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Perspectives MOC n°30

Faisons connaissance avec :
Martine Glesner-Voz,
responsable locale du groupe de Chenois de Vie Féminine

 

A l'heure où l'individualisme règne en maître dans nos sociétés occidentales, il reste quelques personnes pour qui les autres sont encore importantes. Nous avons rencontré Martine Glesner, qui s'investit à Vie Féminine. Elle nous parle de ce temps qu'elle a choisi de donner aux autres et de ce que cela lui apporte...

KN : Martine Glesner, pourquoi avez-vous décidé de devenir bénévole à Vie Féminine ?

MG : Comme Obélix, je suis tombée dedans quand j'étais petite. En effet, dans ma famille, j'ai une grand-tante, une tante, une cousine, ma mère et j'en oublie qui faisaient partie de Vie Féminine. Donc, lorsque l'on m'a proposé de participer aux réunions, cela m'a semblé tout naturel. Par ailleurs, je ne me plais pas trop entre mes quatre murs, j'ai besoin d'aller à la rencontre de gens, de partager mes connaissances et mes idées. Je pense que cet engagement à Vie Féminine répond parfaitement à mes attentes.

KN : Mais pourquoi pas un engagement ailleurs, dans une autre association ou un autre mouvement ?

MG : Le fait que cela soit un mouvement d'éducation perma-nente qui s'adresse aux femmes m'intéresse beaucoup. J'ai toujours été attirée par ce mouvement où je me suis toujours sentie à l'aise. Les contacts que j'y noue dans un climat d'amitié m'apportent beaucoup et puis, c'est enrichissant d'avoir des projets, de se rassembler et de réfléchir entre femmes. Ceux qui pensent que nous ne faisons que des ateliers de crochets et de cuisine se trompent ! Ce qui m'intéresse aussi beaucoup dans ce mouvement, c'est qu'il me permet de conscientiser des femmes et des hommes à des problèmes qui touchent les femmes. Nous mettons en lumière certains problèmes, cela nous amène à y réfléchir et à mener des actions sur ces thèmes. Vie Féminine est à l'origine de beaucoup de combats contre l'injustice mais il en reste encore beaucoup à mener.

KN : Quelle est votre section locale ?

MG : Je suis tout d'abord rentrée à la section de Virton à 25 ans. Puis mon mari et moi avons fait construire une maison à Chenois et j'ai donc rejoint le groupe de ce village au moment de mon déménagement. A l'époque, je participais aux activités proposées par la section et aux réunions du Comité. Au fil du temps, ma participation est devenue plus importante. J'ai accepté de reprendre les fonctions de secrétaire et de trésorière de mon groupe. Et enfin, en 2002, Jocelyne Burton et moi avons repris la fonction de responsable de groupe que nous nous partageons.

KN : La section de Chenois est-elle importante ?

MG : Des participantes de différents villages participent à nos réunions et activités. Chenois bien sûr mais aussi Latour, Ruette et Ethe. Cela représente environ 75 membres. Malheureusement, comme dans beaucoup de mouvements, nous connaissons la difficulté du vieillissement du groupe et du non-renouvellement. Les jeunes femmes aujourd'hui participent à nos activités de manière ponctuelle mais ne désirent pas nécessairement s'affilier.

KN : Quelles sont les activités proposées qui attirent le plus de monde ?

MG : Pour le moment nous proposons des ateliers de " scrapbooking ", c'est une méthode de mise en valeur de photos pour réaliser de beaux albums. Cet atelier connaît un gros succès, à tel point que nous l'avons même proposé à des enfants pendant le congé de Toussaint et que nous le referons pour les plus jeunes lors d'autres congés scolaires. Parmi les dernières activités que nous avons proposées, je retiens un échange avec des femmes d'origine africaine du centre de réfugiés de Virton qui nous ont fait partager certaines recettes de leur pays. Cette après-midi n'était pas que culinaire, une exposition de panneaux présentant différents pays d'Afrique nous a également permis de mieux connaître les pays d'origine des résidents. Ce fut tellement agréable que nous avons proposé aux résidents de revenir pour déguster quelques plats de notre région concoctés par notre groupe. Ces échanges ont été réalisés dans le cadre de " Différenci-actions " et nous ont permis de nous rendre compte des difficultés rencontrées par les personnes en attente de leur statut de réfugié. Sinon, les thèmes que nous traitons varient en fonction des connaissances, des envies et des possibilités de chacune. Je constate que les thèmes touchant à la santé (le cholestérol, les pollutions de l'air,…) connaissent un certain succès.

KN : Est-il difficile de rassembler des personnes pour des activités ?

MG : Cela dépend des thèmes traités, certaines soirées connaissent un succès inattendu. Je me souviens d'une soirée où la police était venue nous présenter les différents types de drogue. Ce soir-là, il y avait 90 personnes dans la salle. Il faut dire que deux ou trois semaines avant un jeune du village était décédé suite à une overdose et que cela avait marqué les esprits. Bien sûr, un tel taux de participation est assez exceptionnel et l'on rassemble en général entre 15 et 20 personnes.

