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A l'heure
où l'individualisme règne en maître dans nos
sociétés occidentales, il reste quelques personnes
pour qui les autres sont encore importantes. Nous avons rencontré
Martine Glesner, qui s'investit à Vie Féminine. Elle
nous parle de ce temps qu'elle a choisi de donner aux autres et
de ce que cela lui apporte...
KN : Martine
Glesner, pourquoi avez-vous décidé de devenir bénévole
à Vie Féminine ?
MG : Comme Obélix,
je suis tombée dedans quand j'étais petite. En effet,
dans ma famille, j'ai une grand-tante, une tante, une cousine, ma
mère et j'en oublie qui faisaient partie de Vie Féminine.
Donc, lorsque l'on m'a proposé de participer aux réunions,
cela m'a semblé tout naturel. Par ailleurs, je ne me plais
pas trop entre mes quatre murs, j'ai besoin d'aller à la
rencontre de gens, de partager mes connaissances et mes idées.
Je pense que cet engagement à Vie Féminine répond
parfaitement à mes attentes.
KN : Mais
pourquoi pas un engagement ailleurs, dans une autre association
ou un autre mouvement ?
MG : Le fait
que cela soit un mouvement d'éducation perma-nente qui s'adresse
aux femmes m'intéresse beaucoup. J'ai toujours été
attirée par ce mouvement où je me suis toujours sentie
à l'aise. Les contacts que j'y noue dans un climat d'amitié
m'apportent beaucoup et puis, c'est enrichissant d'avoir des projets,
de se rassembler et de réfléchir entre femmes. Ceux
qui pensent que nous ne faisons que des ateliers de crochets et
de cuisine se trompent ! Ce qui m'intéresse aussi beaucoup
dans ce mouvement, c'est qu'il me permet de conscientiser des femmes
et des hommes à des problèmes qui touchent les femmes.
Nous mettons en lumière certains problèmes, cela nous
amène à y réfléchir et à mener
des actions sur ces thèmes. Vie Féminine est à
l'origine de beaucoup de combats contre l'injustice mais il en reste
encore beaucoup à mener.
KN : Quelle
est votre section locale ?
MG : Je suis
tout d'abord rentrée à la section de Virton à
25 ans. Puis mon mari et moi avons fait construire une maison à
Chenois et j'ai donc rejoint le groupe de ce village au moment de
mon déménagement. A l'époque, je participais
aux activités proposées par la section et aux réunions
du Comité. Au fil du temps, ma participation est devenue
plus importante. J'ai accepté de reprendre les fonctions
de secrétaire et de trésorière de mon groupe.
Et enfin, en 2002, Jocelyne Burton et moi avons repris la fonction
de responsable de groupe que nous nous partageons.
KN : La
section de Chenois est-elle importante ?
MG : Des participantes
de différents villages participent à nos réunions
et activités. Chenois bien sûr mais aussi Latour, Ruette
et Ethe. Cela représente environ 75 membres. Malheureusement,
comme dans beaucoup de mouvements, nous connaissons la difficulté
du vieillissement du groupe et du non-renouvellement. Les jeunes
femmes aujourd'hui participent à nos activités de
manière ponctuelle mais ne désirent pas nécessairement
s'affilier.
KN : Quelles
sont les activités proposées qui attirent le plus
de monde ?
MG : Pour le
moment nous proposons des ateliers de " scrapbooking ",
c'est une méthode de mise en valeur de photos pour réaliser
de beaux albums. Cet atelier connaît un gros succès,
à tel point que nous l'avons même proposé à
des enfants pendant le congé de Toussaint et que nous le
referons pour les plus jeunes lors d'autres congés scolaires.
Parmi les dernières activités que nous avons proposées,
je retiens un échange avec des femmes d'origine africaine
du centre de réfugiés de Virton qui nous ont fait
partager certaines recettes de leur pays. Cette après-midi
n'était pas que culinaire, une exposition de panneaux présentant
différents pays d'Afrique nous a également permis
de mieux connaître les pays d'origine des résidents.
Ce fut tellement agréable que nous avons proposé aux
résidents de revenir pour déguster quelques plats
de notre région concoctés par notre groupe. Ces échanges
ont été réalisés dans le cadre de "
Différenci-actions " et nous ont permis de nous rendre
compte des difficultés rencontrées par les personnes
en attente de leur statut de réfugié. Sinon, les thèmes
que nous traitons varient en fonction des connaissances, des envies
et des possibilités de chacune. Je constate que les thèmes
touchant à la santé (le cholestérol, les pollutions
de l'air,
) connaissent un certain succès.
KN : Est-il
difficile de rassembler des personnes pour des activités
?
MG : Cela dépend
des thèmes traités, certaines soirées connaissent
un succès inattendu. Je me souviens d'une soirée où
la police était venue nous présenter les différents
types de drogue. Ce soir-là, il y avait 90 personnes dans
la salle. Il faut dire que deux ou trois semaines avant un jeune
du village était décédé suite à
une overdose et que cela avait marqué les esprits. Bien sûr,
un tel taux de participation est assez exceptionnel et l'on rassemble
en général entre 15 et 20 personnes.
