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Durant l'été,
un certain nombre d'employeurs ont multiplié les déclarations
sur la nécessité d'en revenir à une durée
légale de travail de 40 heures par semaine. Mais
. . . Pour
la CSC c'est non !
Josly Piette,
le secrétaire général de la CSC, justifie doublement
cette fermeté : " Un, on n'habille pas tout le monde
avec le même costume ! Si une entreprise doit momentanément
recourir aux 40 heures, les délégués syndicaux
peuvent juger sur le terrain si un accord en ce sens est possible.
C'est leur liberté et leur responsabilité de négociateurs.
Mais la CSC souhaite que l'on examine d'abord d'autres options (raison
de son refus des 40 heures aux fonderies Marichal Ketin, à
Liège). Et si le passage aux 40 heures est une piste envisagée,
la CSC exige bien évidemment en contrepartie des garanties
pour l'emploi des travailleurs.
Deux, en revenir aux 40 heures par semaine est une mesure injustifiée,
néfaste pour les travailleurs et mauvaise pour l'emploi.
"
. . . Pourquoi
?
La mesure
est injustifiée
En Belgique,
on travaille déjà plus de 39 heures par semaine :
dans tous les pays, la durée légale du temps de travail
et sa durée effective sont toujours différentes, notamment
à cause des heures supplémentaires. Chez nous, la
durée légale est de 38 heures par semaine, mais sa
durée effective est supérieure à 39 heures.
Le nombre de
jours de congé dans notre pays est plutôt inférieur
à celui des pays voisins.
La mesure est néfaste pour les travailleurs
Augmenter le
temps de travail sans augmenter les salaires, c'est diminuer les
revenus des travailleurs. Cette perte de revenus aurait des conséquences
négatives pour tous et des conséquences dramatiques
pour les temps partiels (essentiellement des femmes) qui, aujourd'hui
déjà, ont de faibles revenus.
Augmenter le
temps de travail, c'est diminuer le temps libre - à consacrer
à la famille, la formation, aux loisirs - donc la qualité
de la vie.
Augmenter le
temps de travail, c'est augmenter encore la pénibilité
du travail, les problèmes de santé, le risque d'accidents,
la pression du stress
Enfin, les études
passées ont montré que les dernières heures
d'une longue journée de travail sont moins productives :
une réduction du travail de 8% entraîne une hausse
de la productivité de 4%.
La mesure
est mauvaise pour l'emploi
Enfin, le passage
aux 40 heures dégraderait bien évidemment davantage
encore la situation de l'emploi. Pourquoi?
Il faudra (encore) moins de personnes pour produire en 40 heures
ce qui est produit aujourd'hui en 38. Or, le sous-emploi, donc le
chômage, sont déjà très importants en
Belgique. Or, l'emploi doit rester la priorité des priorités.
Une mesure comme le retour aux 40 heures peut être bénéfique
de manière ponctuelle (éviter la délocalisation
d'une entreprise), mais devenir négative si on veut la généraliser.
L'allongement du temps de travail serait particulièrement
néfaste pour les trois publics fragilisés : les femmes
(diminution des revenus et difficultés accrues de concilier
vie familiale et vie professionnelle), les jeunes et les travailleurs
plus âgés.
. . . Un
"non" largement partagé
La CSC, refuse
donc catégoriquement de discuter d'un retour à une
durée légale de 40 heures/semaine pour tout le monde.
Ce point de vue est largement partagé : La FGTB défend
la même opinion.
De leur côté,
les partis politiques sont eux aussi extrêmement réservé
: le PS et Ecolo estiment que la mesure relève de la concertation
sociale et ne se justifie de toute façon pas en ce moment.
Le cdH se refuse à tout recul des acquis sociaux. Seul, le
MR plaide pour plus de flexibilité.
Plus fort encore,
plusieurs fédérations d'employeurs affiliées
à la FEB ont fait savoir qu'elles ne sont pas favorables
aux 40 heures parce que la mesure n'apporterait rien à leur
secteur!
Ce texte est
la contraction d'un article paru dans Info CSC
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