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Lorsque dans
deux mois nous nous rendrons aux urnes, nous poserons un geste fondamental
de la démocratie représentative. Geste important certes
mais permet-il à lui seul de fonder la démocratie
?
Le petit Larousse
définit la démocratie en quelques mots : gouvernement
où le peuple exerce la souveraineté. Cette définition
est sans ambiguïté mais la difficulté apparaît
lorsque l'on propose d'énoncer les modalités de cet
exercice.
Le pouvoir populaire
immédiat et le consentement donné à l'exercice
de l'autorité constituent les deux formes extrêmes
de l'exercice de la démocratie. L'histoire nous apprend que
ni l'un ni l'autre ne sont sans périls.
A l'échelle
des nations, le pouvoir populaire immédiat est dangereux.
L'Athènes de Platon est généralement citée
comme exemple de la démocratie directe réussie ; c'est
oublier que la citoyenneté y était réservée
à une petite élite. La Commune de 1870 attribuait
le pouvoir aux assemblées populaires ; on ne peut cacher
que cette courte période fut marquée par une instabilité
ravageuse. Et puis Paris comme Athènes étaient des
entités de taille relativement limitée. L'exercice
direct de la démocratie n'est pas envisageable en pratique
dans des espaces plus vastes ou plus peuplés.
Le simple consentement
donné à l'exercice de l'autorité, la démocratie
limitée à l'élection sont dangereux. Les gouvernants
constituent alors une aristocratie trop éloignée du
peuple. Ou encore ramener le geste politique aux dimensions de l'isoloir
mène à une dissolution du politique laissant la place
aux puissances de la technique et de l'économie. Ne sont-ce
pas là des tendances de nos sociétés occidentales
contemporaines ? N'est-ce pas là aussi la difficulté
des nations émergentes, fruits de la décolonisation
ou des guerres de libération où trop vite on pense
que l'instauration d'élections libres suffit à installer
la démocratie ?
La vérité
démocratique se trouve à mi-chemin de ces extrêmes.
La vérité démocratique se trouve dans la démocratie
représentative et participative. C'est la participation qui
réunit le peuple et ses représentants. Participation
dans la vie et le débat internes aux partis, dans la construction
ou la lecture des programmes politiques. Participation dans le développement
des corps intermédiaires populaires, syndicats, mutuelles,
mouvements et associations diverses. Participation dans la liberté
d'expression, la presse, la radio libre ou la bafouille du groupe
de travailleurs ou de jeunes. Participation dans la gestion de l'entreprise
au travers des organes de concertation, conseil de prévention
ou conseil d'entreprise.
En juin 2004,
nous élirons les parlementaires régionaux et européens.
Très bien. Mais aussi nous analyserons les programmes dans
des animations politiques, nous interpellerons les candidats en
disant nos priorités. Mais aussi nous nous mobiliserons pour
les élections sociales et mutualistes. Citoyens nous voterons
et
participerons. Nous serons des citoyens actifs et responsables.
Bernard Kerger
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