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Le Contrat d'Avenir pour les Wallons
La mise en uvre de pôles multifonctionnels alliant espaces publics, commerces, tourisme, hébergement correspond à la tendance nouvelle vers des centres cohérents et conviviaux. Dans ce cadre la commune doit jouer son rôle en matière de valorisation de son patrimoine. L'expansion du secteur touristique doit permettre un élargissement des plages d'activités et par là, assurer une stabilité d'emploi au personnel et limiter le recours régulier au chômage temporaire ou complet. Une prise en compte des aspects sociaux (conditions de travail et qualité de vie des travailleurs) par la concertation doit s'imposer dès la conception de tout nouveau projet.
Bien que le développement technologique en zones rurales ait été entamé, l'implantation d'industries nouvelles, à haute valeur ajoutée, et la création d'activités novatrices en aval des spécificités naturelles sont encore insuffisantes. Il serait, par exemple, opportun d'accentuer le développement du pôle agroalimentaire en valorisant les productions ancrées sur le territoire. Autre exemple, l'exploitation du bois (abattage et sciage) se réalise dans la province du Luxembourg mais la quasi totalité des produits finis est élaborée à l'extérieur. Le tissu rural se caractérise aussi par sa haute concentration en PME. Plus de 95% des entreprises en Luxembourg comptent moins de cinq emplois. On ne compte qu'un peu plus de vingt entreprises qui dépassent les cent emplois. Le tissu est fragilisé par le manque d'entreprises de taille moyenne. La promotion de la
force de travail en région rurale est une priorité. Un développement
économique durable y nécessite : 3) Concourir à la santé de tous (point 4.2) Financement des services publics et privés d'aide aux familles. Malgré l'effort consenti par la R.W., les services d'aide aux familles aussi bien publics que privés ne peuvent pas, actuellement, répondre correctement à toutes les demandes d'aide émanant des familles. Les besoins sont, en effet, en constante augmentation, notamment, à cause de l'allongement de la durée de vie. Augmenter le financement de l'ensemble des services est une nécessité, en veillant à le rendre aussi proche que possible des besoins avérés et en concertation avec les services existants. Ce financement peut se réaliser en améliorant le nombre d'heures alloué aux services et en veillant surtout à ce que la subvention à l'heure soit aussi proche que possible du coût réel incombant aux services. Personnel et formation Le besoin en personnel qui peut prester au service des familles (aide familiale, aide sanitaire, aide ménagère) est vraiment important. Il est, dès lors, nécessaire d'améliorer l'offre de formations ( promotion sociale, asbl reconnues, .) et d'en assurer le financement et le suivi afin que les formations puissent être dispensées dans des conditions matérielles tout à fait convenables et décentes en assurant une cohérence entre tous les moyens financiers existants pour les offres de formation. Par arrêté de la R.W., la profession de garde à domicile vient de faire l'objet d'une reconnaissance spécifique comme métier à part entière avec des exigences de qualification certifiée (A.F) et de formation complémentaire à acquérir. Dans ce cadre, il est tout à fait impératif de reconnaître l'expérience utile aux personnes qui exercent la fonction sans la certification nouvellement réclamée et d'accorder une période de transition (2 ans au moins) au personnel. concerné pour suivre la formation complémentaire exigée. Structures d'accueil. Dans le cadre du maintien à domicile de personnes âgées et/ou peu autonomes et dont l'accompagnement est assuré par la famille ou l'entourage, une politique ayant pour objectif la multiplication de structures en courts séjours et de centres d'accueil de nuit, notamment en MR et MRS, est fortement souhaitée. Afin d'assurer, par ailleurs, un suivi plus humain, plus respectueux des personnes et visant à favoriser l'autonomie des aînés, il faut revoir et améliorer les normes d'encadrement dans les MR et les MRS et particulièrement si des structures de courts séjours ou d'accueil de nuit leur sont adjointes. Politique de dispensation des soins Il faut assurer les moyens en personnel pour une coordination efficace entre les services d'aide à la population afin que le patient ou l'usager soit au centre des préoccupations de ces services. Assurer aussi une cohérence dans la coopération entre les différents acteurs. En effet, il ne faut pas séparer ce qui est médical de ce qui ne l'est pas car les différents acteurs forment un tout nécessaire à la personne aidée. Il n'est utile de créer des services qui seraient davantage " de proximité " qu'après avoir réalisé un cadastre de ce qui existe déjà. Il conviendrait, dans un premier temps, d'assurer la stabilité et la pérennité de ces outils existants tout en favorisant leur développement et leur subventionnement.
