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Positions
du MOC Luxembourg
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Le développement économique
Si l'on en croit
certaines études, notre province serait le petit Eldorado de la
Wallonie. Bien des paramètres sont effectivement au beau fixe. Pourtant,
l'actualité met chaque jour en évidence la fragilité de notre développement
économique.
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Le Luxembourg est certes une province rurale mais n'est pas à l'abri
du monde |
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La province de
Luxembourg est la plus rurale des provinces wallonnes. Elle couvre
25% de la superficie de la Wallonie et accueille 7,4% de sa population.
47% des terres y sont boisées, 41% sont composées de prés et de
terres agricoles.
On peut penser
qu'autrefois la ruralité constituait un monde à l'abri. Cette image
marque encore les esprits alors que la réalité montre qu'elle appartient
très largement au passé.
Au niveau statistique,
les différences ville/campagne s'estompent. Les modes d'habiter,
de se nourrir, de travailler, de vivre, d'être en sécurité se rapprochent
pour laisser place à un continuum. Modèles de consommation, types
d'emplois, revenus présentent peu de différences et semblent indiquer
que la ligne de partage sociologique entre ville et campagne, urbain
et rural a perdu en grande partie sa pertinence.
Traduction : nous
ne vivons pas dans un havre de paix à l'abri des nécessités, des
vicissitudes et des violences du monde.
A n'y prendre
garde, dans cette affaire le Luxembourg est deux fois perdant.
Tantôt la ruralité
est reconnue et cela nous prive de l'accès à bien des moyens spécifiques
réservés aux villes :
- pas d'accès aux ZIP, Zone d'Initiative Privilégiée en matière
de logement (seul Arlon y a accès),
- pas d'accès au FIPI, Fonds pour l'Intégration des Personnes Immigrées,
- très peu d'accès aux discriminations positives en matière d'enseignement.
Tantôt la ruralité
est niée et cela nous lèse lourdement lorsque les normes à atteindre
sont inaccessibles :
- normes de création et de maintien dans les écoles,
- normes de fonctionnement dans les hôpitaux,
- normes dans le logement social (1 régie de quartier, 1 AIS,…).
La ruralité, premier
terrain de combat pour le Luxembourg aux niveaux régional et communautaire.
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Le Luxembourg n'est pas une zone économiquement arriérée |
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Un rapide aperçu
statistique de la province de Luxembourg peut illustrer ces propos.
- Structure de
la population : la population a augmenté de 13% au cours des 30
dernières années. Les soldes migratoires et naturels sont positifs.
La population est plus jeune que dans le reste du pays.
Loin de nous, le cliché d'une campagne abandonnée par ses forces
vives.
- Marché du travail
: les indicateurs du marché du travail sont supérieurs aux moyennes.
Le taux d'emploi en Luxembourg est de 59,8%. Il est de 54,2% en
Wallonie, 52,9% à Bruxelles, 59,8% en Flandre.
Loin de la réalité, le cliché d'une campagne assoupie où seuls quelques
derniers agriculteurs travaillent.
- Activités économiques
: la valeur ajoutée créée par habitant de la province de Luxembourg
est supérieure à celle de la Wallonie et a connu la plus forte croissance
après celle du Brabant Wallon. L'évolution de la structure de production
montre que le Luxembourg est passé sans réelle transition du secteur
primaire au secteur tertiaire.
A oublier, le cliché d'une campagne arriérée et peu productive.
Le Luxembourg
est une zone riche de sa population jeune et active, une zone particulièrement
productive d'un point de vue économique. Les investisseurs ne le
savent pas assez. Le Luxembourg a des arguments à faire valoir.
Bien que le développement technologique en province de Luxembourg
ait été entamé, l'implantation d'industries nouvelles, à haute valeur
ajoutée, et la création d'activités novatrices en aval des spécificités
naturelles sont encore insuffisantes. Il serait, par exemple, opportun
d'accentuer le développement du pôle agroalimentaire en valorisant
les productions ancrées sur le territoire. Autre exemple, l'exploitation
du bois (abattage et sciage) se réalise dans la province mais la
quasi totalité des produits finis est élaborée à l'extérieur.
