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Perspectives MOC n°50

Faisons connaissance avec :
Jean NOEL, nouveau permanent du secteur Métal. . .


KN : D'où êtes-vous originaire ?
JN : Je suis originaire de Jamoigne, dans la commune de Chiny. Aujourd'hui, j'habite en France, un petit village de 3000 habitants entre Longwy et Villerupt mais je ne renie pas mes origines gaumaises !

KN : Quel fut votre parcours professionnel avant de devenir permanent Métal ?
JN : Mon parcours professionnel trouve ses racines dans mon parcours scolaire. J'ai toujours eu un intérêt marqué pour les sciences. En effet, j'ai fait deux candis en chimie puis un régendat en sciences et en géographie. Après mes études et mon service militaire, j'ai travaillé deux ans à l'aéroport national comme responsable des produits de luxe mis en vente dans les charters. Ce boulot me plaisait mais j'ai préféré changer d'orientation car je ne sentais pas mon avenir dans l'aviation.

KN : Et vous êtes revenu à vos premières amours ?
JN : Effectivement, en 1990, j'ai été engagé à Magolux à Messancy pour travailler comme employé de laboratoire. Ce sont mes deux années de candi en chimie qui m'ont permis de décrocher cet emploi. Magolux est une entreprise de fonderie qui produit des pièces pour des broyeurs, le dragage et le concassage. Là-bas, j'étais chargé du contrôle des pièces produites, de leur mesurage, de l'analyse du métal. Je faisais aussi de la recherche et du développement sur de nouveaux produits. J'y suis resté 16 ans.

KN : Pourtant votre travail sur place a évolué…
JN : Oui au niveau du statut tout d'abord. J'ai d'abord commencé comme ouvrier avec un statut intérimaire, puis avec un contrat à durée déterminée. A la fin, j'étais employé avec un contrat à durée indéterminée. Au fil du temps, je me suis également intéressé au travail syndical jusqu'à devenir moi-même délégué syndical.

KN : Pourquoi avez-vous franchi le pas de vous investir dans le travail syndical ?
JN : J'ai eu tout d'abord envie de connaître la législation et puis, assez logiquement, de me défendre et bien sûr de défendre les autres. En disant cela, je me rends compte que j'ai toujours eu la fibre sociale et tout s'est donc naturellement mis en place.

KN : Mais vous avez quand même quitté Magolux…
JN : Oui car je me plaisais tellement bien dans le travail syndical que je me suis dit : et pourquoi pas en faire mon job à temps plein ? A la même époque, Claude Rolin a quitté la fédération de la CSC Luxembourg. Bruno Antoine l'a remplacé, laissant son poste vacant à la CNE. C 'est Romuald Geury, permanent frontalier qui l'a remplacé à la CNE. Le poste de permanent frontalier étant proposé, j'ai donc postulé pour remplacer Romuald. Je suis resté à ce poste jusqu'à aujourd'hui. A présent, je suis devenu permanent Métal car c'est vraiment le secteur qui me plaît.

KN : Qu'est-ce qui vous plaît tellement dans « le métal » ?
JN : Je connais très bien la mentalité de ce secteur puisque j'y ai évolué pendant plus de 15 ans. De par mes fonctions de délégué syndical, j'avais même déjà été amené à côtoyer des délégués d'autres entreprises. En outre, il existe dans ce secteur un réel esprit « corporatif » qui me plaît beaucoup. Il est vraiment possible de travailler dans une dimension collective grâce à la solidarité qui existe entre les ouvriers et les employés et j'y suis vraiment sensible.

KN : La province de Luxembourg ne semble pas être un gros employeur du Métal, quels sont les secteurs qui s'y retrouvent ?
JN : Le secteur Métal regroupe différentes composantes : la sidérurgie, le non-ferreux, les fabrications métalliques, les monteurs, les garages, les récupérations de métaux, les électriciens, les carrossiers, les métaux précieux ainsi que le commerce du métal. C'est vrai que nous n'avons pas sur le territoire provincial de grosses entreprises comme Duferco ou Clabecq mais nous avons par contre différentes entreprises de petite taille ou de taille moyenne. Je cite par exemple Magolux à Messancy, Pierret System à Libin, Devilca à Paliseul, Fédéral Mogul à Aubange… Je dois donc davantage travailler avec de petites structures. C'est également le cas en province de Namur et du Brabant wallon. Nous nous sommes d'ailleurs organisés pour créer un groupe qui s'appelle : « Nationale 4 Métal ». Ce groupe rassemble les trois provinces citées pour nous donner plus de poids dans les rencontres avec nos collègues de Liège ou de Charleroi. Nous coordonner permet d'avoir plus de poids lors de négociations, c'est plus facile à gérer.

