Le
et le en Luxembourg

Perspectives

N°49 : 01-02/2009
N°48 : 12-01/2009
N°47 : 10-11/2008
N°46 : 08-09/2008
N°45 : 06-07/2008
N°44 : 04-05/2008
N°43 : 02-03/2008

N°42 : 12-01/2008

N°41 : 10-11/2007
N°40 : 08-09/2007
N°39 : 06-07/2007
N°38 : 04-05/2007
N°37 : 02-03/2007
N°36 : 12-01/2007
N°35 : 10-11/2006
N°34 : 08-09/2006
N°33 : 06-07/2006
N°32 : 04-05/2006
N°31 : 02-03/2006
N°30 : 12-01/2006
N°29 : 10-11/2005
N°28 : 08-09/2005
N°27 : 06-07/2005
N°26 : 04-05/2005
N°25 : 02-03/2005
N°24 : 12-01/2005
N°23 : 10-11/2004
N°22 : 08-09/2004
N°21 : 06-07/2004
N°20 : 04-05/2004
N°19 : 02-03/2004
N°18 : 12-01/2004
N°17 : 10-11/2003
N°16 : 08-09/2003
N°15 : 06-07/2003
N°14 : 04-05/2003
N°13 : 02-03/2003
N°12 : 12-01/2003
N°11 : 10-11/2002
N°10 : 08-09/2002
N°09 : 06-07/2002
N°08 : 04-05/2002

 

Perspectives MOC n°45

Editorial : La liberté, à gauche toute

 

Notre époque est celle d'un libéralisme arrogant. Dans cette pensée unique globale, la liberté est entendue de façon négative comme une absence d'interférence, une absence de contraintes et d'obstacles. Elle se soulève alors contre les interventions de l'État et de la loi. Dans la pensée libérale, la société civile est indépendante de toute action politique globale et les individus y agissent librement. Aux yeux des libéraux, la gauche est alors associée au fantasme de l'égalité des citoyens; elle ne réussit qu'à étouffer la société civile dans les dédales de la bureaucratie et à anesthésier les initiatives et les actions individuelles.

Aujourd'hui, les crises sociales, les nouvelles pauvretés, les angoisses écologiques dévoilent l'envers de la médaille. Le lien essentiel entre la liberté libérale et le capitalisme apparaît en pleine lumière. La société individualiste veut la croissance de la richesse à tout prix, même au prix du développement des inégalités ou de la destruction des ressources naturelles; elle veut la liberté sans aucune restriction. Le capitalisme apparaît à visage découvert dans son essence: le règne de la force pure, le triomphe des forts sur les faibles, le sacrifice des exclus, l'exploitation des ressources humaines et naturelles.

Dans ce contexte difficile, l'espoir réside dans une pensée de gauche renouvelée; une pensée et une action où l'égalité n'est en rien un écrasement des droits de l'individu mais est au contraire la condition et la matière de la liberté des personnes.

Petit essai "La liberté : à gauche toute" :

1) L'Égalité des ressources sociales : Une société juste se doit de placer ses membres en position d'égalité dans les choix et les arbitrages rendus au cours de l'existence. Elle se doit de donner à chacun les mêmes ressources sociales pour assurer l'égale liberté dans les choix des trajectoires de vie. La liberté et l'égalité se rejoignent dans le combat contre les inégalités héritées et artificielles. Dans une vision de gauche, la puissance publique doit intervenir entre autre par la dissolution des héritages, la formation des individus et l'assurance mutuelle contre le hasard.

2) La Non-domination : La liberté libérale se définit par l'indépendance et l'absence d'interférence. Dans une conception de gauche, la liberté sera davantage conçue comme l'absence d'interférence arbitraire. La liberté est alors un état de droit qui protège contre toute forme de domination. L'intervention de l'État démocratique et la loi, loin d'être des régulations liberticides, libèrent et protègent des dominations notamment privées, communautaires ou économiques.

3) Le Politique : Penser que la société civile laissée à elle-même est génératrice de liberté est une illusion libérale. La primauté et la reconnaissance égale de chacun en tant que citoyen permettent d'éviter le retour d'une société de castes. La société politique et la citoyenneté active protègent des appartenances communautaires intégratrices et dominatrices.

4) La Démocratie : Elle ne consiste pas à désigner les représentants de nos intérêts particuliers mais à permettre l'émergence d'une sphère publique qui veille à l'intérêt général en tant que projet politique. La question n'est pas de réduire l'État mais de le démocratiser et cette démocratisation passe par la participation. Dans un premier mouvement vers le haut, les propositions sur les intérêts authentiques des citoyens doivent disposer d'espaces d'expression. Dans un second, les décisions de la puissance publique doivent demeurer contestables.

On ne se lassera pas de Lacordaire : « Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c'est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit. »

 

B KERGER


Agenda
| Revue |
Positions du MOC




Dernière mise à jour : 19 janvier 2009
Avec le soutien de Pour plus d'info, cliquez ICI