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Bruno ANTOINE
quitte son poste de permanent CNE. Nouveau secrétaire fédéral,
il reprend les rênes de la CSC Luxembourg. Claude ROLIN, secrétaire
fédéral depuis 1996, devient secrétaire général
de la Confédération nationale. Nous les avons rencontrés
avant leurs vacances et ils ont accepté de répondre
à nos questions.
KN : Vous
vous croisez : un devient secrétaire fédéral
et l'autre quitte la fonction. Qu'avez-vous envie de vous dire ?
CR : Bruno connaît
déjà très bien la fédération.
J'ai surtout envie de lui souhaiter beaucoup de bonheur dans ce
métier passionnant. La fédération est riche
de femmes et d'hommes se dévouant au quotidien dans les localités,
les groupes spécifiques ou les entreprises. Qu'il reste celui
qu'il est et la fédération ne pourra qu'y gagner.
En septembre, nous nous retrouverons, pour les réunions des
instances nationales et régionales. En résumé,
en route, vers de nouvelles aventures
.
BA : Claude
pendant 10 ans environ a su faire cohabiter son rôle de secrétaire
fédéral et de responsable wallon. Il a su mettre à
profit ses mandats nationaux au profit de sa région. Il sera
bien évidemment le secrétaire général
de tous. Là où il sera, il saura se rappeler ses racines
syndicales. Ce sera un plus pour chacun et j'espère son oxygène.
KN : Quelles
sont les motivations qui poussent à postuler à de
telles fonctions ?
CR : On ne décide
pas vraiment d'assumer un mandat syndical comme celui de Secrétaire
fédéral ou général. Ma principale motivation
a été de répondre à l'attente de responsables,
de collègues et de militants qui trouvaient que je devais
relever ce défi. Le relever pour travailler à la construction
d'un mouvement plus solidaire et pour développer la cohérence
de l'action syndicale.
BA : Une vingtaine
d'années d'expérience professionnelle à la
C.N.E. ont permis de tisser un réseau de collaboration dans
le respect de chacun. Ce travail a permis d'ouvrir le quotidien
à des perspectives plus globales pour le mouvement tant avec
les collègues qu'avec les militants. Être prêt
à reprendre la fonction de secrétaire fédéral
n'est donc pas une cassure, c'est une poursuite avec une présence
dans d'autres lieux mais dans un même esprit de rassemblement
et de construction du mouvement syndical et social.
KN : Comment
qualifieriez-vous en 3 mots la place des syndicats (et plus particulièrement
de la CSC) aujourd'hui dans notre société et pourquoi
?
CR : Contestataire
: Face aux injustices et à la montée des dérégulations
néo-libérales, nous devons développer notre
capacité de résistance, de contestation.
Constructif : Nous ne pouvons nous contenter de dire non, nous devons
participer concrètement à la construction de la société.
Pas toujours simple mais le syndicalisme se construit les mains
dans le cambouis
Représentatif : C'est notre force, celle d'un syndicalisme
de masse, un syndicalisme fortement représentatif. Il nous
faut continuer à le développer tout en relevant le
défi de la diversité et de la participation interne.
BA : Représentatif
: Nous sommes des mouvements de masse. Ce poids est notre force
d'expression même si il a le handicap de sa lourdeur d'évolution
par respect des principes de démocratie interne que nous
défendons et appliquons.
Démocratique : La C.S.C. veut laisser une place à
l'expression de ses militants dans ses instances. Une cohabitation
harmonieuse entre " professionnels " et militants de terrain
est la meilleure des garanties de décisions pondérées,
réfléchies en phase avec le " terrain "
tout en étant insérées dans une vision d'ensemble.
Constructif
: Nous attachons une attention particulière à être
capables de proposer des solutions aux problèmes et aux défis
du monde du travail.
KN : Y a-t-il
des spécificités dans notre province qui fait que
le travail de secrétaire fédéral est différent
de celui effectué dans d'autres provinces ?
CR : Nos spécificités
sont connues, faible densité de population et importance
des PME. Pour un secrétaire fédéral, hormis
l'attention politique aux spécificités des régions
rurales, c'est surtout le compteur kilométrique de la voiture
qui nous différencie des autres. Cet inconvénient
est certainement compensé par une ambiance de travail très
positive.
BA : Ce serait
un peu présomptueux de ma part de répondre à
cette question avant d'avoir pris mes fonctions et d'avoir réellement
commencé à côtoyer mes futurs collègues.