Le tissu provincial
se caractérise aussi par sa haute concentration en PME. Plus de
95% des entreprises comptent moins de cinq emplois. On ne compte
qu'un peu plus de vingt entreprises qui dépassent les cent emplois.
Le tissu provincial est fragilisé par le manque d'entreprises de
taille moyenne.
La promotion de
la force de travail du Luxembourg est une priorité. Le Luxembourg
doit mieux se vendre sur le champ des investissements. Un développement
économique durable de la province nécessite :
- un accroissement des investissements dans des secteurs porteurs,
créateurs de valeur ajoutée et générateurs d'emplois,
- une meilleure valorisation des " filières " ancrées sur le territoire
(agroalimentaire, bois, environnement,...),
- un développement d'entreprises de taille moyenne.
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Le Luxembourg n'est pas un paradis pour
tous |
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Posée en termes
d'égalité, la question rurale prend une autre tournure. Quelques
problèmes peuvent illustrer le propos.
- L'emploi : Certes
le taux de chômage est plus faible que dans d'autres sous-régions
wallonnes. Mais,
- il est de l'ordre de 10 % et atteint 12.6 % dans la région de
Marche,
- 45 % des DEI (Demandeurs d'Emploi Indemnisés) sont au chômage
depuis plus de 1 an,
- 47 % des DEI ont moins de 30 ans,
- 50 % des DEI n'ont pas le CESS (Certificat Enseignement Secondaire
Supérieur).
Entre 1999 et 2002 les chiffres du chômage ont régulièrement régressé.
Mais à partir de octobre 2002 la tendance s'est inversée :
En août 2002, les chiffres ont atteint un niveau plancher.
En janvier 2003, les chiffres 2000 ont été rattrapés.
En mars 2003, les chiffres 1999 ont été dépassés.
En août 2003, le niveau record de 1995 a été dépassé : 11.807 DEI
Exclusion.
- La mobilité
: Les villages ne sont plus des mondes autosuffisants. Que ce soit
pour le travail, pour l'école, pour les achats, pour l'accès aux
services publics, pour les loisirs, il est indispensable de se déplacer.
Cette mobilité incontournable implique de posséder une ou plusieurs
voitures et ce n'est pas à la portée de tous. Exclusion.
- Le logement
: Par ailleurs la gestion sociale du logement est insatisfaisante.
Les logements sociaux représentent moins de 3% du parc wallon pour
plus de 7% de la population, les lotissements sociaux n'atteignent
pas une taille critique suffisante pour développer des dynamiques
d'insertion (une seule régie de quartier en province de Luxembourg)
et les campings regorgent de résidents permanents. Exclusion.
- L'aménagement
du territoire : Aujourd'hui, ville et campagne ne sont plus étanches
l'une à l'autre et les aménagements territoriaux respectifs ne peuvent
plus s'ignorer. Attention! Le risque est grand de privilégier une
logique d'aménagement et de développement pour, autour, à partir
et avec les villes seules - les derniers schémas de développement
SDEC (Schéma de Développement de l'Espace Communautaire) et SDER
(Schéma de Développement de l'Espace Régional) sont éloquents en
cette matière. Le risque est réel de considérer les campagnes comme
des satellites des villes. Dans ce cas, la campagne deviendrait
un espace de secondarité par rapport à la ville. Exclusion.
En Luxembourg
aussi, le combat pour l'égalité doit être une priorité politique.
Ce combat passe bien sûr par les luttes classiques pour
- une sécurité sociale assurantielle et solidaire,
- une fiscalité forte et redistributive,
- des fonctions collectives assurées par l'Etat.
Mais ce combat passe aussi et spécifiquement par les questions
- d'emploi,
- de mobilité,
- de logement,
- de services publics,
- d'aménagement du territoire.
Ces matières doivent
constituer des terrains d'intervention pour nos représentants.
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Le Grand-Duché n'est pas la solution à
tous les problèmes |
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Aux 16ème et 17ème
siècles, l'Espagne était le pays le plus riche d'Europe. Elle avait
conquis l'Amérique et en ramenait de l'or. Elle eut la vie facile,
négligea son propre développement et rata la révolution industrielle.
Quand l'or des Amériques vint à manquer, aux 18ème, 19ème et début
du 20ème siècle, elle devint une des régions les plus pauvres d'Europe.
