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L'économie est le terrain des échanges de biens et de services. Cette définition classique, basique, minimale laisse la porte ouverte à toutes les questions quant aux modalités de son exercice, au champ de son application, aux rapports avec les autres activités de l'homme.
Le CIEP propose un vaste cycle de réflexion sur l'économie. Ce cycle est intitulé « L'Économie a tout pris ». Derrière le jeu de mots, se glisse une inquiétude bien réelle et profonde quant aux places respectives des actions politiques, culturelles, sociales face à une emprise économique de plus en plus envahissante.
Ce cycle se déroulera d'octobre 2006 à juin 2007. Le programme figure au centre du présent numéro de Perspectives. Il comporte des activités diverses par leur approche et leur méthode, classées par catégories. Des grandes conférences avec des intervenants parmi les plus importants du monde économique belge. Des films suivis d'un temps de débat. Des tables rondes où des acteurs de terrain débattent devant et avec nous. Des moments de réflexion plus intellectuelle. Des visites d'entreprises ou de lieux comme la Banque nationale.
Sans entrer ici dans de trop longues considérations, on peut résumer la thèse du capitalisme libéral : le marché est une machine providentielle, mue par une main invisible, qui transforme la somme des intérêts égoïstes et individuels en bonheur collectif.
Cette conception a imposé une dynamique profitable et incontestable du progrès, mais aussi elle a mené l'occident à la domination du monde, domination à bien des égards écrasante. Écrasée sous le joug de la dette et des plans d'ajustement structurel, l'Afrique. Muselée par les instances économiques de régulation, toute action politique ambitieuse. Étouffée par les carburants des unités industrielles de production, le ciel de la planète. Exploitée comme jamais par l'actionnariat capitalistique, la force de travail de l'homme. Nivelée par la communication planétaire, la diversité culturelle.
Aujourd'hui beaucoup admettent et reconnaissent que le capitalisme libéral a conduit le monde à une croissance insoutenable et est source d'inégalités inacceptables. De nouvelles pistes de régulation doivent être recherchées et tentées. Cette recherche passera notamment par la déconstruction des postulats de l'utilitarisme : la société est autre chose et bien plus qu'une somme d'actions individuelles, ces actions gardent un fondement moral autre que le seul intérêt et d'autres régulations que la main invisible du marché doivent être activées.
Tout cela nécessite un travail de réflexion et de reconstruction conceptuelles pour pouvoir dire demain : « Non, tout n'a pas un prix et l'Économie n'a pas tout pris. ». Le cycle proposé par le CIEP se fixe comme objectif d'ouvrir ce travail non pas entre économistes mais dans une démarche d'éducation permanente où chacun pourra mieux comprendre les enjeux pour un engagement citoyen dans l'indispensable débat sur l'avenir du monde qui doit s'ouvrir.
B. Kerger
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