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KN : André Dolisy, qui êtes-vous ?
AD : Je suis né le 12 mai 1950 à Messancy et suis l'aîné d'une famille nombreuse (deux frères et une sœur). Mon père était ouvrier sidérurgiste à Rodange tandis que ma mère s'occupait de ses quatre enfants. Comme beaucoup de jeunes garçons de l'époque, je désirais faire des études et suis entré à l'internat du petit séminaire de Bastogne pour y faire mes humanités gréco-latines. J'ai apprécié cette époque (où je prenais le bus Athus-Liège pour me rendre à Bastogne) même si, alors, on ne rentrait pas chez soi chaque semaine (au début du moins).
KN : Et après le petit séminaire ?
AD : J'ai suivi une formation d'assistant social à l'Institut Cardijn qui ne se trouvait pas encore à Louvain mais toujours à Bruxelles. A l'époque, on pouvait considérer que l'Institut Cardijn était en quelque sorte « l'école » du MOC car il nous préparait à en devenir des militants. A la fin de mes études j'étais fin prêt pour travailler mais à cette époque, je n'ai pas échappé au service militaire.
KN : Quels souvenirs gardez-vous de ce passage à l'armée ?
AD : Je me suis dit : ou bien je râle pendant toute une année ou bien je me fais une raison et j'essaie de faire ce qu'il y a à faire du mieux que je peux. De ce service que j'ai effectué en Allemagne, j'en garde notamment un souvenir amusé car j'ai été amené à plusieurs reprises à écrire des lettres d'amour pour des miliciens qui ne savaient pas bien lire ou écrire et qui voulaient que leurs fiancées prennent patience ! En ça l'armée permettait à chacun de prendre conscience de la mixité sociale car dans une chambrée, tout le monde se côtoyait : le riche, le pauvre, le médecin, l'analphabète, l'ouvrier,….
KN : Et puis, il a fallu trouver un travail…
AD : Oui, d'autant plus qu'entre temps j'étais chômeur et que cela m'affectait énormément et donc trouver du travail était pour moi primordial. Après beaucoup de recherches, je suis donc entré à la Mutualité Chrétienne , comme employé du service pension. J'ai bien aimé cette fonction qui correspondait bien à ma vocation sociale, le droit social en général m'intéressait beaucoup. Parallèlement à ce travail, j'ai d'ailleurs été représentant des travailleurs devant les tribunaux et cours du travail, ce qui m'a amené par la suite à être nommé juge social au tribunal du travail en 1977. Pendant 17 ans j'ai donc travaillé au service pension et puis à 40 ans, l'envie de progresser encore s'est renforcée. L'opportunité de devenir directeur-adjoint s'est présentée.
KN : Directeur-adjoint avec des fonctions bien définies ?
AD : Oui, j'étais directeur-adjoint, responsable des services administratifs (assurabilité, indemnité et administration médicale, soins de santé, secrétariat, accueil, économat), de l'informatique, et responsable du personnel.
KN : Quels étaient les aspects positifs de cette fonction ?
AD : Pour moi, c'était clairement une manière d'être au service du plus grand nombre. C'était très intéressant car cela me permettait d'être beaucoup à l'écoute et j'essayais de permettre à chacun de se trouver là où il se sent le mieux. C'était aussi essayer d'être la voix des affiliés les plus défavorisés. J'aimais bien aussi le fait de pouvoir participer à de multiples réunions et ainsi pouvoir échanger les points de vue, tout en permettant la mise en avant des valeurs de la Mutualité, et particulièrement avec les associations proches du domaine social. Participer aux décisions d'orientation de la politique du personnel me plaisait aussi. Mais ce que j'appréciais le plus personnellement, c'est de pouvoir « accompagner » les gens qui avaient des difficultés. Cela vient sans doute de ma formation d'assistant social. En effet, la fonction de responsable du personnel fait en sorte que l'on entre vite dans la vie intime et personnelle des gens. En cas de divorce, de décès, de maladie grave… j'étais forcément au courant et si je pouvais aider, je le faisais !