KN : Y
a-t-il de nouveaux projets en préparation ?
MG : Actuellement,
je fais partie d'un petit groupe qui va tenter de mettre sur pied
un " Espace femmes " à Virton. Il s'agira d'un
endroit où des femmes pourront venir échanger, partager,
rencontrer,
Ce sera une manière pour celles qui le
désirent de rompre leur isolement, de venir chercher des
infos,
Les activités qui seront proposées dépendront
de ce que les femmes désirent mettre sur pied. Dans le même
temps, cela devrait permettre à Vie Féminine de regagner
un peu de visibilité à Virton. Je lance d'ailleurs
un appel à des personnes qui seraient intéressées
de nous rejoindre pour lancer ce groupe ou pour y participer. Nous
sommes également à la recherche d'un local permanent
qui serait disponible tous les derniers mardis de chaque mois.
KN : La
vie d'une bénévole est-elle toujours aussi bien remplie
?
MG : Dans notre
groupe, chacune s'investit selon son envie, il n'y a pas de règle.
Pour le moment je dispose d'un peu plus de temps car je n'ai pas
d'activité professionnelle à temps plein.
KN : Quels
sont les aspects positifs et négatifs d'un engagement comme
le vôtre ?
MG : Du côté
positif, il y a bien sûr tous les contacts humains que l'on
peut nouer, la convivialité des rencontres avec les gens,
c'est ce qui m'apporte le plus. Le côté négatif,
c'est la fatigue qui se fait parfois ressentir car certaines activités
nécessitent un investissement important surtout en tant que
responsable. Il y a bien sûr l'activité en tant que
telle mais il y a aussi tout le travail préparatoire et même
si on se répartit le travail en Comité, cela peut
parfois être lourd. Ceci dit, quand l'activité est
terminée et qu'elle s'est bien déroulée, cela
remotive pour la suite.
KN : Reste-t-il
encore un peu de place pour votre famille parmi tous ces projets
?
MG : Bien sûr
! Mes deux filles: Laurianne (18 ans) et Clémence (11 ans)
m'apportent beaucoup et nous essayons de faire un maximum d'activités
ensemble (visite d'expos, promenades,
). Mon mari est aussi,
bien sûr, très important. Si je peux m'investir comme
je le fais, c'est aussi grâce à lui car il m'a toujours
soutenue. C'est peut-être dû au fait que sa mère
était également très active à Vie Féminine
dans la section de Florenville. Quand je vous disais que j'étais
tombée dedans, je ne vous avais pas menti
Ma famille
me procure beaucoup de bonheur et c'est une de mes grandes sources
de fierté. Sans eux je ne serais pas la même.
KN : Quel
est le projet auquel vous avez participé et qui vous a apporté
le plus de satisfaction ?
MG : Je suis
allée manifester à Marseille lors de la Marche mondiale
des femmes et pour moi, ça a été les 3 jours
les plus positifs de l'année. Etait-ce dû au climat
? A l'ambiance sur place ? A l'enthousiasme qui régnait ?
Ou à tout à la fois ? Je ne sais pas mais cela a été
pour moi une expérience inoubliable. J'en suis revenue regonflée
à bloc et très fière d'y avoir apporté
ma petite contribution.
KN : Quel
serait le mot de conclusion ?
MG
: Je pourrais conclure en disant que je reste attentive à
beaucoup de choses, j'ai notamment suivi des cours informatique,
je pratique aussi le Yoga et je suis des séances de sophrologie.
Bref, je suis constamment en recherche d'un " plus apprendre
" et d'un " mieux-être " mais pas pour un "
plus avoir "
K. Noiret
Interview
alternative
Quelles
sont les vacances de vos rêves ?
Ce serait des vacances en famille qui mêleraient le culturel
et la détente, loin des centres trop touristiques.
Quel
est votre livre de chevet ?
Un parmi d'autres que j'ai lu récemment et qui m'a bien plu
: " Le voyageur de la sagesse "
d'Andy Andrews
Quel
est le dernier CD que vous avez acheté ?
Les hits intemporels de Michel Fugain avec un album de Natasha St-Pier
Quel
est le dernier film que vous êtes allée voir au cinéma
?
Je reviens du festival du film de Virton, j'en ai donc vu beaucoup
mais celui que j'ai le mieux aimé, c'était "
L'Enfer " de Danis Tanovic avec Marie Gillain, Emmanuelle Béart
et Karin Viard
Qu'est-ce
qui vous rend heureuse ?
Ma famille
Quel
est votre plat préféré ?
La fondue bourguignonne à ma façon : je cuis la viande
dans du vin, c'est bien meilleur et nettement plus digeste !
Citez-nous
une personnalité que vous admirez.
Sur Emmanuelle car à son âge, elle est toujours
alerte. Ça me plairait bien d'être comme elle car j'admire
son optimisme et sa foi dans les gens. Quel punch !
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