Quoi qu'il en soit le climat actuel de travail en commun que nous
avons développé dans cette fédération
est souvent pris en exemple. Cet état d'esprit sera à
entretenir afin qu'il reste moteur dans le travail et les relations
de chacun.
KN : Avec
du recul pour l'un et un peu d'imagination pour l'autre, comment
voyez-vous la fonction de secrétaire fédéral
sur le plan purement professionnel et familial ?
CR : D'un point
de vue professionnel, le maître mot est certainement "
fédérer ". Au quotidien, c'est partir de réalités
différentes pour faire émerger l'action collective.
Sur le plan familial, cela fait partie des jardins privés
qu'il faut cultiver mais il est clair que ce n'est pas l'engagement
d'une seule personne, c'est l'engagement d'une famille car le syndicalisme
y est présent en permanence.
BA : Sur le
plan professionnel, je qualifierai la fonction de chambre d'écoute,
de rassembleur, de moteur au service du mouvement et de ses différentes
composantes.
Je ne serai pas le secrétaire fédéral au point
de vue familial. Il faut savoir faire la distinction même
si le choix de ce nouveau champ professionnel a été
décidé aussi en famille.
KN : Pour
compléter la question précédente, est-il encore
possible d'avoir des loisirs ? Si oui, lesquels ?
CR : Certainement,
même si cela impose une certaine organisation et des choix
pas toujours faciles. Je suis convaincu que, sans espace de loisirs
ou de ressourcement, on ne sait pas faire ce travail. Pour ma part,
je me suis toujours réservé un peu de temps pour la
lecture, le footing, le vélo ou la pêche à la
mouche. Cela me fait penser que, cette année, je n'ai pas
encore renouvelé mon permis
.
BA : Nous verrons
bien quand j'aurai pris mes fonctions. Ce ne sont pas les envies
qui manquent : un retour à la pêche abandonnée
il y a 20 ans, un peu de sport (cela ne fera pas de tort à
la santé et à la ligne), des visites de nouvelles
régions pas nécessairement très lointaines
pour les aspects culturels et n'ayant pas de scrupules pour les
aspects gastronomiques et vinicoles.
KN : Puisque
vous vous connaissez bien tous les deux, pouvez-vous nous dire quels
sont vos points communs et vos différences ?
CR : Les points
communs sont nombreux mais ils peuvent se résumer par une
histoire commune. Depuis notre engagement aux Jeunes CSC et notre
objection de conscience, cela fera bientôt trente années
de militantisme commun. On pourrait en passer des heures à
raconter mais l'important, c'est tout ce qu'il reste à faire.
Les différences sont également nombreuses même
si certains nous ont toujours un peu confondus au point de croire
que la CSC avait réussi le clonage syndical. Si nous portons
tous deux la moustache, sa taille est très différente.
Plus sérieusement, Bruno est nettement plus organisé
que moi.
BA : Plus de
vingt-cinq ans de militance ensemble montrent une certaine cohérence
entre nous sur le plan du projet syndical global.
Si nous devons trouver des différences, ce sera probablement
sur la méthode. Je dois admettre une certaine impatience
à appliquer les décisions prises et de temps en temps
une exigence forte à aller droit au but.
KN : Et un
petit mot d'encouragement de l'un vers l'autre pour sa nouvelle
fonction ?
CR : Je ne suis
pas certain que Bruno ait besoin d'encouragement. Il va poursuivre
une aventure passionnante. Ce nouveau mandat va lui donner une autre
dimension. En restant lui-même, il réussira certainement
à développer la vie et le dynamisme de la fédération.
BA : Je ne sais
pas si le mot encouragement est le plus adéquat. Il l'était
quand ce fut le moment pour Claude d'accepter d'être proposé
à la fonction de secrétaire général.
Maintenant qu'il poursuive sa méthode de fédérateur
et de novateur à l'échelle et au service de l'ensemble
du mouvement et plus uniquement pour notre région.
K. Noiret
Questionnaire
alternatif à Bruno Antoine
KN: Quelles
sont les vacances de vos rêves ?
BA: La découverte d'autres régions avec le quotidien
des habitants, leur culture, leurs habitudes,
J'avoue un
faible pour l'Italie, en particulier pour ses richesses historiques
et culturelles mais aussi ses petits plats à l'huile d'olive.
