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Perspectives MOC n°23

Faisons connaissance avec :
Giovanni Presciutti du service juridique de la CSC

 

KN: Qui êtes-vous ?

GP: J'ai 46 ans, je suis marié et l'heureux papa de 3 enfants : Yung-joo (20 ans), Sentayehu (13 ans et demi) et Girma (bientôt 2 ans). J'habite à Virton.

KN: Quel est votre parcours scolaire et professionnel ?

GP: J'ai suivi des humanités traditionnelles, puis un graduat en sciences juridiques, que j'ai complété par une année de spécialisation en droit européen.
Au niveau professionnel, je m'étais dirigé vers le notariat. J'effectuais donc un stage dans une étude. Soudain, il y a eu un déclic : j'ai eu envie de m'investir au niveau syndical (je faisais partie des jeunes CSC). J'ai alors stoppé mon stage et je suis entré comme conseiller au service juridique de la CSC. C'était en 1979, c'était mon premier contrat de travail. Aujour-d'hui, j'y suis toujours même si, entre-temps, j'ai changé de fédération.

KN: Où étiez-vous précédemment ?

GP: Je travaillais à la CSC de Charleroi mais les changements profonds qui sont survenus dans cette fédération m'ont donné envie d'aller voir ailleurs. J'avais très envie de retrouver plus de proximité, un endroit où je pouvais conjuguer le militantisme et l'aspect juridique. Je n'avais pas prémédité de quitter Charleroi, c'est Ariane Godin, ma " prédécesseure " ici qui m'a appris son départ. Je me suis donc dit : " Pourquoi ne pas aller à Arlon ? " Il faut dire que je suis né à Ciney, j'ai vécu à Natoye : la ruralité, je connaissais et ça me plaisait. J'ai donc postulé et me suis retrouvé en janvier 2002 à la fédération d'Arlon.

KN: La famille a suivi le mouvement ?

GP: Mes deux aînés venaient d'entamer une nouvelle année scolaire et je ne voulais pas leur imposer un changement aussi important en cours d'année. Nous avons donc attendu qu'ils aient terminé leur année scolaire avant de déménager, ce qui m'a contraint à faire les trajets quotidiens entre Fleurus et Arlon pendant 6 mois, soit 360 kms chaque jour. Ce fut dur mais ces 6 mois nous ont permis de nous préparer notamment pour trouver une nouvelle maison.

KN: Avec le recul, avez-vous des regrets ?

GP: A aucun moment, non. J'adore la région ici. A part le prix exorbitant des maisons et le fait que les gens roulent plus vite, nous sommes ravis : la qualité de vie est bien meilleure, il y a moins de pollution sonore et environnementale donc moins de stress. Je constate aussi qu'il y a plus de confiance entre les gens, c'est la mentalité rurale dans le bon sens du terme. Je suis aussi très étonné de voir à quel point la vie culturelle ici est importante. J'ajoute qu'au travail, l'accueil de mes collègues a été chaleureux. Aucun regret donc.

KN: Il n' y a quand même pas que des points positifs à quitter Charleroi au profit de Virton

GP: En tout cas, il y en a beaucoup ! Mais si vraiment, je dois choisir un point négatif, je mets en évidence le manque d'infrastructures au niveau des transports en commun : je dois très souvent véhiculer mes enfants pendant les week-ends pour leurs activités et ça demande beaucoup de temps.

KN: Comment se compose le service juridique à Arlon ?

GP: Nous sommes cinq personnes à y travailler. Il y a deux secrétaires qui sont aussi des aide-administratives et trois gestionnaires dont deux sont plaideurs.

KN: Sur quelles matières travaillez-vous ?

GP: Tout ce qui touche à la Sécurité sociale et au Droit au travail. Par exemple, les contrats de travail (les litiges avec l'employeur,…), les mutualités, les maladies professionnelles, les accidents, les sanctions relatives au chômage, les faillites,… Il faut savoir que nous nous situons toujours du côté du travailleur. Le patronat dispose de son côté de ses propres systèmes de défense via notamment leurs Secrétariats sociaux (Groupe S, UCM,…).

KN: Qui peut faire appel à vos services ?

GP: Tous les travailleurs actifs ou non qui sont affiliés à la CSC peuvent bénéficier de notre aide. La cotisation que paient les affiliés leur ouvre donc le droit de bénéficier des services de l'ensemble des services administratifs de la fédération et des centrales professionnelles.

KN: En quoi consiste votre travail exactement ?