KN : Comment se porte le secteur de la sidérurgie en province de Luxembourg dans le contexte de crise actuelle ?
JN : La crise ne frappe pas partout de la même manière. Les entreprises qui travaillent en lien direct avec le secteur de l'automobile souffrent beaucoup pour le moment. Celles qui dépendent plus du bâtiment n'ont pas trop à se plaindre. Cependant, le climat est morose et le chômage économique est bien présent. Dans certaines entreprises, la situation n'est vraiment pas brillante et le chômage économique peut alors atteindre jusqu'à 80%. Je pense que dans l'ensemble du secteur Métal pour la province, on peut dire que 30% des ouvriers sont touchés par le chômage économique. Par rapport à l'année dernière, le chômage est plus important en nombre et en durée.

KN : Quelle est la situation vécue par un ouvrier qui est mis au chômage économique ?
JN : Pour vous donner un exemple concret, un ouvrier qui vient de débuter dans une entreprise avec un salaire d'environ 1100 euros net, ne touche plus que 825 euros s'il est placé en chômage économique. C'est une perte importante. C'est d'autant plus difficile à gérer que les ouvriers ne savent qu'une semaine à l'avance s'ils seront mis en chômage ou non. Pendant cette période, ils sont priés de rester chez eux mais sont rappelables à tout moment au cas où l'entreprise bénéficierait d'une commande à l'improviste. C'est donc très inconfortable !

KN : Lorsque tout va bien et que le climat social est plutôt bon, de quoi se compose votre travail de permanent syndical ?
JN : L'amélioration de la sécurité au travail, la négociation des conventions collectives en vue de la hausse des salaires, les réunions mensuelles (de formation ou non) avec tous les délégués que j'ai invités à se regrouper dans un comité professionnel,… font partie des tâches plus routinières qui ne dépendent pas du climat économique. En outre, on pense souvent que les relations qui existent entre le syndicat et le patronat sont toujours conflictuelles mais dans pas mal de circonstances nous travaillons conjointement. La majorité des conflits se résolvent grâce aux négociations. La grève n'intervient que lorsqu'il y a rupture et que le dialogue n'est plus possible. Actuellement, je travaille à l'élaboration d'une charte de qualité dans une entreprise. C'est la Direction de l'entreprise elle-même qui a contacté les représentants syndicaux car elle veut améliorer les conditions de travail des ouvriers pour faire diminuer le taux d'absentéisme.

KN : Quels sont les aspects positifs de votre travail ?
JN : Aller à la rencontre des gens, solutionner leurs problèmes,… faire du travail social, c'est ce que j'aime !

KN : Quels sont les aspects négatifs de votre travail ?
JN : Le point noir, c'est que cela demande beaucoup de temps. C'est peut-être de là que vient le nom de « permanent ». Si une entreprise qui fonctionne le week-end rencontre un problème urgent le dimanche, il faut être présent et c'est parfois difficile.

KN : Y a-t-il quelque chose qui vous rend fier ?
JN : Lorsque j'arrive à améliorer la qualité de vie des gens notamment lorsque l'on signe une nouvelle convention avec la Direction.

KN : Si vous aviez la possibilité d'exaucer un vœu, quel serait-il ?
JN : Que les problèmes que je rencontre se solutionnent et que toutes les entreprises aient du travail.

KN : Avez-vous d'autres engagements ailleurs ?
JN : Je suis actif dans une association qui s'appelle « Les amis de Laprak ». Laprak est un village népalais pour lequel nous avons récolté des fonds. Avec cet argent, nous avons construit une école et un internat pour les filles sera inauguré cette année. Nous finançons également les salaires des enseignants et les fournitures scolaires. Je récolte d'ailleurs actuellement des bics et des cahiers. Si vous en avez, je suis intéressé…

Je partirai sur place au mois de septembre pour assister à l'inauguration de l'internat. J'invit e d'ailleurs chaque lecteur à aller sur le site : www.amis-de-laprak.com . Les dons et les parrainages sont possibles !

 

K. Noiret

 

Interview alternative 

Quelles sont les vacances de vos rêves ?
Mon prochain voyage au Népal

Quel est votre livre de chevet ?
Pays Haut de Anne-Marie BLANC

Quel est le dernier CD que vous avez acheté ?
Je télécharge en payant sur Internet

Quel est le dernier film que vous êtes allé voir au cinéma ?
Caos Calmo

Qu'est-ce qui vous rend heureux ?
Les soirées passées entre amis

Quel est votre plat préféré ?
Celui que je cuisinerai bientôt

Citez-nous une personnalité que vous admirez.
Je n'admire personne


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Dernière mise à jour : 19 janvier 2009
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