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KN: Qui
êtes-vous ?
GP: J'ai 46
ans, je suis marié et l'heureux papa de 3 enfants : Yung-joo
(20 ans), Sentayehu (13 ans et demi) et Girma (bientôt 2 ans).
J'habite à Virton.
KN: Quel
est votre parcours scolaire et professionnel ?
GP: J'ai suivi
des humanités traditionnelles, puis un graduat en sciences
juridiques, que j'ai complété par une année
de spécialisation en droit européen.
Au niveau professionnel, je m'étais dirigé vers le
notariat. J'effectuais donc un stage dans une étude. Soudain,
il y a eu un déclic : j'ai eu envie de m'investir au niveau
syndical (je faisais partie des jeunes CSC). J'ai alors stoppé
mon stage et je suis entré comme conseiller au service juridique
de la CSC. C'était en 1979, c'était mon premier contrat
de travail. Aujour-d'hui, j'y suis toujours même si, entre-temps,
j'ai changé de fédération.
KN: Où
étiez-vous précédemment ?
GP: Je travaillais
à la CSC de Charleroi mais les changements profonds qui sont
survenus dans cette fédération m'ont donné
envie d'aller voir ailleurs. J'avais très envie de retrouver
plus de proximité, un endroit où je pouvais conjuguer
le militantisme et l'aspect juridique. Je n'avais pas prémédité
de quitter Charleroi, c'est Ariane Godin, ma " prédécesseure
" ici qui m'a appris son départ. Je me suis donc dit
: " Pourquoi ne pas aller à Arlon ? " Il faut dire
que je suis né à Ciney, j'ai vécu à
Natoye : la ruralité, je connaissais et ça me plaisait.
J'ai donc postulé et me suis retrouvé en janvier 2002
à la fédération d'Arlon.
KN: La
famille a suivi le mouvement ?
GP: Mes deux
aînés venaient d'entamer une nouvelle année
scolaire et je ne voulais pas leur imposer un changement aussi important
en cours d'année. Nous avons donc attendu qu'ils aient terminé
leur année scolaire avant de déménager, ce
qui m'a contraint à faire les trajets quotidiens entre Fleurus
et Arlon pendant 6 mois, soit 360 kms chaque jour. Ce fut dur mais
ces 6 mois nous ont permis de nous préparer notamment pour
trouver une nouvelle maison.
KN: Avec
le recul, avez-vous des regrets ?
GP: A aucun
moment, non. J'adore la région ici. A part le prix exorbitant
des maisons et le fait que les gens roulent plus vite, nous sommes
ravis : la qualité de vie est bien meilleure, il y a moins
de pollution sonore et environnementale donc moins de stress. Je
constate aussi qu'il y a plus de confiance entre les gens, c'est
la mentalité rurale dans le bon sens du terme. Je suis aussi
très étonné de voir à quel point la
vie culturelle ici est importante. J'ajoute qu'au travail, l'accueil
de mes collègues a été chaleureux. Aucun regret
donc.
KN: Il
n' y a quand même pas que des points positifs à quitter
Charleroi au profit de Virton
GP: En tout
cas, il y en a beaucoup ! Mais si vraiment, je dois choisir un point
négatif, je mets en évidence le manque d'infrastructures
au niveau des transports en commun : je dois très souvent
véhiculer mes enfants pendant les week-ends pour leurs activités
et ça demande beaucoup de temps.
KN: Comment
se compose le service juridique à Arlon ?
GP: Nous sommes
cinq personnes à y travailler. Il y a deux secrétaires
qui sont aussi des aide-administratives et trois gestionnaires dont
deux sont plaideurs.
KN: Sur
quelles matières travaillez-vous ?
GP: Tout ce
qui touche à la Sécurité sociale et au Droit
au travail. Par exemple, les contrats de travail (les litiges avec
l'employeur,
), les mutualités, les maladies professionnelles,
les accidents, les sanctions relatives au chômage, les faillites,
Il faut savoir que nous nous situons toujours du côté
du travailleur. Le patronat dispose de son côté de
ses propres systèmes de défense via notamment leurs
Secrétariats sociaux (Groupe S, UCM,
).
KN: Qui
peut faire appel à vos services ?
GP: Tous les
travailleurs actifs ou non qui sont affiliés à la
CSC peuvent bénéficier de notre aide. La cotisation
que paient les affiliés leur ouvre donc le droit de bénéficier
des services de l'ensemble des services administratifs de la fédération
et des centrales professionnelles.
KN: En
quoi consiste votre travail exactement ?