KN : Y a-t-il de nouveaux projets en préparation ?

MG : Actuellement, je fais partie d'un petit groupe qui va tenter de mettre sur pied un " Espace femmes " à Virton. Il s'agira d'un endroit où des femmes pourront venir échanger, partager, rencontrer,… Ce sera une manière pour celles qui le désirent de rompre leur isolement, de venir chercher des infos,… Les activités qui seront proposées dépendront de ce que les femmes désirent mettre sur pied. Dans le même temps, cela devrait permettre à Vie Féminine de regagner un peu de visibilité à Virton. Je lance d'ailleurs un appel à des personnes qui seraient intéressées de nous rejoindre pour lancer ce groupe ou pour y participer. Nous sommes également à la recherche d'un local permanent qui serait disponible tous les derniers mardis de chaque mois.

KN : La vie d'une bénévole est-elle toujours aussi bien remplie ?

MG : Dans notre groupe, chacune s'investit selon son envie, il n'y a pas de règle. Pour le moment je dispose d'un peu plus de temps car je n'ai pas d'activité professionnelle à temps plein.

KN : Quels sont les aspects positifs et négatifs d'un engagement comme le vôtre ?

MG : Du côté positif, il y a bien sûr tous les contacts humains que l'on peut nouer, la convivialité des rencontres avec les gens, c'est ce qui m'apporte le plus. Le côté négatif, c'est la fatigue qui se fait parfois ressentir car certaines activités nécessitent un investissement important surtout en tant que responsable. Il y a bien sûr l'activité en tant que telle mais il y a aussi tout le travail préparatoire et même si on se répartit le travail en Comité, cela peut parfois être lourd. Ceci dit, quand l'activité est terminée et qu'elle s'est bien déroulée, cela remotive pour la suite.

KN : Reste-t-il encore un peu de place pour votre famille parmi tous ces projets ?

MG : Bien sûr ! Mes deux filles: Laurianne (18 ans) et Clémence (11 ans) m'apportent beaucoup et nous essayons de faire un maximum d'activités ensemble (visite d'expos, promenades,…). Mon mari est aussi, bien sûr, très important. Si je peux m'investir comme je le fais, c'est aussi grâce à lui car il m'a toujours soutenue. C'est peut-être dû au fait que sa mère était également très active à Vie Féminine dans la section de Florenville. Quand je vous disais que j'étais tombée dedans, je ne vous avais pas menti… Ma famille me procure beaucoup de bonheur et c'est une de mes grandes sources de fierté. Sans eux je ne serais pas la même.

KN : Quel est le projet auquel vous avez participé et qui vous a apporté le plus de satisfaction ?

MG : Je suis allée manifester à Marseille lors de la Marche mondiale des femmes et pour moi, ça a été les 3 jours les plus positifs de l'année. Etait-ce dû au climat ? A l'ambiance sur place ? A l'enthousiasme qui régnait ? Ou à tout à la fois ? Je ne sais pas mais cela a été pour moi une expérience inoubliable. J'en suis revenue regonflée à bloc et très fière d'y avoir apporté ma petite contribution.

KN : Quel serait le mot de conclusion ?

MG : Je pourrais conclure en disant que je reste attentive à beaucoup de choses, j'ai notamment suivi des cours informatique, je pratique aussi le Yoga et je suis des séances de sophrologie. Bref, je suis constamment en recherche d'un " plus apprendre " et d'un " mieux-être " mais pas pour un " plus avoir "
K. Noiret

Interview alternative

Quelles sont les vacances de vos rêves ?
Ce serait des vacances en famille qui mêleraient le culturel et la détente, loin des centres trop touristiques.

Quel est votre livre de chevet ?
Un parmi d'autres que j'ai lu récemment et qui m'a bien plu : " Le voyageur de la sagesse "
d'Andy Andrews

Quel est le dernier CD que vous avez acheté ?
Les hits intemporels de Michel Fugain avec un album de Natasha St-Pier

Quel est le dernier film que vous êtes allée voir au cinéma ?
Je reviens du festival du film de Virton, j'en ai donc vu beaucoup mais celui que j'ai le mieux aimé, c'était " L'Enfer " de Danis Tanovic avec Marie Gillain, Emmanuelle Béart et Karin Viard

Qu'est-ce qui vous rend heureuse ?
Ma famille

Quel est votre plat préféré ?
La fondue bourguignonne à ma façon : je cuis la viande dans du vin, c'est bien meilleur et nettement plus digeste !

Citez-nous une personnalité que vous admirez.
Sœur Emmanuelle car à son âge, elle est toujours alerte. Ça me plairait bien d'être comme elle car j'admire son optimisme et sa foi dans les gens. Quel punch !



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Dernière mise à jour : 19 janvier 2009
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