GP: Il y a tout d'abord l'accueil des
affiliés via nos permanences. Ensuite, nous examinons les plaintes ou les demandes de renseignements (que ce soit au niveau du travail ou de la sécurité sociale), nous donnons l'info qui nous est demandée ou nous intervenons si le travailleur nous le demande. En cas de litige plus grave, nous pouvons entamer des poursuites judiciaires, nous avons alors un rôle de représentation, de défense de nos affiliés devant le Tribunal du travail ou l'ONEM par exemple. A ce moment-là, nous devenons " les défenseurs " de nos affiliés. La seule condition d'accès à ce service, je le répète parce que c'est important, c'est l'affiliation à la CSC (même si pour certaines aides, il faut justifier de 6 mois d'affiliation).

KN: Quels sont les aspects positifs de votre travail ?

GP: J'ai la chance de bénéficier d'un enrichissement intellectuel et d'une grande diversité dans mon travail. Cela s'explique par le fait que la jurisprudence et la législation sont en constante évolution. J'éprouve également beaucoup de satisfaction lorsque je mène un dossier à bien et que je rencontre les desiderata des affiliés.

KN: Du côté des aspects négatifs ?

GP: Nous traversons une crise économique, cela a pour effet d'orienter notre travail vers de simples tâches d'assistanat social car nous constatons de plus en plus que les employeurs ne respectent pas les droits les plus élémentaires (paiement des salaires, documents sociaux…). C'est lourd à gérer en terme de temps. La jurisprudence qui évolue rapidement et constamment amène parfois à des renversements de situation et nous devons alors faire preuve
d'imagination pour trouver des arguments complexes afin d'aboutir. En résumé, je dirais donc : de plus en plus de demandes avec des exigences plus grandes.

KN: Y a-t-il quelque chose qui vous rend fier dans votre travail ?

GP: Savoir que nous avons répondu à la demande de nos affiliés d'abord et que nous avons obtenu gain de cause, c'est encore mieux. Savoir qu'ils sont écoutés et aidés dans leurs démarches et dans leur combat et que nos conseils se sont avérés judicieux.

KN: Si vous aviez la possibilité de modifier quelque chose dans votre travail, qu'est-ce que ce serait ?

GP: Avoir les moyens matériel et humain pour répondre à toutes les demandes et pouvoir mettre sur pied un système d'aide juridique de première ligne dans des points stratégiques de la province. A Marche, Bastogne ou Libramont par exemple ce service est assuré par le service chômage et des permanents de l'Interprofessionnel. Dans le même temps, j'aimerais arriver à ce que les affiliés soient plus attentifs à leurs droits, leur apprendre comment réagir si l'employeur paie tardivement ou comment ils doivent lire leur feuille de paie. Ce serait donc assurer aussi un rôle préventif.

K. Noiret

L'interview Bis

Quelles sont les vacances de vos rêves ?
N'importe où mais en famille! Si je devais choisir des pays : Turquie, Mexique et Chine me conviendraient bien.

Quel est votre livre de chevet ?
" Les mots des riches, les mots des pauvres " de Michel Tournier, j'adore, il y a plein d'humour !

Quel est le dernier CD que vous avez acheté ?
J'hésite : ou bien c'est une compil de Kate Bush ou bien c'est l'album de Julien Clerc avec Carla Bruni : " Si j'étais elle ".

Quel est le dernier film que vous êtes allé voir au cinéma ?
" La Passion " de Mel Gibson. J'ai bien aimé mais il faut s'accrocher ! Je n'ai pas du tout trouvé que c'était antisémite comme je l'ai entendu, au contraire. Par contre l'Humain en général prend une grosse claque. Dans un tout autre genre : " Mon mariage grec ", peut-être parce que je suis italien d'origine, j'ai rigolé du début à la fin.

Qu'est-ce qui vous rend heureux?
La famille d'abord, le travail et la santé ensuite.

Quel est votre plat préféré ?
Contrairement à ce qu'on pourrait penser, je peux me passer de pâtes. Par contre, ce qui me manquerait le plus sur une île déserte ce sont les fromages (tous) avec un bon morceau de pain.

Citez-nous une personnalité que vous admirez.
Il y en a deux qui sortent du lot : Sœur Emmanuelle pour son ouverture d'esprit, sa jeunesse et sa liberté de parole.
Et Albert Jacquard pour sa philosophie de vie, son regard sur les gens et ses engagements.

Encore un peu de temps pour des loisirs ?
Avec trois enfants et le déménagement j'ai abandonné beaucoup de mes activités à Fleurus, notamment un mandat de conseiller communal. Je reste très intéressé par la politique, mais je dois un peu lever le pied. Par contre, je reste bricoleur.


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Dernière mise à jour : 19 janvier 2009
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