Le
et le en Luxembourg

Perspectives

N°49 : 01-02/2009
N°48 : 12-01/2009
N°47 : 10-11/2008
N°46 : 08-09/2008
N°45 : 06-07/2008
N°44 : 04-05/2008
N°43 : 02-03/2008

N°42 : 12-01/2008

N°41 : 10-11/2007
N°40 : 08-09/2007
N°39 : 06-07/2007
N°38 : 04-05/2007
N°37 : 02-03/2007
N°36 : 12-01/2007
N°35 : 10-11/2006
N°34 : 08-09/2006
N°33 : 06-07/2006
N°32 : 04-05/2006
N°31 : 02-03/2006
N°30 : 12-01/2006
N°29 : 10-11/2005
N°28 : 08-09/2005
N°27 : 06-07/2005
N°26 : 04-05/2005
N°25 : 02-03/2005
N°24 : 12-01/2005
N°23 : 10-11/2004
N°22 : 08-09/2004
N°21 : 06-07/2004
N°20 : 04-05/2004
N°19 : 02-03/2004
N°18 : 12-01/2004
N°17 : 10-11/2003
N°16 : 08-09/2003
N°15 : 06-07/2003
N°14 : 04-05/2003
N°13 : 02-03/2003
N°12 : 12-01/2003
N°11 : 10-11/2002
N°10 : 08-09/2002
N°09 : 06-07/2002
N°08 : 04-05/2002

 


Perspectives MOC n°28

Editorial : Démocratie et intolérance

 

Le CIEP/MOC Luxembourg a choisi pour ses activités 2005 un fil conducteur : la démocratie face aux extrémismes. Cette session d'activités a démarré en février 2005 par un travail de mémoire guidé par cette phrase de Gandhi : " Ceux qui ne se souviennent pas du passé sont condamnés à le revivre. " Souvenir de 1930, la montée des fascismes au cœur des démocraties. Souvenir de 1940, le nationalisme et son aboutissement guerrier. Souvenir de 1942, le racisme et les exterminations de masse.

Se souvenir pour tirer les leçons du passé. Ce fut le sens des expositions " Triangle rouge " et " Si je t'oublie ", des conférences de monsieur Rotenbach sur la déportation, de Francis Balace sur le rexisme, de l'exposé de Bichara Kader sur l'histoire commune et en tension du christianisme et de l'islam. A chaque fois un travail de réflexion a pu articuler le passé et ses folies meurtrières au présent et à l'avenir. Le présent, c'est un peu partout en Europe la montée de néo-fascismes qui avancent masqués mais d'où émerge invariablement le même mélange de nationalisme (le territoire sacré), de racisme (le droit du sang) et de repli identitaire (le rejet de l'autre).

Ne pas oublier. Toujours les mouvements fascistes qui ont accédé au pouvoir ont mis en œuvre avec une violence inouïe les menaces proférées contre la démocratie sociale. Les régimes fascistes ont interdit les grèves, dissous les syndicats indépendants, éliminé les opposants politiques et généreusement financé les industries de l'armement. Toujours ils ont redessiné les frontières entre le privé et le public et dénié à l'individu tout droit en dehors des intérêts de la communauté. Toujours ils ont étendu les pouvoirs des exécutifs, du parti ou de l'État. Finalement ils ont lâché la bride à des émotions agressives qui ont culminé dans la guerre et le génocide.

Il a fallu aux fascismes d'hier, il faut aux néo-fascismes d'aujourd'hui un ennemi diabolisé contre lequel mobiliser les troupes. Chaque communauté a choisi ou choisit le sien : en Allemagne nazie, le juif ; en Italie mussolinienne, le slovène ; en France de Le Pen, le maghrébin ; en Flandres du Vlaams Belang, le wallon ; en Wallonie de … Invariablement la mobilisation d'extrême-droite repose sur les mêmes données : le sentiment d'une crise majeure, la primauté du groupe, la croyance que son groupe d'appartenance est une victime soumise aux effets corrosifs de l'autre, l'esthétique de la violence et l'efficacité de la volonté, le droit du peuple élu à dominer.

Que craindre ? L'arrivée de l'extrémisme au pouvoir, en coalition ou seul. Ce risque ne peut pas être négligé. Mais aussi et plus immédiatement, la pollution du débat politique par le racisme, l'exclusion, la discrimination, la limitation des libertés.

Que faire ? D'abord, bien intégrer que la démocratie est un bien fragile, qu'elle n'est pas un acquis mais une valeur sans cesse à reconstruire. Ensuite accepter chacun d'assumer sa responsabilité de citoyen qui refuse le recul de la liberté au détriment de la sécurité, qui n'accepte pas le pilonnage idéologique dont l'impôt est victime, qui préfère l'intérêt général aux particularismes, qui dénonce les clichés et préjugés qui détruisent les identités sociales des plus fragiles.

Qu'espérer ? Espérer en une Education permanente qui fait que chacun dépasse l'horizon de son identité pour rejoindre un espace collectif de reconnaissance de l'autre. Espérer en la culture qui fait que le présent et l'avenir se construisent en intégrant les leçons du passé. Espérer en l'homme, en sa capacité de dépassement du mal, en son sens de la justice, vertu cardinale et socle d'un monde en paix.


Bernard Kerger


Agenda
| Revue |
Positions du MOC




Dernière mise à jour : 19 janvier 2009
Avec le soutien de Pour plus d'info, cliquez ICI