Aujourd'hui seulement elle sort de cette situation.
Tirons-en modestement
les leçons. La proximité du Grand-Duché est une arme à double tranchant.
Le Grand-Duché
est un formidable poumon pour notre développement si nous établissons
avec lui une véritable relation partenariale et bilatérale.
Le Grand-Duché
est une source de sous-développement pour demain si nous le considérons
comme un Eldorado facile et négligeons le développement endogène,
développement intégré et complémentaire des zones d'activités et
des infrastructures.
Par ailleurs,
la proximité du Grand-Duché est une source d'inégalités si nous
n'y prenons pas garde
Des exemples :
La ligne 162 :
Faut-il une ligne rapide ?
Côté pile : Une voie rapide entre Luxembourg ville et Bruxelles,
capitale de l'Europe est un outil de développement indispensable.
Vive le TGV.
Côté face : La mobilité des personnes en Luxembourg doit être structurée
autour d'une ligne de qualité, conviviale, accessible. Cette ligne
162 doit être greffée sur un réseau de transports en commun performant.
Vive l'omnibus.
Le Logement :
Les travailleurs frontaliers un bien ou un mal ?
Côté pile : Le travail frontalier amène une population jeune qui
gagne bien sa vie. Ces jeunes travailleurs construisent, rénovent
et contribuent à la rénovation des villages.
Côté face : La
pression grand-ducale tire vers le haut le prix des loyers et des
acquisitions. Le logement devient inaccessible pour les personnes
à bas ou moyen revenus dans les sous-régions frontalières.
Conclusion : Il
s'agit de développer une politique volontariste qui assure un minimum
de régulation du marché pour permettre de rencontrer les attentes
et les besoins de chacun.
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Le secteur public et les fonctions collectives |
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Les réformes se
succèdent. De restructuration en restructuration, l'emploi et les
conditions de travail se dégradent. Pour le citoyen, l'accès des
services est de plus en plus problématique. La libéralisation frappe
chaque jour un peu plus fort. L'accès aux services publics est un
droit que la libéralisation et les privatisations ne garantissent
plus dans les secteurs géographiques les moins rentables. Les transports
en commun ne desservent plus correctement le village, le bureau
de poste est fermé, la ligne ADSL n'est pas disponible, l'école
du village a disparu, l'hôpital le plus proche est sous-équipé.
Le combat pour
des services publics respectueux de ses travailleurs et performants
pour tous ses usagers, particulièrement en région rurale, est une
priorité existentielle pour le Luxembourg.
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Le tourisme |
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L'expansion du
tourisme a un effet induit très important sur l'emploi. De plus
les dépenses des touristes étrangers et les investissements touristiques
représentent un apport d'argent, avec effet multiplicateur, dans
le circuit de l'économie provinciale.
La mise en œuvre
de pôles multifonctionnels alliant espaces publics, commerces, tourisme,
hébergement correspond à la tendance nouvelle vers des centres cohérents
et conviviaux. Dans ce cadre la commune doit jouer son rôle en matière
de valorisation de son patrimoine.
L'expansion du
secteur touristique doit permettre un élargissement des plages d'activités
et par là, assurer une stabilité d'emploi au personnel et limiter
le recours régulier au chômage temporaire ou complet. Une prise
en compte des aspects sociaux (conditions de travail et qualité
de vie des travailleurs) par la concertation doit s'imposer dès
la conception de tout nouveau projet.
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Luxembourg 2010 |
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Au moment où la
Région wallonne se dotait d'un SDER (Schéma de développement de
l'espace régional) et l'Europe d'un SDEC (schéma de développement
de l'espace communautaire), les forces vives de la province se sont
engagées dans la construction d'une charte de territoire pour le
développement de la province de Luxembourg. C'est la démarche "
Luxembourg 2010 ".
Les organisations
syndicales et la CSC tout particulièrement se sont engagées de manière
volontariste dans la réflexion.
A ce jour les
textes sont en voie de finalisation. Ils laissent dès à présent
percevoir des orientations que le MOC et la CSC considèrent comme
fondamentales pour l'avenir du territoire provincial. Ces orientations
devront être relayées et défendues par les autorités wallonnes pour
libérer toutes leurs potentialités.
