Le
et le en Luxembourg

Perspectives

N°49 : 01-02/2009
N°48 : 12-01/2009
N°47 : 10-11/2008
N°46 : 08-09/2008
N°45 : 06-07/2008
N°44 : 04-05/2008
N°43 : 02-03/2008

N°42 : 12-01/2008

N°41 : 10-11/2007
N°40 : 08-09/2007
N°39 : 06-07/2007
N°38 : 04-05/2007
N°37 : 02-03/2007
N°36 : 12-01/2007
N°35 : 10-11/2006
N°34 : 08-09/2006
N°33 : 06-07/2006
N°32 : 04-05/2006
N°31 : 02-03/2006
N°30 : 12-01/2006
N°29 : 10-11/2005
N°28 : 08-09/2005
N°27 : 06-07/2005
N°26 : 04-05/2005
N°25 : 02-03/2005
N°24 : 12-01/2005
N°23 : 10-11/2004
N°22 : 08-09/2004
N°21 : 06-07/2004
N°20 : 04-05/2004
N°19 : 02-03/2004
N°18 : 12-01/2004
N°17 : 10-11/2003
N°16 : 08-09/2003
N°15 : 06-07/2003
N°14 : 04-05/2003
N°13 : 02-03/2003
N°12 : 12-01/2003
N°11 : 10-11/2002
N°10 : 08-09/2002
N°09 : 06-07/2002
N°08 : 04-05/2002

 

Perspectives MOC n°33

Editorial : "La commune : pour réconcilier identité et communauté"

 

 

Toute interrogation sur l'identité rencontre la question : " Qui suis-je ? " ou quand il s'agit d'une identité collective : " Qui sommes-nous ? ". Plusieurs réponses sont conceptuellement possibles.

La première s'exprime en termes d'identité spécifique et se réfère à l'espèce humaine : " Je suis homme ". Par cette identité d'espèce, nous exprimons notre EGALITE au-delà de l'âge, de la race, du sexe...

Une deuxième réponse cerne au contraire le caractère unique de l'identité. Elle retient ce qui fait de chacun un être humain différent de tous les autres êtres humains. Elle isole une identité irréductible à travers l'originalité historique du personnage. Le " Qui suis-je ? " devient " Quelle est mon histoire particulière? ". La conscience de la différence induit le respect de cette différence dans l'autre, la tolérance et la LIBERTE.

Une troisième réponse, plus commode, repose sur un jeu de langage qui référencie la personne à diverses identités collectives : je suis de nationalité belge, je suis de sexe masculin, je suis militant au MOC… L'identité individuelle s'exprime alors par le croisement d'identités collectives et les communautés de vie ainsi entrecroisées définissent les espaces de FRATERNITE. Chacun ne peut dire " Je " qu'en pensant " Nous ".

On le voit, la problématique de l'identité tient à une difficile tension entre un pôle d'individualité et un pôle de communauté. Avec la philosophie politique anglaise du 17ème siècle, la société moderne a trouvé un système capable de désactiver ce champ de tension en s'appuyant sur la neutralité idéologique de l'Etat. C'est-à-dire l'affirmation de la liberté pour l'individu de cultiver dans la sphère privée les opinions et les convictions lui semblant les meilleures.

Le chemin fut long et difficile mais aujourd'hui, après un siècle marqué par les appartenances idéologiques les plus contradictoires, ces principes posent question. Ces principes valorisent exclusivement les libertés de l'individu, isolément. Ils renvoient les appartenances hors de l'espace politique. N'ont-ils pas fait preuve d'une abstraction excessive ? Suffit-il encore de renvoyer les identités collectives, notamment culturelles à la sphère privée ? Comment faire lien dans la cité ?

Une première réponse - dangereuse à nos yeux - peut être de rectifier la trajectoire de l'individualisme en recréant un sentiment d'appartenance et en refondant la cité sur les contenus de la tradition, de la religion ou de l'ethnie. La voie est étroite qui sépare ce type d'appel du repli communautarien. Ne creuse-t-on pas par là le lit d'une fragmentation de la société ?

La seule réponse possible est, sans doute, proprement politique. La création de structures plus participatives et plus démocratiques, de bas en haut de la société, redonne aux individus le sentiment que l'exercice de leur implication politique est utile. La délibération collective quant à la détermination de la loi bonne inscrit le citoyen dans une dynamique de la reconnaissance et d'identification qui peut réconcilier le " Je " et le " Nous ". L'échelon communal est par sa proximité celui qui se prête le mieux à l'ouverture de ces espaces de discussion. Il est en ce sens, fondateur de la cité.
Bernard Kerger



Agenda
| Revue |
Positions du MOC




Dernière mise à jour : 19 janvier 2009
Avec le soutien de Pour plus d'info, cliquez ICI