GP: Il y a tout
d'abord l'accueil des
affiliés via nos permanences. Ensuite, nous examinons les
plaintes ou les demandes de renseignements (que ce soit au niveau
du travail ou de la sécurité sociale), nous donnons
l'info qui nous est demandée ou nous intervenons si le travailleur
nous le demande. En cas de litige plus grave, nous pouvons entamer
des poursuites judiciaires, nous avons alors un rôle de représentation,
de défense de nos affiliés devant le Tribunal du travail
ou l'ONEM par exemple. A ce moment-là, nous devenons "
les défenseurs " de nos affiliés. La seule condition
d'accès à ce service, je le répète parce
que c'est important, c'est l'affiliation à la CSC (même
si pour certaines aides, il faut justifier de 6 mois d'affiliation).
KN: Quels
sont les aspects positifs de votre travail ?
GP: J'ai la
chance de bénéficier d'un enrichissement intellectuel
et d'une grande diversité dans mon travail. Cela s'explique
par le fait que la jurisprudence et la législation sont en
constante évolution. J'éprouve également beaucoup
de satisfaction lorsque je mène un dossier à bien
et que je rencontre les desiderata des affiliés.
KN: Du
côté des aspects négatifs ?
GP: Nous traversons
une crise économique, cela a pour effet d'orienter notre
travail vers de simples tâches d'assistanat social car nous
constatons de plus en plus que les employeurs ne respectent pas
les droits les plus élémentaires (paiement des salaires,
documents sociaux
). C'est lourd à gérer en terme
de temps. La jurisprudence qui évolue rapidement et constamment
amène parfois à des renversements de situation et
nous devons alors faire preuve
d'imagination pour trouver des arguments complexes afin d'aboutir.
En résumé, je dirais donc : de plus en plus de demandes
avec des exigences plus grandes.
KN: Y
a-t-il quelque chose qui vous rend fier dans votre travail ?
GP: Savoir que
nous avons répondu à la demande de nos affiliés
d'abord et que nous avons obtenu gain de cause, c'est encore mieux.
Savoir qu'ils sont écoutés et aidés dans leurs
démarches et dans leur combat et que nos conseils se sont
avérés judicieux.
KN: Si
vous aviez la possibilité de modifier quelque chose dans
votre travail, qu'est-ce que ce serait ?
GP: Avoir les
moyens matériel et humain pour répondre à toutes
les demandes et pouvoir mettre sur pied un système d'aide
juridique de première ligne dans des points stratégiques
de la province. A Marche, Bastogne ou Libramont par exemple ce service
est assuré par le service chômage et des permanents
de l'Interprofessionnel. Dans le même temps, j'aimerais arriver
à ce que les affiliés soient plus attentifs à
leurs droits, leur apprendre comment réagir si l'employeur
paie tardivement ou comment ils doivent lire leur feuille de paie.
Ce serait donc assurer aussi un rôle préventif.
K.
Noiret
L'interview
Bis
Quelles
sont les vacances de vos rêves ?
N'importe où mais en famille! Si je devais choisir des pays
: Turquie, Mexique et Chine me conviendraient bien.
Quel
est votre livre de chevet ?
" Les mots des riches, les mots des pauvres " de Michel
Tournier, j'adore, il y a plein d'humour !
Quel
est le dernier CD que vous avez acheté ?
J'hésite : ou bien c'est une compil de Kate Bush ou bien
c'est l'album de Julien Clerc avec Carla Bruni : " Si j'étais
elle ".
Quel
est le dernier film que vous êtes allé voir au cinéma
?
" La Passion " de Mel Gibson. J'ai bien aimé mais
il faut s'accrocher ! Je n'ai pas du tout trouvé que c'était
antisémite comme je l'ai entendu, au contraire. Par contre
l'Humain en général prend une grosse claque. Dans
un tout autre genre : " Mon mariage grec ", peut-être
parce que je suis italien d'origine, j'ai rigolé du début
à la fin.
Qu'est-ce
qui vous rend heureux?
La famille d'abord, le travail et la santé ensuite.
Quel
est votre plat préféré ?
Contrairement à ce qu'on pourrait penser, je peux me passer
de pâtes. Par contre, ce qui me manquerait le plus sur une
île déserte ce sont les fromages (tous) avec un bon
morceau de pain.
Citez-nous
une personnalité que vous admirez.
Il y en a deux qui sortent du lot : Sur Emmanuelle pour son
ouverture d'esprit, sa jeunesse et sa liberté de parole.
Et Albert Jacquard pour sa philosophie de vie, son regard sur les
gens et ses engagements.
Encore
un peu de temps pour des loisirs ?
Avec trois enfants et le déménagement j'ai abandonné
beaucoup de mes activités à Fleurus, notamment un
mandat de conseiller communal. Je reste très intéressé
par la politique, mais je dois un peu lever le pied. Par contre,
je reste bricoleur.
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