A propos de l'offre de logement La tendance de la Région wallonne est de privilégier des politiques de discrimination positive et donc d'orienter les moyens vers les sous-régions les plus spectaculairement touchées par les problèmes de logement. Les régions rurales sont alors les parents pauvres. Mais le Luxembourg a aussi en la matière des spécificités à défendre, dispersion de l'habitat bien sûr mais aussi surenchère au niveau des prix dans une très vaste zone qui s'étend le long de la frontière grand-ducale. Il y a là une particularité qui mérite d'être prise en compte au niveau wallon. Sans une politique volontariste des communes concernées et un soutien important de la Région wallonne il y aura encore aggravation à l'avenir de la fracture sociale importante dans les possibilités d'accès au logement. Par ailleurs, la Région encourage une politique de rénovation urbaine relativement inadaptée dans le cadre de notre province où les bâtiments publics " rénovables " (anciennes écoles ou presbytères) deviennent rares et les possibilités d'achat/rénovation de bâtiments privés limitées surtout dans les communes frontalières soumises à une forte pression foncière. A propos de la coordination, du travail social et de la participation Une bonne gestion de la question du logement social passe inévitablement par une amélioration de la coordination des services et des collaborations entre acteurs sociaux (CPAS, médiateurs de dettes, gestionnaires des logements sociaux, associations, ). Les sociétés de logements sociaux ne peuvent pas constituer des lieux de " normalisation " des comportements. Il est extrêmement important que les personnes soient acteurs et ceci implique de leur laisser des espaces d'expression et de participation quant à la gestion même de leur lieu de vie. Autrement dit, il s'agit de favoriser l'initiative de l'habitant et sa participation aux décisions collectives. A propos des logements sociaux, d'insertion, de transition, d'urgence Face à des situations d'urgence (relogement d'une famille après un sinistre ou une expulsion, accueil de réfugiés..) même la plus petite commune devrait avoir au moins un logement disponible. Un bon nombre de communes comptent sur leurs voisines pour répondre aux demandes de logements et plus particulièrement celles de logements sociaux. Il semble indispensable que la Région pénalise ce type de comportement et favorise inversement les communes qui ont une optique volontariste dans ce domaine du logement social.
L'automobile La sécurité est une préoccupation essentielle ; les routes secondaires sont particulièrement dangereuses et meurtrières. La sécurisation du réseau routier doit être une préoccupation prioritaire des autorités compétentes à tous les niveaux de pouvoir concernés. Dans les zones rurales, pas trop bien desservie par les transports en commun, la voiture est devenue omniprésente et indispensable. Sans voiture pas de boulot, peu d'activités culturelles accessibles, bien des services et commerces trop éloignés. L'accès au permis de conduire doit être facilité pour les publics fragilisés. Des dispositifs doivent
être mis en place pour favoriser le co-voiturage : Tout doit être
mis en uvre pour favoriser la bi voire multi modalité :
- La complémentarité avec le rail : En amont à la réflexion sur les transports par route, il faut préciser que le chemin de fer doit toujours avoir une priorité sur le transport par route, du moins pour gérer les principaux flux de mobilité. Des lignes TEC qui se placent en concurrence directe avec des voies de chemin de fer existantes ne sont pas une bonne chose. - Le réseau de bus express : Le réseau actuel pèche principalement par sa faible vitesse commerciale, l'inconfort et l'inadaptation du réseau aux flux de déplacements actuels. Le réseau de bus express doit assurer une relation cadencée entre les différents pôles sous-régionaux. Il doit assurer aussi la jonction avec les gares. Il s'agit d'autobus rapides et confortables (matériel roulant adapté) qui sillonnent les grands axes sans s'en éloigner, avec un ou deux arrêts maximum par localité traversée et aux nuds de croisement (lignes rapides et desserte locale). Les points de correspondance avec le réseau express font l'objet d'un aménagement adéquat : parking pour voitures et abri sécurisé pour deux roues, pavillon pour les voyageurs, téléphone, terminal de réservation des bus locaux ou taxis. - Le transport local (notamment par Telbus ou Satelbus) : Le transport local est le complément indispensable au réseau express. Le réseau express doit impérativement être alimenté par des services de ramassage allant jusque dans les lieux de vie des habitants. Les taux de couverture doivent être optimalisés. Pour les bus à la demande, un solide accompagnement logistique et informatique y contribuera.