KN : Il devait sans doute y avoir aussi des aspects négatifs ?
AD : Ce qui m'était pénible, c'était de devoir appliquer ou faire appliquer des dispositions légales ou réglementaires que je trouvais injustes ou qui ne permettaient pas de rencontrer les besoins concrets des employés ou des affiliés. Le stress généré par la fonction de responsable était aussi très éprouvant.
KN : Y a-t-il quelque chose qui vous rend fier dans votre travail ?
AD : Au service pensions, j'ai pu assister et aider pas mal de personnes pendant ma carrière. Il faut savoir qu'au moment où l'on prépare sa pension, les souvenirs liés à toute une vie de travail refont surface et cela peut parfois être compliqué voire éprouvant. Rendre service à ces personnes est un motif de satisfaction personnelle.
En tant que directeur-adjoint, je suis assez fier d'avoir pu accéder à un poste de direction alors que je suis issu de la classe ouvrière.
Du côté familial, je suis toujours avec la même épouse et j'en suis fier. Nous fêterons nos 35 ans de mariage l'année prochaine.
KN : Et aujourd'hui, en tant que jeune prépensionné, de quoi vont se composer vos journées ?
AD : Actuellement, je souffle et je fais un peu le bilan de tout ce que je n'ai pas pu faire à la maison, au jardin,… et qui mériterait que j'y travaille. Je vais aussi devoir me « réapproprier » la vie à deux avec mon épouse, enseignante qui bénéficiera d'une mise en disponibilité en janvier 2009. Parallèlement, je me donne du temps pour réfléchir à ce que j'ai envie de faire en tant que bénévole. « Qui trop embrasse, mal étreint » : je veux m'investir dans certaines associations mais je veux y réfléchir et bien faire les choix. Actuellement, je suis déjà bénévole au Conseil paroissial, à la Fabrique d'église de mon village et je participe aussi au Comité de partenariat de la Mutualité avec le Bénin où je compte bien m'investir, ainsi que mon épouse. Nous avons tous deux un faible pour l'Afrique… Pour les autres propositions, on verra.
KN : L'évocation de l'Afrique, et la décoration de votre maison à travers ces objets venus d'ailleurs me font penser que vous aimez les voyages…
AD : Ah oui, très important les voyages ! La découverte de cultures différentes est tellement enrichissante ! Nous avons déjà pas mal voyagé et nous espérons encore pouvoir faire quelques beaux voyages. Jusque maintenant, nous les préparions nous-mêmes. Nous achetions les billets d'avions et pour le reste, nous nous débrouillions sur place ! Cela nous a mené en Malaisie, en Afrique du Sud, en Guadeloupe, en Floride, en Norvège, au Sénégal, en Russie, et j'en oublie…
KN : Vous êtes aussi un fidèle des voyages et visites proposés par Loisirs et vacances…
AD : C'est vrai que je suis allé visiter les camps de Buchenwald et Dora et que ce voyage était magnifiquement bien orchestré. Cela a été très éprouvant d'un point de vue psychologique surtout quand on sait que certains nient toujours cette partie de notre histoire. Dernièrement j'ai également participé à tout le cycle « acier » qui était extrêmement bien organisé et préparé. Ce fut pour moi une belle opportunité de cerner certaines choses que mon père m'a racontées sur ses conditions de travail.
KN : Si vous aviez la possibilité d'exercer un vœu, quel serait-il ?
AD : Si je peux être utopique, je ferais en sorte que tous ceux qui ont des responsabilités dans le monde travaillent ici et ailleurs à éradiquer la pauvreté sous toutes ses formes (matérielle, sociale, morale,…).
K. Noiret
Interview alternative à André DOLISY
Quelles sont les vacances de vos rêves ?
J'y suis
Quel est votre livre de chevet ?
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Un CD de musique symphonique de Beethoven
Quel est le dernier film que vous êtes allé voir au cinéma ?
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