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Perspectives MOC n°21

Faisons connaissance avec :
Paulette Cornet

 

Vous décrire les yeux pétillants de Paulette Cornet me serait très difficile tant on y sent d'intensité. Je l'ai rencontrée un matin de bonne heure et elle m'a donné de l'énergie pour trois jours durant.
Voici le compte-rendu de notre discussion autour des choses que la vie nous amène, du CEFOC, de ses projets… Puisse son énergie et sa bonne humeur communicative transparaître au travers de ces quelques lignes…

KN : Si on devait résumer votre parcours en quelques lignes, quel serait-il ?

PC : J'ai 53 ans, j'habite à Rossignol et je suis animatrice pour le CEFOC (Centre de Formation Cardijn) à mi-temps... Avant ça, j'ai été gardienne encadrée au Baby Service pendant 20 ans. J'ai aussi eu d'autres engagements en tant que bénévole notamment à la Ligue des familles, au CDR, dans une communauté de base et une association de parents d'enfants handicapés.

KN : Et côté vie privée ?

PC : Je me suis mariée en 1973, j'ai eu 3 filles : Vanessa, Alexandra et Sarah qui m'ont déjà fait grand-mère deux fois. Aujourd'hui, je suis veuve et je m'occupe de ma seconde fille Alexandra qui est trisomique.

KN : Comment vous êtes-vous intéressée au CEFOC ?

PC : Ça doit remonter à 1982, à ce moment-là, j'avais 30 ans, j'avais eu mes trois filles, j'étais donc à la fois une maman et une épouse. Dans le même temps, je m'impliquais dans la vie de mon village. Certaines choses m'interpellaient (notamment au niveau du quart-monde) et j'avais envie de comprendre comment fonctionnait la société. Le handicap d'Alexandra a certainement aussi contribué à remplir ma tête de questions et je cherchais donc un moyen d'y apporter des réponses. Deux solutions s'offraient à moi : soit l'ISCO, soit le CEFOC.

KN : Deux formations différentes…

PC : Oui, le point commun entre les deux étant la dimension sociale et le fait que ces formations m'offraient des outils pour analyser la société. Mon choix s'est porté sur le CEFOC principalement à cause de mes disponibilités familiales. Je n'ai jamais regretté ce choix car le CEFOC a répondu à mes questions de sens, m'a permis de rester dans la réalité de la vie, et m'a amenée vers une dimension plus collective.

KN : Si le CEFOC vous a apporté des choses, aujourd'hui c'est vous qui apportez des choses au CEFOC.

PC : Oui, en tous cas, j'essaie. J'y suis engagée à mi-temps comme formatrice-animatrice pour la province de Luxembourg. C'est important comme qualificatif parce que cela veut dire qu'à travers l'animation, on réalise une formation. Mon travail comporte deux volets. D'un côté, la création et/ou l'animation de groupes, et d'un autre côté, la participation aux réunions de structure une fois par mois. J'aime beaucoup le travail dans les groupes mais l'implication dans l'institution du CEFOC est importante parce qu'on y décide des orientations, de la vie du CEFOC.

KN : Et comment fonctionne le CEFOC ici en province de Luxembourg ?

PC : Autour de moi, gravitent des co-animateurs bénévoles. Ensemble, nous animons actuellement 5 groupes. Dans le désordre :

à Bastogne, nous travaillons le thème : " Vivre ma foi et ses convictions chrétiennes là où je suis " ;

à Libramont, en collaboration avec l'ACIH et l'Aide aux malades, " Vivre sa vie d'homme ou de femme et être parent (père-mère, frère-sœur, fils-fille) d'une personne handicapée mentale ou physique, malade, invalide ou convalescente " ;

à Athus , " Rendez-vous avec les bonheurs à la bonne heure ".

Nous avons aussi deux groupes qui travaillent à plus long terme :

à Florenville, nous venons de terminer le groupe " Vivre ensemble " qui a étudié les pistes de sens proposées par notre société ;

à Virton, en collaboration avec l'UCP, un groupe d'aîné(e)s se pose la question : " Qu'est-ce qui me fait vivre aujourd'hui ? Quels sont les ressorts qui me font rebondir ? Quel rôle est-ce que je veux garder dans ma vie, dans mon environnement, dans la société ? Pour ça, je suis prêt(e) à quoi ? ".

KN : Beaucoup d'interrogations !

PC : Oui, c'est l'intérêt de notre démarche, la vie des gens est le point de départ de leurs questionnements. A partir de là, nous tentons de les faire réfléchir et qu'ils trouvent des pistes de réponses. Ils deviennent donc sujets et acteurs et continuent leur cheminement. La méthode de travail diffère un peu selon le type (la durée) de formation choisie. Depuis le temps que je travaille, j'ai remarqué qu'il existe quatre grandes portes d'entrées pour les questions des gens : la famille, le travail, la santé et le lien social (mon quartier et la mondialisation). Ce sont vraiment les préoccupations majeures des gens qui entrent en formation avec nous.

KN : J'imagine que beaucoup de personnes se posent des questions du même type. Comment faire si l'on veut participer à un groupe CEFOC ?

PC : Pour ce qui est des groupes " longs ", je pense qu'il est préférable de ne pas rejoindre un groupe qui est déjà avancé dans sa réflexion car l'investissement personnel des participants est important et un nouvel arrivant peut vite perturber, même sans le vouloir, un groupe qui se connaît bien. L'idéal est donc de s'investir dans un groupe dès sa naissance. Si des personnes souhaitent créer un groupe dans la province, je leur conseille de me téléphoner. A partir de là, nous pourrons définir la demande (quel type de module y répond le mieux), essayer de rencontrer d'autres personnes qui pourraient être intéressées, cerner la zone géographique à couvrir et enfin penser le projet et en faire la publicité. Bien sûr, chacun se répartira les aspects pratiques : qui fait quoi ? Nous pouvons aussi travailler certains thèmes à la demande pour des week-ends de réflexion.

KN : Justement, y-a-t-il de nouveaux groupes à venir ?

PC : Nous avons un projet avec la JOC, un groupe de jeunes pourrait être (re)constitué dans le sud de la province et nous restons ouverts à toutes autres suggestions.

KN : En guise de conclusion, quelles seraient pour vous les plus belles paroles qu'un participant CEFOC pourrait dire pour témoigner de ce que cette démarche lui a apporté ?

PC : Je serais très heureuse si les participants arrivait à savoir qui ils sont vraiment, ou le rôle qu'ils peuvent jouer dans la société. Qu'ils puissent avoir des clés de lecture pour comprendre ce qui se passe dans la société et, pourquoi pas, qu'ils aient l'audace de rejoindre, par exemple, des mouvements existants. Au début de ma formation, il y a plus de 20 ans, un participant a témoigné de ce qu'il avait vécu au CEFOC en disant : " Je dois jouer mon rôle dans un ensemble, si je ne le joue pas, personne ne le fera à ma place ". . C'est une magnifique conclusion, je crois ?

K. Noiret



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Dernière mise à jour : 19 janvier 2009
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