Extraits de la
présentation de l'équipe technique au Comité de pilotage (décembre
2003)
" Les acteurs
de la province voient leur territoire à moyen terme comme un territoire
ayant réussi le pari d'un développement :
- harmonieux combinant le respect de son authenticité et l'insertion
dans la modernité
- basé sur des principes de qualité, d'équité et de transversalité
dans la mise en valeur de la créativité et de la capacité d'expérimentation
- dans des domaines porteurs soigneusement sélectionnés
- nécessitant la construction d'une image positive, l'ouverture
vers l'extérieur, la mise en réseau, le développement d'une identité
commune, la maîtrise de son devenir et la mobilisation des ses acteurs.
"
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Synthèse |
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L'actualité
met chaque jour en évidence la fragilité de notre développement
économique.
A) Le Luxembourg
est certes une province rurale mais n'est pas à l'abri du monde
Traduction
: nous ne vivons pas dans un havre de paix à l'abri des nécessités,
des vicissitudes et des violences du monde.
Tantôt la ruralité
est reconnue et cela nous prive de l'accès à bien des moyens spécifiques
réservés aux villes. Tantôt la ruralité est niée et cela nous lèse
lourdement lorsque les normes à atteindre sont inaccessibles.
B) Le Luxembourg n'est pas une zone économiquement arriérée
Le Luxembourg
est une zone riche de sa population jeune et active, une zone particulièrement
productive d'un point de vue économique. Les investisseurs ne le
savent pas assez.
L'implantation d'industries nouvelles, à haute valeur ajoutée,
et la création d'activités novatrices en aval des spécificités naturelles
sont encore insuffisantes.
Le tissu provincial
est fragilisé par le manque d'entreprises de taille moyenne.
Un développement
économique durable de la province nécessite :
- un accroissement des investissements dans des secteurs porteurs,
créateurs de valeur ajoutée et générateurs d'emplois.
- une meilleure valorisation des " filières " ancrées sur le territoire
(agroalimentaire, bois, environnement,...
- un développement d'entreprises de taille moyenne
C) Le Luxembourg n'est pas un paradis pour tous
En Luxembourg
le combat pour l'égalité doit être une priorité politique. Ce combat
passe spécifiquement par les questions de :
- d'emploi,
- de mobilité,
- de logement,
- de services publics,
- d'aménagement du territoire.
D) Le Grand-Duché
n'est pas la solution à tous les problèmes
Le Grand-Duché
est un formidable poumon pour notre développement si nous établissons
avec lui une véritable relation partenariale et bilatérale.
Le Grand-Duché
est une source de sous-développement pour demain si nous négligeons
le développement endogène, développement intégré et complémentaire
des zones d'activités et des infrastructures.
La proximité
du Grand-Duché est une source d'inégalités si nous ne développons
pas une politique volontariste qui assure un minimum de régulation
du marché notamment de l'emploi et du logement.
E) Le secteur
public et les fonctions collectives
L'accès aux
services publics est un droit que la libéralisation et les privatisations
ne garantissent plus dans les secteurs géographiques les moins rentables.
Le combat pour
des services publics respectueux de ses travailleurs et performants
pour tous ses usagers, particulièrement en région rurale, est une
priorité existentielle pour le Luxembourg.
F) Le tourisme
L'expansion
du tourisme a un effet induit très important sur l'emploi. Une prise
en compte des aspects sociaux (conditions de travail et qualité
de vie des travailleurs) par la concertation doit s'imposer dès
la conception de tout nouveau projet.
La commune
doit jouer son rôle en matière de valorisation de son patrimoine.
G) Luxembourg
2010
Les forces
vives de la province se sont engagées dans la construction d'une
charte de territoire pour le développement de la province de Luxembourg.
C'est la démarche " Luxembourg 2010 ".
Les organisations
syndicales et la CSC tout particulièrement se sont engagées de manière
volontariste dans la réflexion.
Les textes
sont en voie de finalisation laissent dès à présent percevoir des
orientations que le MOC et la CSC considèrent comme fondamentales
pour l'avenir du territoire provincial. Ces orientations devront
être relayées et défendues par les autorités wallonnes pour libérer
toutes leurs potentialités.
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