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Perspectives MOC n°28

Faisons connaissance avec :
Claude Rolin et Bruno Antoine

 

Bruno ANTOINE quitte son poste de permanent CNE. Nouveau secrétaire fédéral, il reprend les rênes de la CSC Luxembourg. Claude ROLIN, secrétaire fédéral depuis 1996, devient secrétaire général de la Confédération nationale. Nous les avons rencontrés avant leurs vacances et ils ont accepté de répondre à nos questions.

KN : Vous vous croisez : un devient secrétaire fédéral et l'autre quitte la fonction. Qu'avez-vous envie de vous dire ?

CR : Bruno connaît déjà très bien la fédération. J'ai surtout envie de lui souhaiter beaucoup de bonheur dans ce métier passionnant. La fédération est riche de femmes et d'hommes se dévouant au quotidien dans les localités, les groupes spécifiques ou les entreprises. Qu'il reste celui qu'il est et la fédération ne pourra qu'y gagner. En septembre, nous nous retrouverons, pour les réunions des instances nationales et régionales. En résumé, en route, vers de nouvelles aventures….

BA : Claude pendant 10 ans environ a su faire cohabiter son rôle de secrétaire fédéral et de responsable wallon. Il a su mettre à profit ses mandats nationaux au profit de sa région. Il sera bien évidemment le secrétaire général de tous. Là où il sera, il saura se rappeler ses racines syndicales. Ce sera un plus pour chacun et j'espère son oxygène.

KN : Quelles sont les motivations qui poussent à postuler à de telles fonctions ?

CR : On ne décide pas vraiment d'assumer un mandat syndical comme celui de Secrétaire fédéral ou général. Ma principale motivation a été de répondre à l'attente de responsables, de collègues et de militants qui trouvaient que je devais relever ce défi. Le relever pour travailler à la construction d'un mouvement plus solidaire et pour développer la cohérence de l'action syndicale.

BA : Une vingtaine d'années d'expérience professionnelle à la C.N.E. ont permis de tisser un réseau de collaboration dans le respect de chacun. Ce travail a permis d'ouvrir le quotidien à des perspectives plus globales pour le mouvement tant avec les collègues qu'avec les militants. Être prêt à reprendre la fonction de secrétaire fédéral n'est donc pas une cassure, c'est une poursuite avec une présence dans d'autres lieux mais dans un même esprit de rassemblement et de construction du mouvement syndical et social.

KN : Comment qualifieriez-vous en 3 mots la place des syndicats (et plus particulièrement de la CSC) aujourd'hui dans notre société et pourquoi ?

CR : Contestataire : Face aux injustices et à la montée des dérégulations néo-libérales, nous devons développer notre capacité de résistance, de contestation.
Constructif : Nous ne pouvons nous contenter de dire non, nous devons participer concrètement à la construction de la société. Pas toujours simple mais le syndicalisme se construit les mains dans le cambouis…
Représentatif : C'est notre force, celle d'un syndicalisme de masse, un syndicalisme fortement représentatif. Il nous faut continuer à le développer tout en relevant le défi de la diversité et de la participation interne.

BA : Représentatif : Nous sommes des mouvements de masse. Ce poids est notre force d'expression même si il a le handicap de sa lourdeur d'évolution par respect des principes de démocratie interne que nous défendons et appliquons.
Démocratique : La C.S.C. veut laisser une place à l'expression de ses militants dans ses instances. Une cohabitation harmonieuse entre " professionnels " et militants de terrain est la meilleure des garanties de décisions pondérées, réfléchies en phase avec le " terrain " tout en étant insérées dans une vision d'ensemble.

Constructif : Nous attachons une attention particulière à être capables de proposer des solutions aux problèmes et aux défis du monde du travail.

KN : Y a-t-il des spécificités dans notre province qui fait que le travail de secrétaire fédéral est différent de celui effectué dans d'autres provinces ?

CR : Nos spécificités sont connues, faible densité de population et importance des PME. Pour un secrétaire fédéral, hormis l'attention politique aux spécificités des régions rurales, c'est surtout le compteur kilométrique de la voiture qui nous différencie des autres. Cet inconvénient est certainement compensé par une ambiance de travail très positive.

