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Perspectives MOC n°40

Le MOC vous informe :
Thierry Jacques , président du MOC


Après les législatives

Introduction


Les élections législatives se sont tenues le 10 juin 2007. A l'heure où se négocie la mise en place d'un gouvernement rassemblant libéraux et démocrates humanistes, il ne nous semble pas inutile de rappeler l'analyse et le point de vue du MOC.

Nous le faisons ici à travers deux notes. La première est un communiqué de presse du MOC ; il date du 15 juin et pose un autre regard sur les résultats des élections. La seconde reprend quelques extraits de l'interview accordée par le président Thierry Jacques à La Libre Belgique  ; il y exprime le point de vue du mouvement quant à l'hypothèse d'une coalition orange-bleue.

 

Communiqué de presse


Il n'y a pas de fatalité de centre-droit

 Les résultats des élections du 10 juin sont là : il y a des gagnants et des perdants, et des changements importants dans le paysage politique belge. Mais l'essentiel est de déterminer désormais les priorités auxquelles doit répondre le prochain Gouvernement. Pour le MOC, elles concernent l'emploi, la justice fiscale, la sécurité sociale et le défi environnemental. Le MOC estime que pour y répondre de la manière la plus cohérente et la plus efficace possible, la proximité des programmes doit l'emporter sur les petits jeux tactiques et la soif de pouvoir.

Dans le Sud du pays, le Parti Socialiste a été sanctionné, mais pas sur son projet politique : il est d'abord victime du manque d'éthique de certains de ses membres. Il subit aussi, comme probablement le SPa en Flandre, l'usure du pouvoir et, surtout, une certaine évolution Blairiste qui l'a amené à imposer le plan «de contrôle» des chômeurs et le Pacte des Générations. ECOLO a gagné parce qu'il a défendu des idées de fond, progressistes, et qu'il a mis en évidence la question du développement durable et le défi climatique. Pour le Mouvement Ouvrier Chrétien, le projet de société solidaire et progressiste qui est au programme de ces deux partis, et dont celui du cdH est proche, reste majoritaire en Wallonie et à Bruxelles : s'il y a déplacement du centre de gravité, c'est entre le PS et le MR, ce n'est pas entre la gauche et la droite.

Le succès électoral du Mouvement Réformateur ne signifie pas que son modèle de société l'emporte. Ensemble, socialistes, écologistes et humanistes comptabilisent 38 élus à la chambre contre 23 élus pour les réformateurs. Le projet de gauche reste nettement majoritaire en Région wallonne et en Communauté française.

Au Nord du pays, certains disent que la droite s'impose clairement, avec le recul du Spa et le succès de la liste De Decker , populiste de droite. Pour autant, il est excessif de dire que la Flandre aurait totalement basculé à droite: l'Open VLD, qui est le parti du libéralisme par excellence en Flandre, connaît aussi un sérieux revers, plus important d'ailleurs que celui du PS (tous deux à 25 sièges en 2003, l'OpenVLD en perd 7 et le PS en perd 5 ; ce qui résulte d'un recul du nombre d'électeurs de 3,53% pour le VLD et de 2,16% pour le PS ). Et si le CD&V a gagné, c'est aussi, comme l'a bien indiqué l'ACW (MOC néerlandophone), en raison d'un programme social et économique basé sur la solidarité et la redistribution des richesses.

Le scrutin de ce dimanche ne condamne donc pas le pays au libéralisme et à la droite.

Une coalition de centre droit ressemblerait à un remake du gouvernement « Martens-Gol », dont on se souvient des effets désastreux sur la sécurité sociale, sur les conditions de vie des catégories les plus fragiles de la population, et plus généralement sur l'ensemble du monde du travail. Une tripartite traditionnelle risquerait de s'engluer dans une réforme institutionnelle et de nous faire perdre au moins deux ans face aux défis climatiques et aux enjeux socioéconomiques. C'est pourtant ces urgences-là qui doivent être rencontrées. Le MOC estime que c'est une coalition progressiste, arithmétiquement possible, qui sera la mieux à même de le faire.

 Thierry JACQUES, Président du MOC

 

Interview : La Libre Belgique (extraits)


Vincent Rocour : Le MR dit que le centre de gravité politique a changé au sud du pays. Contestez-vous cela ?

Thierry Jacques : Trois partis ont gagné les élections du 10 juin : les deux partis écologistes et le cartel CD&V/N-VA. Est-ce que le centre de gravité a changé ? Je veux bien reconnaître qu'il y a un changement de rapport de force entre les partis. Mais le centre de gravité ne se partage pas nécessairement entre les partis. Il se détermine d'abord en fonction de projets de société. Et de ce point de vue, on ne peut pas dire que le centre de gravité ait basculé entre la gauche et la droite. Faut-il rappeler que l'Open VLD a perdu deux fois plus d'électeurs que le PS ? Faut-il aussi rappeler que le MR, s'il a progressé de quelques voix (mais il y avait aussi plus d'électeurs) a perdu un siège à la chambre ? Il est donc faux de dire que la droite a gagné les élections et que la gauche les a perdues.

V Rocourt  : Le CD&V a gagné, dites-vous. Ce n'est pas un parti de droite ?

T Jacques : Ah non. Son programme socio-économique est franchement à l'opposé de ce que défendent le MR et le VLD. Je dirais même que les accents sociaux du CD&V sont plus forts qu'il y a 4 ans. Des exemples ? Prenez le dossier des pensions. Le CD&V – le Cdh aussi d'ailleurs – dit très clairement vouloir renforcer les pensions légales (1 er pilier). Le MR et le VLD n'ont pas la même approche. Ils disent vouloir préserver une pension légale minimale et que, pour le surplus, les gens doivent faire appel à des assurances complémentaires privées ou collectives. Autre exemple : le VLD propose de limiter dans le temps l'octroi des allocations de chômage. Le CD&V s'y oppose fermement.

V Rocourt  : Les libéraux donnent pourtant l'impression qu'ils pourraient assez rapidement faire un programme socio-économique avec le CD&V.

T Jacques : Si c'est le cas, chacun devra faire de grandes concessions. Nous pourrions alors nous retrouver dans une alliance contre-nature bis, comme celle que l'on a connue pendant 4 ans et qui a donné lieu à d'incessants blocages et à de curieux « donnant donnant ». Or le MOC estime qu'il faut un gouvernement cohérent.

V Rocour  : «L'Orange bleue » n'a pas l'air de vous plaire. Que pensez-vous de la même coalition mais augmentée des écologistes ?

T Jacques  : Les programmes d'Ecolo et de Groen présentent de fortes divergences avec les programmes libéraux. C'est évident en matière socio-économique, mais c'est aussi vrai en matière environnementale. Nous pensons que la meilleur formule, c'est l'Olivier (sociaux chrétiens/humanistes – socialistes – écologistes).

V Rocour  : Les socialistes sont pourtant les grands perdants du scrutin.

T Jacques  : En 1999, les partis socialistes avaient réalisé un score inférieur à ce qu'ils ont fait le dimanche 10 juin. Cela ne les a pas empêchés d'entrer au gouvernement.


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Dernière mise à jour : 19 janvier 2009
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