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Elle est
membre des Equipes Populaires depuis de nombreuses années
et a occupé le poste de Présidente pendant 5 ans.
IK : Viviane
Hardy, qui êtes-vous ?
VH : Bien que
namuroise d'origine, je suis arlonaise depuis 33 ans. Après
notre mariage, mon mari et moi nous sommes installés dans
cette ville. Lorsque je suis arrivée à Arlon j'ai
été frappée par la froideur des gens. Pourtant,
maintenant j'ai appris à connaître et apprécier
la mentalité de cette région : même si les gens
sont froids au premier abord, quand on les connaît on découvre
chez eux une véritable sincérité.
J'ai débuté ma carrière professionnelle dans
la même entreprise que celle qui m'emploie encore actuellement
mais où j'ai occupé des postes différents.
Actuellement, je travaille dans la communication à la Dexia
BIL à Luxembourg. C'est un travail qui me plaît beaucoup.
IK: En
quoi consiste-t-il?
VH: Je fais
tous les jours la revue de presse, qui est essentiellement financière
même si j'essaie d'y intégrer un peu de social. D'une
manière générale, je suis chargée de
toutes les relations avec la presse et plus particulièrement
de l'organisation des conférences de presse, c'est un travail
qui est très varié. Par exemple pour le moment, je
viens d'assurer la coordination entre l'équipe de tournage
d'un film et les différents services de la banque. Il s'agissait
de permettre le tournage d'un film avec Thierry Lhermitte dans nos
locaux sans gêner le travail des employés de la banque.
Je m'occupe aussi d'une bibliothèque interne qui propose
des livres très spécialisés notamment dans
les matières financières aux cadres et au personnel.
C'est moi qui suis chargée des achats et du prêt.
IK : Votre
travail à la banque n'est-il pas parfois en contradiction
avec votre engagement social ?
VH : Si, bien
sûr. Ma situation est très ambiguë : je vois parfois
certaines choses à la banque qui me révoltent mais
je ne peux pas m'exprimer. Certaines attitudes que je rencontre
dans mon milieu professionnel me heurtent également. Il s'agit
de l'esprit de compétition, de l'élitisme et du manque
de solidarité. Je trouve d'ailleurs que ce type d'attitude
a tendance à être grandissant, notamment chez les plus
jeunes.
IK : Comment
êtes-vous arrivée aux Équipes Populaires?
VH : En 1987,
je suis allée à une activité organisée
par les Équipes Populaires. Je ne connaissais pas les Équipes
à l'époque. J'ai trouvé l'ambiance fort sympa
mais surtout la démarche des équipiers intéressante.
J'aimais beaucoup ce mélange d'écoute de l'autre,
d'analyse de la situation et d'action.
En 1987, je suis donc devenue membre des Équipes Populaires.
IK: Quelles
sont les fonctions que vous y avez occupées ?
VH: Mon statut
de " simple membre " a évolué et j'ai donc
ensuite exercé la fonction de secrétaire et puis d'animatrice.
En 1994, j'ai créé un nouveau groupe sur Arlon : le
groupe " Orolaunum ". De 1999 à 2004, j'ai été
présidente des Équipes Populaires : j'ai d'abord assuré
un remplacement d'un an, ensuite j'ai eu un mandat de 3 ans et pour
finir j'ai accepté de resigner mais seulement pour un an.
IK : Pourquoi
n'avez-vous pas voulu vous représenter comme présidente
pour un nouveau
mandat ?
VH : Ce mandat
devenait trop lourd à concilier avec ma vie privée
et professionnelle. Et puis, je n'aime pas l'évolution que
les mouvements d'éducation permanente connaissent à
cause du nouveau décret. De plus, je suis plutôt une
personne de l'ombre et je ne suis pas à l'aise pour parler
en public, animer des réunions
IK : Que
reprochez-vous au nouveau décret ?
VH : A cause
de ce qui nous est demandé dans le nouveau décret,
on vise davantage la reconnaissance (pour obtenir des subsides,
pour garder un emploi
) au détriment du travail avec
la base. La place laissée aux bénévoles n'est
plus aussi importante. On ne prend plus non plus assez le temps
d'écouter la base, de voir ce qui la préoccupe.
IK : Parlez-nous
un peu du groupe " Orolaunum " que vous avez créé.
VH : En 1994,
j'ai créé une deuxième équipe sur Arlon
: " Orolaunum ". C'est le nom Gallo-romain d'Arlon qui
était utilisé au 2ème siècle. Nous avons
préféré ce nom à un " Arlon 2 "
ou " Arlon bis " car il existait déjà une
autre équipe locale dans le chef-lieu. Ce groupe a été
créé pour travailler sur un thème: le logement
à Arlon.
IK: Pourquoi
avoir choisi ce thème?
