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Frédéric Mertz , qui êtes-vous?
Je suis originaire de Thiaumont mais je vis depuis une dizaine d'années à Waltzing avec mon épouse et mes deux petites filles de 4 et 2 ans.
Au départ, j'ai fait une licence en sciences politiques à Louvain-la-Neuve. Après mes études, j'ai travaillé durant quelques années au Luxembourg dans une société spécialisée en formation professionnelle continue et conseil aux entreprises. Il s'agissait en quelque sorte d'une société de consultance. Le manque d'objectivité et de distance que m'imposait ce type d'emploi ainsi que son caractère idéologique ne me plaisaient pas, c'est ainsi que j'ai décidé de changer de travail au bout de 3 ans.
Est-ce à ce moment que vous êtes arrivé à l'IFS (Institut de Formation Sociale Luxembourg)?
Oui, j'avais envie de me consacrer davantage à la recherche, de réaliser des études et je suis tombé sur une offre d'emploi à l'IFS à laquelle j'ai répondu. J'ai été engagé et je suis devenu le premier et unique employé de l'IFS nouvelle mouture. En parallèle à ce nouvel emploi, j'ai suivi pendant un an un DEA à Nancy en sciences du travail et de la formation.
Vous parlez de l'IFS "nouvelle mouture"?
Depuis les années 50, il existait un institut de formation sociale (Institut de Formation de Mersch). Il était géré par une série d'associations sociales chrétiennes, dont notamment la JOC luxembourgeoise. En 1998, une étude de faisabilité d'un nouvel institut social a été réalisée et en 1999, l 'IFS a vu le jour. C'est à ce moment-là que j'y suis entré.
Actuellement, l'IFS compte 3 salariés et est basée à Luxembourg-ville.
En quoi consiste le travail de l'IFS?
Nous avons deux activités principales : la formation d'une part, l'étude et la recherche, d'autre part.
Le volet "formation" consiste essentiellement en l'organisation de séminaires, conférences et projets européens de formation. A titre d'exemple, la dernière formation en date que nous organisons vise à aborder les questions de discriminations (raciale et autres) dans le cadre du travail d'un point de vue juridique et sociologique. Elle est proposée aux ONG et aux syndicats. Pour l'anecdote, afin de réaliser cette formation, nous avons mené un important travail de recherche et de statistiques et nous sommes arrivés à la conclusion que le premier motif de discrimination au Grand -Duché est l'âge!
Le volet "études et recherches" est mené en collaboration avec le Centre Intercommunautaire. Dans ce cadre, nous avons publié un ouvrage qui s'intitule "Les valeurs au Luxembourg". Il s'agit d'un outil statistique qui permet d'analyser les valeurs partagées par la société grand-ducale. Comme cet ouvrage est réédité de manière régulière, on peut voir et analyser les changements qui existent dans les valeurs des Luxembourgeois et des résidents étrangers. C'est un travail énorme mais très intéressant qui permet de mettre en avant certains paradoxes. On apprend ainsi que 30% des habitants ne souhaitent pas avoir de gitans pour voisins. Or, la loi luxembourgeoise interdit aux gens du voyage de s'installer sur son territoire. Bizarre, non?
De quoi vous occupez-vous en particulier au sein de l'IFS?
Nous sommes une très petite équipe, ce qui fait que chacun d'entre nous est polyvalent et interchangeable. Bien sûr, nous avons quand même nos spécificités. En ce qui me concerne, je suis chargé de direction à l'IFS et ce faisant, davantage en charge de la représentation de l'IFS à l'extérieur.
Qu'appréciez-vous au sein de votre travail?
J'apprécie tout particulièrement l'aspect recherches. En effet, celles-ci sont tout à fait ancrées dans la réalité, le concret. Si on les réalise, c'est parce qu'il y a une demande et que c'est nécessaire au niveau politique et social. Souvent, nos recherches permettent aux ONG et syndicats d'être mieux armés pour se défendre.
A contrario, y a-t-il des choses que vous n'aimez pas?
Je n'aime guère tout le travail administratif qui accompagne les projets européens, c'est souvent très lourd!
Vous êtes également actif de notre côté de la frontière, au sein de l'ISCO …
Effectivement, ma collaboration avec l'ISCO remonte à 2001. A cette époque, le CIEP de la province du Luxembourg avait le projet de proposer une session ISCO à Libramont qui pourrait accueillir aussi bien des étudiants belges que grand-ducaux. Nous avons donc collaboré sur ce projet pour le recrutement et, plus tard, je suis devenu formateur en sociologie pour cette même session.
Est-ce que l'expérience vous a plu?
C'était réellement très intéressant de suivre un groupe sur une longue durée (3 ½ ans). Sur le plan pédagogique, cela m'a apporté beaucoup. Je me suis remis en question et j'ai vraiment essayé, au travers de mes cours, de faire ressortir le savoir populaire que les étudiants portent en eux afin de l'exploiter et, si nécessaire, de le confronter et le recadrer. Sur le plan humain, ce fut aussi très intéressant. Chez de nombreux étudiants, nous avons constaté une réelle évolution entre le début et la fin de la formation. Le taux élevé de remise de mémoires atteste aussi de la volonté de réussir et de la motivation des étudiants, ce fut une bonne surprise. Bref, cela m'a vraiment plu. A tel point que, l'année dernière, lorsque l'on m'a à nouveau demandé d'être formateur pour la session de Virton, j'ai accepté.
Cette expérience à Virton est-elle différente de Libramont?
C'est assez semblable, je donne toujours le cours de sociologie même si je l'adapte en cours de route bien sûr!
Quels sont les aspects positifs et négatifs de ce travail?
Le positif, je pense que je l'ai dit: ce sont les changements que l'on voit s'opérer chez les étudiants et le fait de pouvoir travailler sur du long terme avec eux. Par contre, le négatif, c'est qu'à certaines périodes de l'année, il est difficile de combiner le travail à l'IFS et à l'ISCO.
Avez-vous d'autres engagements ailleurs?
Oui, au Grand-Duché je suis actif dans deux ONG. La première est le "Comité d'accompagnement de l'association de soutien aux travailleurs immigrés" dans laquelle nous menons un travail de réflexion et de suivi par rapport au nouveau projet de loi portant sur la politique migratoire au Grand-Duché. Et la seconde, c'est le "Centre intercommunautaire" avec lequel je travaille en étroite collaboration dans le cadre de l'IFS.
Autre chose à ajouter?
Je voudrais terminer en disant qu'à l'IFS nous travaillons dans une interculturalité permanente puisque les personnes que je suis amené à côtoyer sont italiens, luxembourgeois, français, allemands. C'est très enrichissant et j'apprécie énormément cet aspect de mon travail.
Interview alternative
Quelles sont les vacances de vos rêves ?
Des vacances en famille soit à New-York, soit en Afrique
Quel est votre livre de chevet ?
Je lis plutôt des revues de musique et de guitare
Quel est le dernier CD que vous avez acheté ?
Jean-Louis Murat: Taormina
Quel est le dernier film que vous êtes allé voir au cinéma ?
Le monde de Narnia
Qu'est-ce qui vous rend heureux ?
Ma famille
Quel est votre plat préféré ?
Un bon steack, frites, salade bien classique
Citez-nous une personnalité que vous admirez.
Il m'est difficile d'admirer une personnalité!
Institut de Formation Sociale
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(bâtiment H) L-2132 Luxembourg
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