BA : Ce serait un peu présomptueux de ma part de répondre à cette question avant d'avoir pris mes fonctions et d'avoir réellement commencé à côtoyer mes futurs collègues.
Quoi qu'il en soit le climat actuel de travail en commun que nous avons développé dans cette fédération est souvent pris en exemple. Cet état d'esprit sera à entretenir afin qu'il reste moteur dans le travail et les relations de chacun.

KN : Avec du recul pour l'un et un peu d'imagination pour l'autre, comment voyez-vous la fonction de secrétaire fédéral sur le plan purement professionnel et familial ?

CR : D'un point de vue professionnel, le maître mot est certainement " fédérer ". Au quotidien, c'est partir de réalités différentes pour faire émerger l'action collective. Sur le plan familial, cela fait partie des jardins privés qu'il faut cultiver mais il est clair que ce n'est pas l'engagement d'une seule personne, c'est l'engagement d'une famille car le syndicalisme y est présent en permanence.

BA : Sur le plan professionnel, je qualifierai la fonction de chambre d'écoute, de rassembleur, de moteur au service du mouvement et de ses différentes composantes.
Je ne serai pas le secrétaire fédéral au point de vue familial. Il faut savoir faire la distinction même si le choix de ce nouveau champ professionnel a été décidé aussi en famille.

KN : Pour compléter la question précédente, est-il encore possible d'avoir des loisirs ? Si oui, lesquels ?

CR : Certainement, même si cela impose une certaine organisation et des choix pas toujours faciles. Je suis convaincu que, sans espace de loisirs ou de ressourcement, on ne sait pas faire ce travail. Pour ma part, je me suis toujours réservé un peu de temps pour la lecture, le footing, le vélo ou la pêche à la mouche. Cela me fait penser que, cette année, je n'ai pas encore renouvelé mon permis….

BA : Nous verrons bien quand j'aurai pris mes fonctions. Ce ne sont pas les envies qui manquent : un retour à la pêche abandonnée il y a 20 ans, un peu de sport (cela ne fera pas de tort à la santé et à la ligne), des visites de nouvelles régions pas nécessairement très lointaines pour les aspects culturels et n'ayant pas de scrupules pour les aspects gastronomiques et vinicoles.

KN : Puisque vous vous connaissez bien tous les deux, pouvez-vous nous dire quels sont vos points communs et vos différences ?

CR : Les points communs sont nombreux mais ils peuvent se résumer par une histoire commune. Depuis notre engagement aux Jeunes CSC et notre objection de conscience, cela fera bientôt trente années de militantisme commun. On pourrait en passer des heures à raconter mais l'important, c'est tout ce qu'il reste à faire. Les différences sont également nombreuses même si certains nous ont toujours un peu confondus au point de croire que la CSC avait réussi le clonage syndical. Si nous portons tous deux la moustache, sa taille est très différente. Plus sérieusement, Bruno est nettement plus organisé que moi.

BA : Plus de vingt-cinq ans de militance ensemble montrent une certaine cohérence entre nous sur le plan du projet syndical global.
Si nous devons trouver des différences, ce sera probablement sur la méthode. Je dois admettre une certaine impatience à appliquer les décisions prises et de temps en temps une exigence forte à aller droit au but.

KN : Et un petit mot d'encouragement de l'un vers l'autre pour sa nouvelle fonction ?

CR : Je ne suis pas certain que Bruno ait besoin d'encouragement. Il va poursuivre une aventure passionnante. Ce nouveau mandat va lui donner une autre dimension. En restant lui-même, il réussira certainement à développer la vie et le dynamisme de la fédération.

BA : Je ne sais pas si le mot encouragement est le plus adéquat. Il l'était quand ce fut le moment pour Claude d'accepter d'être proposé à la fonction de secrétaire général.
Maintenant qu'il poursuive sa méthode de fédérateur et de novateur à l'échelle et au service de l'ensemble du mouvement et plus uniquement pour notre région.

K. Noiret

 

Questionnaire alternatif à Bruno Antoine

KN: Quelles sont les vacances de vos rêves ?
BA: La découverte d'autres régions avec le quotidien des habitants, leur culture, leurs habitudes, … J'avoue un faible pour l'Italie, en particulier pour ses richesses historiques et culturelles mais aussi ses petits plats à l'huile d'olive.

