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Perspectives MOC n°24

Faisons connaissance avec :

 

Elle est membre des Equipes Populaires depuis de nombreuses années et a occupé le poste de Présidente pendant 5 ans.

IK : Viviane Hardy, qui êtes-vous ?

VH : Bien que namuroise d'origine, je suis arlonaise depuis 33 ans. Après notre mariage, mon mari et moi nous sommes installés dans cette ville. Lorsque je suis arrivée à Arlon j'ai été frappée par la froideur des gens. Pourtant, maintenant j'ai appris à connaître et apprécier la mentalité de cette région : même si les gens sont froids au premier abord, quand on les connaît on découvre chez eux une véritable sincérité.
J'ai débuté ma carrière professionnelle dans la même entreprise que celle qui m'emploie encore actuellement mais où j'ai occupé des postes différents. Actuellement, je travaille dans la communication à la Dexia BIL à Luxembourg. C'est un travail qui me plaît beaucoup.

IK: En quoi consiste-t-il?

VH: Je fais tous les jours la revue de presse, qui est essentiellement financière même si j'essaie d'y intégrer un peu de social. D'une manière générale, je suis chargée de toutes les relations avec la presse et plus particulièrement de l'organisation des conférences de presse, c'est un travail qui est très varié. Par exemple pour le moment, je viens d'assurer la coordination entre l'équipe de tournage d'un film et les différents services de la banque. Il s'agissait de permettre le tournage d'un film avec Thierry Lhermitte dans nos locaux sans gêner le travail des employés de la banque. Je m'occupe aussi d'une bibliothèque interne qui propose des livres très spécialisés notamment dans les matières financières aux cadres et au personnel. C'est moi qui suis chargée des achats et du prêt.

IK : Votre travail à la banque n'est-il pas parfois en contradiction avec votre engagement social ?

VH : Si, bien sûr. Ma situation est très ambiguë : je vois parfois certaines choses à la banque qui me révoltent mais je ne peux pas m'exprimer. Certaines attitudes que je rencontre dans mon milieu professionnel me heurtent également. Il s'agit de l'esprit de compétition, de l'élitisme et du manque de solidarité. Je trouve d'ailleurs que ce type d'attitude a tendance à être grandissant, notamment chez les plus jeunes.

IK : Comment êtes-vous arrivée aux Équipes Populaires?

VH : En 1987, je suis allée à une activité organisée par les Équipes Populaires. Je ne connaissais pas les Équipes à l'époque. J'ai trouvé l'ambiance fort sympa mais surtout la démarche des équipiers intéressante. J'aimais beaucoup ce mélange d'écoute de l'autre, d'analyse de la situation et d'action.
En 1987, je suis donc devenue membre des Équipes Populaires.

IK: Quelles sont les fonctions que vous y avez occupées ?

VH: Mon statut de " simple membre " a évolué et j'ai donc ensuite exercé la fonction de secrétaire et puis d'animatrice. En 1994, j'ai créé un nouveau groupe sur Arlon : le groupe " Orolaunum ". De 1999 à 2004, j'ai été présidente des Équipes Populaires : j'ai d'abord assuré un remplacement d'un an, ensuite j'ai eu un mandat de 3 ans et pour finir j'ai accepté de resigner mais seulement pour un an.

IK : Pourquoi n'avez-vous pas voulu vous représenter comme présidente pour un nouveau
mandat ?

VH : Ce mandat devenait trop lourd à concilier avec ma vie privée et professionnelle. Et puis, je n'aime pas l'évolution que les mouvements d'éducation permanente connaissent à cause du nouveau décret. De plus, je suis plutôt une personne de l'ombre et je ne suis pas à l'aise pour parler en public, animer des réunions …

IK : Que reprochez-vous au nouveau décret ?

VH : A cause de ce qui nous est demandé dans le nouveau décret, on vise davantage la reconnaissance (pour obtenir des subsides, pour garder un emploi …) au détriment du travail avec la base. La place laissée aux bénévoles n'est plus aussi importante. On ne prend plus non plus assez le temps d'écouter la base, de voir ce qui la préoccupe.

IK : Parlez-nous un peu du groupe " Orolaunum " que vous avez créé.

VH : En 1994, j'ai créé une deuxième équipe sur Arlon : " Orolaunum ". C'est le nom Gallo-romain d'Arlon qui était utilisé au 2ème siècle. Nous avons préféré ce nom à un " Arlon 2 " ou " Arlon bis " car il existait déjà une autre équipe locale dans le chef-lieu. Ce groupe a été créé pour travailler sur un thème: le logement à Arlon.

IK: Pourquoi avoir choisi ce thème?

