Ce jeudi 1er juillet 2004 débutait la traditionnelle Semaine
d'étude de Vie Féminine à l'abbaye de Floreffe.
L'occasion annuelle de rencontrer des membres, militantes, sympathisantes,
permanentes,
du mouvement, toutes régions confondues.
L'occasion aussi de s'arrêter trois jours dans nos vies trépidantes,
pour approfondir la compréhension et les débats autour
d'un thème. Cette année, c'est " La Justice "
qui nous a rassemblées.
" Femmes et justice : parcours d'obstacles ? " nous a
permis de rencontrer, le premier jour, à partir de mises
en situations concrètes, différents acteurs de la
justice (juges, avocats, huissiers de justice, notaires, médiateurs
). Ensuite, Monsieur Christian Panier, président du
tribunal de première instance de Namur et professeur à
l'Université Catholique de Louvain nous a exposé avec
humour et franc-parler : " Le fonctionnement de la justice
". Un challenge atteint avec brio ! La fin de journée
a été consacrée à l'échange de
projets et actions entre les différentes régions.
Au Luxembourg, nous avons choisi de présenter notre campagne
de sensibilisation publique sur la richesse des différences
: " Différenci-actions ". Nul doute que celle-ci
fera des émules dans le mouvement.
" La justice
a-t-elle un sexe ? " a retenu notre attention, lors de la deuxième
journée. Mesdames Dupont-Bouchat, historienne, et Deville,
sociologue nous ont expliqué l'évolution de la criminalité
perpétrée par les femmes aux 19ème et 20ème
siècles.
Au 19ème siècle, le portrait de la femme criminelle
dressé par la justice rendue par les hommes est ambigu. D'une
part, la femme est considérée comme irresponsable
car ne présentant pas les capacités suffisantes pour
distinguer le bien du mal. D'autre part, les crimes reprochés
aux femmes sont presque exclusivement liés à la sexualité
et, dans ce cas, elles sont jugées seules responsables (prostitution,
adultère
).
Jusqu'en 1970, il faut savoir que, face à l'adultère,
hommes et femmes ne sont pas égaux. Une femme est jugée
coupable dès qu'elle est prise en flagrant délit d'adultère
et ce en n'importe quel lieu. Par contre, pour être coupable,
un homme doit entretenir une relation extra-conjugale à son
domicile !
Plus proche de nous, lorsqu'on entend qu'en 1975, 95% des requêtes
déposées par des femmes pour violences conjugales
et/ou viol ont été classées sans suite, on
comprend que la situation juridique des femmes nécessite
encore toute notre ténacité pour l'égalité.
Samedi 3 juillet
2004 : " Nos paroles ont droit de cité ". Trois
forums se sont penchés sur des propositions de loi portées
par une parlementaire. L'occasion d'entendre en direct les réactions
de la base et de mesurer par des exemples concrets, certains effets
pervers que pourraient induire ces nouvelles législations.
Tout comme nous, Isabelle Durant, Clotilde Nyssens et Zoé
Génot ont apprécié ce travail en commun enrichissant.
Les trois jours
se sont clôturés par : " En avant toutes contre
le sexisme ". Le sexisme est partout : dans la rue, les médias,
la famille, au travail, à l'école. Pour réagir
et agir, Vie Féminine lance une campagne de sensibilisation.
Et nous voilà,
batteries rechargées, pleines d'idées pour l'année
nouvelle : 2004/2005 sera riche de projets !
Cécile
Delacharlerie
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