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Les problèmes
qu'affronte l'Afrique aujourd'hui ne sont pas neufs, ni inattendus.
Ils sont le résultat de facteurs multiples, tels la colonisation,
les régimes politiques en place, l'exploitation des richesses
par les pays industrialisés, mais aussi, parfois, une politique
d'aide construite selon notre vision occidentale et inadaptée
aux situations locales.
La complexité
des situations est telle que parfois les meilleures intentions,
lutter contre la famine par une aide alimentaire par exemple, peuvent
entraîner des conséquences à moyen et à
long terme désastreuses au niveau local, pour les producteurs
locaux dans notre exemple. Un important travail d'observation et
de réflexion doit être mené.
Et puis que
faire? Doit-on repenser le " modèle de développement
" que nous imposons depuis plusieurs années ? Doit-on
considérer à nouveau, comme certains le préconisent,
la possibilité d'intervenir militairement, politiquement
pour endiguer l'une ou l'autre guerre, l'un ou l'autre massacre
? Jusqu'où peut-on intervenir ? A quel endroit placer la
frontière entre ingérence et respect des droits internationaux
? Nous allons devoir faire preuve de créativité, d'ouverture
d'esprit, et cesser de penser qu'il existe un modèle unique
d'évolution pour l'humanité.
Derrière
ces problèmes épineux posés lors des premières
activités du cycle " Mille et une couleurs d'Afrique
" se cachent des questions qui nous interpellent directement,
nous occidentaux, consommateurs, travailleurs et citoyens de la
terre.
Notre pouvoir
d'achat, nos habitudes de vie, nos modes de gestion de l'espace
et du temps sont tributaires de l'exploitation des richesses, notamment,
des pays du Sud : achat à bas prix des matières premières
et des productions, exploitation d'une main d'uvre servile
à bas prix. Sommes-nous prêts à modifier nos
comportements quotidiens de consommation pour permettre aux autres
de sortir de leurs difficultés ? Le concept de commerce équitable
indique probablement mais trop modestement une voie possible.
Les conditions
de travail dans nos entreprises sont difficiles, les revenus du
travail sont bridés par les intérêts boursiers,
le chômage constitue un levier de pression du capital sur
le travail. Tout cela est vrai chez nous. Tout cela pèse
plus lourdement encore sur les travailleurs du Sud. Sommes-nous
prêts à mener combat pour sortir du système
capitaliste fondé sur l'exploitation des uns (les plus nombreux)
par les autres ? Les luttes mutuellistes et syndicales portées
à l'échelle internationale sont plus que jamais d'actualité.
Ce combat, que
nous devons mener ensemble, est aussi celui de la sauvegarde de
notre planète. La course au profit déshumanise notre
quotidien, crée de faux besoins pour un bien-être souvent
fictif et déstabilise notre environnement. Du dérèglement
climatique aux catastrophes sanitaires, en passant par la finitude
des ressources naturelles, ce mode de vie détruit aujourd'hui
le continent africain et n'est pas tenable pour les générations
futures.
Alors ? Africains
et nous, consommateurs, travailleurs et citoyens du monde : même
combat.
Des animateurs du CIEP Luxembourg
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