KN: Quel est votre livre de chevet ?
BA: Il n'y en a pas en particulier. Si j'excepte les livres professionnels et les circulaires syndicales, l'autre lecture se concentre pendant les vacances. Mon choix se fait à la veille de la période par une journée en librairie. La rubrique " Livres d'histoire " aurait ma préférence.

KN: Quel est le dernier CD que vous avez acheté ?
BA: Vangelis et Andréa Bocelli pour la relaxation, notamment durant les longs trajets en voiture.

KN: Quel est le dernier film que vous êtes allé voir au cinéma ?
BA: Le Couperet de Costa Gravas dans le cadre d'une journée de réflexion avec des étudiants.
Hors champ professionnel, je suis plus en recherche de films ayant pour cadre et montrant les grands espaces et la nature. La montagne a mes préférences.
Sans être le dernier regardé, une référence pour moi est le film " Ghandi ".

KN: Qu'est-ce qui vous rend heureux ?
BA: La famille - L'émergence de projets à moyen terme avec les collègues et militants - Revoir un affilié qui passe dire que ses problèmes sont derrière lui et que la C.S.C. y est peut-être un peu pour quelque chose.

KN: Quel est votre plat préféré ?
BA: Les pâtes dans leur diversité régionale. Mes vacances à la maison sont d'ailleurs l'occasion d'un régime " pâtes " particulièrement agréable.
Un plat sans son vin est pour moi un peu fade et donc la recherche de l'adéquation entre les deux procure autant de satisfaction dans la phase de construction du menu que de dégustation.

KN: Citez-nous une personnalité que vous admirez.
BA: Au plan professionnel, Robert D'Hondt s'impose sans ambiguïté.
Au sens plus général, je ferai référence à Ghandi. Son projet et sa méthode ne pourraient-ils pas être actualisés pour la C.S.C. Luxembourg par " Un rapport de force dans la non-violence au profit du consensus ".


Questionnaire alternatif à Claude Rolin

KN: Quelles sont les vacances de vos rêves ?
CR: A la maison, tranquille en famille. Un bon livre, un peu de temps pour le sport, profiter du jardin et de la soirée pour taquiner dame fario (la truite de chez nous pour éviter tout quiproquo).

KN: Quel est votre livre de chevet ?
CR: " Les origines du totalitarisme " d'Annah Arendt. C'est pour moi, un livre de référence pour alimenter le combat pour la démocratie.

KN: Quel est le dernier CD que vous avez acheté ?
CR: Je ne l'ai pas acheté, c'est un copain qui me l'a donné. Un vieux MC5 ( les années 70) qui décoiffe. L'appel et la révolution dans un style que les sex-pistols n'ont pas égalé. Sorry, on ne se refait pas….

KN: Quel est le dernier film que vous êtes allé voir au cinéma ?
CR: J'ai un DVD de " chevet ", je ne m'en lasse pas. " Et au milieu coule une rivière " avec Brad Pitt et Robert Redford. Pour les images splendides de la nature et de la rivière. Ceux qui ont vu le film peuvent comprendre que la pêche à la mouche est un véritable sport qui, comme les arts martiaux, entretient un rapport intime avec la philosophie.

KN: Qu'est-ce qui vous rend heureux ?
CR: Tant et tant de choses : mes enfants, mon épouse, les amis ou les discussions avec les militantes et les militants. D'avoir de temps en temps, modestement, le sentiment de servir. Plus globalement, la vie, au risque d'en être un peu boulimique.

KN: Quel est votre plat préféré ?
CR: Un plat qui respire le terroir, son histoire et ses gens. Par exemple, un superbe cassoulet préparé lentement avec du canard confit. Le tout servi avec un bon vin du sud ouest qui sent le soleil. Et, pour parfaire le plaisir, une table avec des amis. Manger, c'est un peu communier.

KN: Citez-nous une personnalité que vous admirez.
CR: L'exercice n'est pas facile, il y en a tellement. Certainement Robert D'Hondt, figure imposante du syndicalisme en Belgique. Il nous a quittés beaucoup trop tôt mais il est toujours présent dans notre mémoire collective. Et puis, il y a toutes celles et ceux qui, au quotidien, dans leur lieu de travail ou de vie, militent pour une société plus juste.



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Dernière mise à jour : 19 janvier 2009
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