KN: Quel
est votre livre de chevet ?
BA: Il n'y en a pas en particulier. Si j'excepte les livres professionnels
et les circulaires syndicales, l'autre lecture se concentre pendant
les vacances. Mon choix se fait à la veille de la période
par une journée en librairie. La rubrique " Livres d'histoire
" aurait ma préférence.
KN: Quel
est le dernier CD que vous avez acheté ?
BA: Vangelis et Andréa Bocelli pour la relaxation, notamment
durant les longs trajets en voiture.
KN: Quel
est le dernier film que vous êtes allé voir au cinéma
?
BA: Le Couperet de Costa Gravas dans le cadre d'une journée
de réflexion avec des étudiants.
Hors champ professionnel, je suis plus en recherche de films ayant
pour cadre et montrant les grands espaces et la nature. La montagne
a mes préférences.
Sans être le dernier regardé, une référence
pour moi est le film " Ghandi ".
KN: Qu'est-ce
qui vous rend heureux ?
BA: La famille - L'émergence de projets à moyen terme
avec les collègues et militants - Revoir un affilié
qui passe dire que ses problèmes sont derrière lui
et que la C.S.C. y est peut-être un peu pour quelque chose.
KN: Quel
est votre plat préféré ?
BA: Les pâtes dans leur diversité régionale.
Mes vacances à la maison sont d'ailleurs l'occasion d'un
régime " pâtes " particulièrement
agréable.
Un plat sans son vin est pour moi un peu fade et donc la recherche
de l'adéquation entre les deux procure autant de satisfaction
dans la phase de construction du menu que de dégustation.
KN: Citez-nous
une personnalité que vous admirez.
BA: Au plan professionnel, Robert D'Hondt s'impose sans ambiguïté.
Au sens plus général, je ferai référence
à Ghandi. Son projet et sa méthode ne pourraient-ils
pas être actualisés pour la C.S.C. Luxembourg par "
Un rapport de force dans la non-violence au profit du consensus
".
Questionnaire alternatif à Claude Rolin
KN: Quelles
sont les vacances de vos rêves ?
CR: A la maison, tranquille en famille. Un bon livre, un peu de
temps pour le sport, profiter du jardin et de la soirée pour
taquiner dame fario (la truite de chez nous pour éviter tout
quiproquo).
KN: Quel
est votre livre de chevet ?
CR: " Les origines du totalitarisme " d'Annah Arendt.
C'est pour moi, un livre de référence pour alimenter
le combat pour la démocratie.
KN: Quel
est le dernier CD que vous avez acheté ?
CR: Je ne l'ai pas acheté, c'est un copain qui me l'a donné.
Un vieux MC5 ( les années 70) qui décoiffe. L'appel
et la révolution dans un style que les sex-pistols n'ont
pas égalé. Sorry, on ne se refait pas
.
KN: Quel
est le dernier film que vous êtes allé voir au cinéma
?
CR: J'ai un DVD de " chevet ", je ne m'en lasse pas. "
Et au milieu coule une rivière " avec Brad Pitt et Robert
Redford. Pour les images splendides de la nature et de la rivière.
Ceux qui ont vu le film peuvent comprendre que la pêche à
la mouche est un véritable sport qui, comme les arts martiaux,
entretient un rapport intime avec la philosophie.
KN: Qu'est-ce
qui vous rend heureux ?
CR: Tant et tant de choses : mes enfants, mon épouse, les
amis ou les discussions avec les militantes et les militants. D'avoir
de temps en temps, modestement, le sentiment de servir. Plus globalement,
la vie, au risque d'en être un peu boulimique.
KN: Quel
est votre plat préféré ?
CR: Un plat qui respire le terroir, son histoire et ses gens. Par
exemple, un superbe cassoulet préparé lentement avec
du canard confit. Le tout servi avec un bon vin du sud ouest qui
sent le soleil. Et, pour parfaire le plaisir, une table avec des
amis. Manger, c'est un peu communier.
KN: Citez-nous
une personnalité que vous admirez.
CR: L'exercice n'est pas facile, il y en a tellement. Certainement
Robert D'Hondt, figure imposante du syndicalisme en Belgique. Il
nous a quittés beaucoup trop tôt mais il est toujours
présent dans notre mémoire collective. Et puis, il
y a toutes celles et ceux qui, au quotidien, dans leur lieu de travail
ou de vie, militent pour une société plus juste.
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