. Ce sont les pays nordiques et certaines provinces canadiennes qui ont les meilleurs résultats. La Finlande est notamment un modèle particulièrement perfor-mant avec une approche globale du patient, ce qui est très important.

KN: Après cette étude, vous êtes rentré en Belgique…

JMJ: En effet, ma vie privée m'a amené à faire certains choix, ma compagne m'attendait et le choix de revenir était donc logique. Qui plus est, la Mutualité chrétienne de la province du Luxembourg recherchait un Directeur-adoint, cela m'intéressait et j'ai donc posé ma candidature pour être finalement engagé en mai 2003.

KN: Quel est concrètement votre rôle en tant que Directeur-adjoint?

JMJ: les fonctions de direction sont réparties différemment suite aux changements dans le réseau de la Mutuelle et au départ de Jean-Marie Henrion et de Bernadette Lamesch. En ce qui me concerne, je m'occupe du secteur médico-social. Mes compétences sont la gestion des différentes asbl des MCPL: Optilux le magasin d'optique, Espace Solival et les cabinets dentaires (asbl Gestion et santé), les relations avec les ASD (Aides familiales, Croix jaune et blanche, centre de coordination,…), les problèmes de transport (via les ambulances, par les bénévoles,…) et le secrétariat des instances des Mutualités chrétiennes (comité de gestion, assemblée générale,…).

KN: Vous évoquez les changements du réseau de la Mutuelle, qu'en est-il?

JMJ: Les Mutualités chrétiennes ont décidé d'avoir une approche globale de leurs affiliés (notamment grâce à une collaboration avec les services auxiliaires comme la diététique). J'en suis personnellement très heureux car cette vision des choses correspond aux conclusions du travail de recherches que j'ai mené au terme de ma maîtrise. On voit dans cette évolution de la Mutualité qu'elle se sent responsable de la santé de ses affiliés et c'est une bonne chose. Nous allons donc vers une mutuelle qui fera de la médecine préventive, de l'éducation à la santé et qui offrira davantage de services pour permettre au plus grand nombre d'accéder à des soins de santé de qualité sans se ruiner. Cette dimension de médecine préventive et d'éducation à la santé se met en place et c'est ainsi qu'à Arlon, à la Rue des Déportés, nous ouvrirons à la fin de l'année un centre qui accueillera nos nouveaux cabinets dentaires et les bureaux d' Infor-Santé qui développera des projets concrets d'éducation à la santé ou de promotion de la santé. Le premier projet aura pour but de conseiller autour du thème: "Naître Parents".

KN: Sur papier, le projet est intéressant mais tout le monde sait que notre province est grande, que proposez-vous pour que cette accessibilité des soins de santé soit efficiente chez nous malgré cette difficulté géographique?

JMJ: Ce problème a été envisagé, nous y répondons en créant les centres mutuellistes de santé. Ce sont des centres qui proposeront une offre de services la plus étendue possible dans nos sous-régions: à Marche, Libramont, Arlon, Virton, Bastogne et Vielsalm. Les affiliés pourront y trouver les services d'un Conseiller mutuelliste, le service pension et le service social. Des collaborations seront réalisées avec les différentes asbl pour qu'elles se répartissent également sur l'ensemble de la province. Par exemple, nous disposons de trois "Espaces Solival": à Arlon, Marche et Virton. Notre souci est donc bien de rendre ces services accessibles au plus grand nombre. Il en va de même pour les magasins d'optique et les cabinets dentaires. Je voudrais ajouter que cette difficulté d'accessibilité géographique ne doit pas nous faire oublier qu'il peut aussi exister des difficultés d'accessibilité financière et culturelle, nous devons aussi y être attentifs pour faire face aux offres du privé dont l'objet est plutôt de tendre vers la rentabilité.

KN: En tant que nouveau directeur-adjoint, quelles seront vos priorités?

JMJ: Comme vous avez pu le constater, j'attache beaucoup d'importance à l'accessibilité des soins de santé, c'est mon principal cheval de bataille. Je suis également très attentif à la politique dans notre pays. La tendance gauche-droite peut avoir de grandes influences sur notre politique de santé, notamment via les orientations qui sont données lors des choix budgétaires.

KN: Envisageriez-vous une carrière politique?

JMJ: Je n'exclus rien mais pour le moment je pense qu'il est difficile d'être attentif aux choix politiques en matière de santé si l'on est soi-même engagé en politique. La tentation peut exister pour les Mutuelles de créer des synergies avec le monde politique mais je pense que c'est préférable qu'il demeure une distinction entre les deux car l'esprit critique doit pouvoir être libre.


K. Noiret


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Dernière mise à jour : 19 janvier 2009
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