Arlon, 5764, année hébraïque. La synagogue est
bondée. Le cycle " Bible, Coran, Torah : où nous
rejoignons-nous ? " connaît un succès considérable.
Toutes les soirées de visites prévues sont dédoublées
et le nombre de participants nous fait (un peu) tourner la tête.
Ce soir, nous sommes 99 inscrits. Pourvu qu'il y ait assez de kipas
pour tout le monde !
Jean-Claude Jacob, " Rabbi Jacob "
comme il le dit lui-même en souriant, nous présente "
sa " synagogue. Tout d'abord, les objets du culte : les chandeliers
à 7 et 9 branches, les cruches en argent réservées
aux " Kohen ",
viennent ensuite les explications qui
portent sur la vie d'un(e) Juif(ve), de la naissance à la mort.
Quelles sont les étapes à franchir ? La circoncision
des garçons 8 jours après leur naissance, la "
batmistva " (à 12 ans pour la fille) et la " barmistva
" (à 13 ans pour le garçon) qui célèbrent
le passage à la vie adulte, le temps des fiançailles
et du mariage (où on casse beaucoup de vaisselle !), et puis,
bien sûr, la mort et ses rites qui peuvent nous sembler étranges
comme de masquer les miroirs
Beaucoup de mots nous resteront
en mémoire : " mapa ", " teba ", "
shofar ", " theffilin ", " casher"
Ils sont devenus, l'espace d'une soirée, des mots prenant un
sens à la fois très réel et très symbolique.
La visite se termine par la découverte des 5 torahs conservées
dans l'Arche sainte
Autre temps, autre époque, nous sommes en 1382, à Virton.
Le seul minaret de la ville nous indique que nous sommes bien à
la mosquée. Celle-ci a été aménagée
pour et par la communauté turque. Ici aussi la foule est au
rendez-vous, 87 personnes pieds nus ce soir-là. Le légendaire
accueil turc ne sera pas démenti. Une chorale de jeunes enfants
nous accueille en chantant les louanges d'Allah, puis l'Imam de Virton
nous souhaite la bienvenue
en turc. En effet, il ne maîtrise
pas bien notre langue et ses propos seront donc traduits tout au long
de la soirée. Il nous explique tout d'abord comment se pratique
la prière pendant que l'Imam de Bertrix mime pour nous les
différents gestes à accomplir en revêtant l'habit
rituel. L'assemblée est ensuite invitée à aller
prendre une collation pour continuer les explications entre deux "
loukoums " et " baklava ". Vient ensuite la prière
à laquelle nous sommes conviés : " Allah Ekbar'
" ! Quel dépaysement, nous sommes au cur de la Gaume
mais pourtant aussi un peu sur les rives du Bosphore.
Encore un voyage
dans le temps, nous sommes de retour en 2004 après Jésus-Christ,
l'église Saint-Martin se dresse fièrement à
l'entrée de la ville. Avant d'entrer dans ce mastodonte de
pierre, on est loin de se douter de ce que Marie-Thérèse
va nous faire découvrir. Car on trouve de tout à Saint-Martin
: des symboles francs-maçons, alchimistes, astrolo-giques
et, bien sûr, aussi catholiques ! L'intervention du Doyen,
quant à elle, sur les apports de Vatican II dans la manière
de célébrer nous permet de prendre conscience de l'évolution
qu'a subie l'église catholique durant les cinquante dernières
années. S'ensuit alors la fameuse collation " catholique
" dont beaucoup se sont demandé jusqu'au bout de quoi
elle serait composée : hosties ? vin de messe ?, me demande-t-on.
Que nenni ! Ce sont les moines d'Orval qui nous régalent
ce soir de leurs produits qu'on ne présente plus.
Voilà, les soirées de visites se terminent. La fatigue
est là mais la satisfaction aussi. En tout, plus de 400 personnes
nous auront rejoints lors de ces soirées et chacun des représentants
religieux a assisté aux visites données par les autres.
Nous entrons
à présent dans la suite du cycle qui devrait nous
permettre d'approfondir ce que nous avons appris. Ce sont les deux
soirées de conférence-débat qui se préparent.
Nous ne savons
pas ce que les gens retiendront de ces visites et de ces conférences,
mais l'engouement qu'a connu la démarche nous réjouit
car cela nous prouve que bien des gens sont avides de connaître
et de comprendre les autres. C'est déjà beaucoup par
les temps qui courent
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