Le rail Au Sud de Namur, une desserte rapide, confortable, ponctuelle et sûre de la ligne 162 (Namur-Luxembourg) s'impose comme une nécessité vitale pour l'avenir du transport par chemins de fer. Cette modernisation est une priorité absolue mais la réduction du temps de transport entre Bruxelles et Luxembourg ne peut en aucun cas se réaliser au détriment de la clientèle régionale, en particulier au travers de la suppression d'arrêts. Aujourd'hui, un travailleur de la province sur cinq franchit quotidiennement la frontière grand-ducale. Dans certaines communes traversées par l'Athus-Meuse, ce sont près de la moitié ou plus des travailleurs qui se rendent chaque jour au Grand-Duché. Ces flux de mobilité croissants, ainsi que l'engorgement routier qu'ils provoquent justifient pleinement la mise en service d'une relation transfrontalière Virton/Athus/Rodange/Luxembourg. La mobilité douce La marche et le vélo sont des formes de mobilité trop négligées. L'aménagement du centre urbain et l'organisation des flux de déplacement doit s'étudier en partant du piéton : qualité des trottoirs, zone piétonne, ralentisseurs des véhicules motorisés, limitation de la circulation automobile, parkings dissuasifs, Le vélo constitue un autre moyen de déplacement alternatif en milieu urbain bien sûr mais aussi sur les distances moyennes en région rurale. Un important effort doit être réalisé en ce qui concerne l'aménagement d'infrastructure : voies protégées, parkings sécurisés en nombre suffisant et notamment près des points d'arrêt des transports en commun.
Les commissions consultatives communales constituent un outil de participation citoyenne de proximité. A ce stade la décision de les créer est du ressort de l'autorité communale. Ce type de commission devrait être rendu obligatoire. A défaut la Région wallonne peut développer des incitants forts. 7) Garantir la qualité des services au public et aux entreprises (point 7.2) Dans le secteur public, les réformes se succèdent. De restructuration en restructuration, l'emploi et les conditions de travail se dégradent. Pour le citoyen, l'accès des services est de plus en plus problématique. L'accès aux services publics est un droit que la libéralisation et les privatisations ne garantissent plus dans les secteurs géographiques les moins rentables. Les transports en commun ne desservent plus correctement le village, le bureau de poste est fermé, la ligne ADSL n'est pas disponible, l'école du village a disparu, l'hôpital le plus proche est sous-équipé. La question de services publics respectueux de leurs travailleurs et performants pour tous ses usagers, particulièrement en région rurale, est une priorité existentielle en région rurale.
La Wallonie fait partie de la Grande Région. Trois remarques : Il nous semble que la référence au texte "Vision 2020" du 7ième sommet de la grande région Sarre-Lor-Lux-Rhénanie-Palatinat-Wallonie de juin 2003 devrait figurer dans ce point 8.2. Ce serait une façon adéquate de donner à ce texte une importance qu'il ne semble pas recevoir aux niveaux des instances wallonnes. Ce texte a évidemment une importance toute particulière pour la province du Luxembourg qui est au cur de cette Grande Région.
Il serait important de faire référence à ce projet de Capitale culturelle et indiquer un engagement volontariste de la Région wallonne dans cette démarche.
Actuellement la Grande région intervient à elle seule pour 40% des flux frontaliers de l'Europe des 15. Cette situation demande une réflexion sur la mobilité régionale en matière de transport commun et individuel qui respecte le cadre de vie des salariés concernés et qui met à disposition et coordonne au niveau de la Grande Région des moyens de transport collectif rapide et confortable.
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