VH: Il s'agissait
pour nous de dénoncer les loyers exorbitants qui sont demandés
par des propriétaires
pour des logements insalubres. Partant de là, nous avons
réalisé toute une série d'actions: nous avons
fait distribuer une enquête aux particuliers, nous nous sommes
ensuite intéressés à la création à
Arlon d'une agence immobilière sociale mais à l'époque,
il n'y avait pas les 50.000 habitants requis dans la ville. Nous
avons également organisé deux soirées d'information
ayant pour thème les aides à la rénovation
de logement pour propriétaires et locataires.
IK: Comment
l'équipe fonctionnait-elle?
VH: Dès
le départ, nous avions rassemblé une équipe
importante. Malheureusement, au bout de deux ans, le projet s'est
terminé et beaucoup de personnes ont quitté le groupe.
Je pense qu'elles ont été mal à l'aise par
rapport à ce qu'on a dénoncé et que le groupe
était un peu déséquilibré entre des
gens plus nantis et les autres. Je pense aussi que nous n'avions
pas pris la peine de nous connaître assez.
IK : Pouvez-vous
nous expliquer comment se déroule une réunion des
Équipes Populaires ?
VH : On se réunit
environ une fois par mois. Dans un premier temps, il y a un partage
de notre vécu. Cette partie est très importante car
elle permet d'établir une relation de confiance entre les
équipiers. La confiance est indispensable si nous voulons
avoir une cohésion du groupe et travailler sur du long terme.
Dans un second temps, on travaille autour d'un thème. On
l'analyse (grâce à des apports personnels ou extérieurs)
et puis on cherche des moyens d'action. Nous essayons de choisir
des thèmes proches de nous, que nous sommes capables de porter.
Notre objectif est de faire changer les choses autour de nous.
IK: Quels
thèmes peuvent être traités par exemple?
VH: Outre le
logement cité plus haut, en 1999, nous nous sommes intéressés
au Conseil communal de la ville d'Arlon. Nous avons participé
longtemps en tant que " spectateurs " aux conseils communaux
et cela a débouché sur une enquête que nous
avons menée en 2000 sur la place du citoyen dans la commune:
quelle participation et quelle information? Je retiens beaucoup
de choses de cette période de réflexion politique
et je reste frappée par l'attitude des élus lors du
changement de majorité au niveau communal. Pour rappel, l'alliance
PS - MR a cédé la place à une coalition PS
- CDH et les ennemis d'hier sont devenus en un rien de temps les
meilleurs amis du monde!
IK : Quel
avenir voyez-vous pour les Équipes ?
VH : Je pense
que les Équipes ont encore un véritable rôle
à jouer mais qu'elles doivent davantage s'adapter au public
et à la demande. Nous devons travailler sur des thèmes
qui touchent les gens même s'ils nous rejoignent uniquement
pour la durée du projet. Dans cette perspective, nous ne
devons plus nécessairement viser à constituer un groupe
qui va continuer à se voir pendant des années. Il
y a un sujet qui me tient à cur pour le moment et pour
lequel j'aimerais réunir un nouveau groupe : les transports
en commun. En tant que frontalière, j'ai choisi le bus pour
me rendre à mon lieu de travail mais je constate qu'il y
a de grosses améliorations à apporter à l'offre
de services existante. On veut promouvoir la mobilité mais
on ne veut pas y mettre les moyens, ce qui amène les gens
à voyager dans des conditions à la limite de ce que
l'on peut accepter. Je pense que la méthode de travail des
Équipes Populaires serait intéressante à mettre
en pratique autour de ce thème.
Une piste à développer également si nous voulons
que les Équipes Populaires perdurent, est l'élaboration
de partenariats.
IK : Comment
allez-vous mettre à profit votre "nouveau" temps
libre ?
VH : Pour commencer,
je vais plus me consacrer à ma vie privée et prendre
du temps pour les loisirs qui me tiennent à cur : lire
un bon livre, écouter de la musique, me balader
Dans quelques années, lorsque je serai pensionnée,
j'aimerais peut-être m'engager en politique au niveau local.
C'est l'envie de faire bouger les choses qui m'attire en politique,
par contre, l'aspect "mondain" ne m'intéresse pas
du tout.
J'ai aussi envie de faire du bénévolat pour aider
les gens dans leurs démarches administratives : par exemple,
en les aidant à remplir des documents, ou à bénéficier
de ce à quoi ils ont droit
Ingrid Kinet
L'équipe Orolaunum se réunit tous les deuxièmes
lundis du mois au 39, Rue des Déportés de 20h00
à 22h30
Quelques
questions du questionnaire de Proust
Le principal
trait de mon caractère ?
Je suis perfectionniste
Mon principal
défaut ?
La gourmandise
Ma principale
qualité ?
La disponibilité
Ce que
j'apprécie le plus chez mes amis ?
La sincérité
Mon occupation
préférée ?
La lecture
La fleur
que j'aime ?
Le frésia
Ma nourriture
et boisson préférées ?
Les sucreries et l'espresso
Ce que
je déteste par dessus tout ?
L'hypocrisie
Le don
de la nature que je voudrais avoir ?
Savoir chanter
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