VH: Il s'agissait pour nous de dénoncer les loyers exorbitants qui sont demandés par des propriétaires
pour des logements insalubres. Partant de là, nous avons réalisé toute une série d'actions: nous avons fait distribuer une enquête aux particuliers, nous nous sommes ensuite intéressés à la création à Arlon d'une agence immobilière sociale mais à l'époque, il n'y avait pas les 50.000 habitants requis dans la ville. Nous avons également organisé deux soirées d'information ayant pour thème les aides à la rénovation de logement pour propriétaires et locataires.

IK: Comment l'équipe fonctionnait-elle?

VH: Dès le départ, nous avions rassemblé une équipe importante. Malheureusement, au bout de deux ans, le projet s'est terminé et beaucoup de personnes ont quitté le groupe. Je pense qu'elles ont été mal à l'aise par rapport à ce qu'on a dénoncé et que le groupe était un peu déséquilibré entre des gens plus nantis et les autres. Je pense aussi que nous n'avions pas pris la peine de nous connaître assez.

IK : Pouvez-vous nous expliquer comment se déroule une réunion des Équipes Populaires ?

VH : On se réunit environ une fois par mois. Dans un premier temps, il y a un partage de notre vécu. Cette partie est très importante car elle permet d'établir une relation de confiance entre les équipiers. La confiance est indispensable si nous voulons avoir une cohésion du groupe et travailler sur du long terme.
Dans un second temps, on travaille autour d'un thème. On l'analyse (grâce à des apports personnels ou extérieurs) et puis on cherche des moyens d'action. Nous essayons de choisir des thèmes proches de nous, que nous sommes capables de porter. Notre objectif est de faire changer les choses autour de nous.

IK: Quels thèmes peuvent être traités par exemple?

VH: Outre le logement cité plus haut, en 1999, nous nous sommes intéressés au Conseil communal de la ville d'Arlon. Nous avons participé longtemps en tant que " spectateurs " aux conseils communaux et cela a débouché sur une enquête que nous avons menée en 2000 sur la place du citoyen dans la commune: quelle participation et quelle information? Je retiens beaucoup de choses de cette période de réflexion politique et je reste frappée par l'attitude des élus lors du changement de majorité au niveau communal. Pour rappel, l'alliance PS - MR a cédé la place à une coalition PS - CDH et les ennemis d'hier sont devenus en un rien de temps les meilleurs amis du monde!

IK : Quel avenir voyez-vous pour les Équipes ?

VH : Je pense que les Équipes ont encore un véritable rôle à jouer mais qu'elles doivent davantage s'adapter au public et à la demande. Nous devons travailler sur des thèmes qui touchent les gens même s'ils nous rejoignent uniquement pour la durée du projet. Dans cette perspective, nous ne devons plus nécessairement viser à constituer un groupe qui va continuer à se voir pendant des années. Il y a un sujet qui me tient à cœur pour le moment et pour lequel j'aimerais réunir un nouveau groupe : les transports en commun. En tant que frontalière, j'ai choisi le bus pour me rendre à mon lieu de travail mais je constate qu'il y a de grosses améliorations à apporter à l'offre de services existante. On veut promouvoir la mobilité mais on ne veut pas y mettre les moyens, ce qui amène les gens à voyager dans des conditions à la limite de ce que l'on peut accepter. Je pense que la méthode de travail des Équipes Populaires serait intéressante à mettre en pratique autour de ce thème.
Une piste à développer également si nous voulons que les Équipes Populaires perdurent, est l'élaboration de partenariats.

IK : Comment allez-vous mettre à profit votre "nouveau" temps libre ?

VH : Pour commencer, je vais plus me consacrer à ma vie privée et prendre du temps pour les loisirs qui me tiennent à cœur : lire un bon livre, écouter de la musique, me balader …
Dans quelques années, lorsque je serai pensionnée, j'aimerais peut-être m'engager en politique au niveau local. C'est l'envie de faire bouger les choses qui m'attire en politique, par contre, l'aspect "mondain" ne m'intéresse pas du tout.
J'ai aussi envie de faire du bénévolat pour aider les gens dans leurs démarches administratives : par exemple, en les aidant à remplir des documents, ou à bénéficier de ce à quoi ils ont droit …

Ingrid Kinet


L'équipe Orolaunum se réunit tous les deuxièmes lundis du mois au 39, Rue des Déportés de 20h00 à 22h30

Quelques questions du questionnaire de Proust

Le principal trait de mon caractère ?
Je suis perfectionniste

Mon principal défaut ?
La gourmandise

Ma principale qualité ?
La disponibilité

Ce que j'apprécie le plus chez mes amis ?
La sincérité

Mon occupation préférée ?
La lecture

La fleur que j'aime ?
Le frésia

Ma nourriture et boisson préférées ?
Les sucreries et l'espresso

Ce que je déteste par dessus tout ?
L'hypocrisie

Le don de la nature que je voudrais avoir ?
Savoir chanter

 


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Dernière mise à jour : 19 janvier 2009
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