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Lors de ces
élections législatives 2003, le MOC s'est engagé
dans la campagne avec un triple objectif : rendre les choix électoraux
plus clairs, visibiliser la différence entre une politique
de gauche et une politique de droite, mettre en débat les
enjeux sociaux et citoyens. En Luxembourg, cet engagement s'est
traduit par des rencontres avec les partis PS, Ecolo et cdH. Il
s'est également décliné sous forme de nombreuses
animations politiques réalisées avec les groupes locaux.
Manifestement
le clivage gauche-droite a été présent dans
cette campagne électorale. D'une part le travail effectué
par le MOC avec le PS, Ecolo et le cdH a porté ses fruits
dans le programme social de ces partis et nos revendications concernant
l'emploi, l'avenir de la sécurité sociale, les choix
budgétaires, les soins de santé, une nouvelle fiscalité
sur les capitaux
ont été relayés de manière
convergente par ces partis. D'autre part, la polarisation des résultats
sur les partis socialistes et libéraux laisse penser que
les citoyens ont effectivement mieux compris les enjeux à
la lumière de ce clivage.
On peut se réjouir
du succès engrangé par les partis socialistes et en
particulier le PS. Cela étant, il faut rester prudent : le
succès socialiste est vrai pour des listes et dans des circonscriptions
marquées par un réel souci de renouveau et d'ouverture,
mais aussi pour des personnalités et des listes rétrogrades
et empreintes des vieilles traditions clientélistes et sectaires.
Notre vigilance sur la réalisation des priorités sociales
dans le programme du prochain gouvernement et dans son exécution
devra être totale.
Le recul d'Ecolo
ne peut que nous préoccuper notamment parce que l'absence
d'une force relativement significative à côté
du PS ne permet pas de maintenir un certain pluralisme dans le pôle
progressiste et d'éviter que celui-ci ne soit monolithique.
Il nous semble cependant que le souci de la population pour un développement
durable reste présent et qu'il constitue une base sur laquelle
Ecolo doit s'appuyer pour reconquérir une position plus conforme
aux aspirations.
Quant au cdH,
le refus de se positionner clairement sur l'échiquier politique
ne lui a même pas permis de rester au niveau de la situation
plancher atteinte en 1999. Certes on ne peut pas parler d'effondrement
mais la question est entière de savoir sur quelle base ce
parti pourra retrouver une place reconnue dans les débats
de société. A défaut d'une réponse rapide,
solide et sans faille, le cdH éprouvera bien des difficultés
à reconstituer des relations de confiance avec le citoyen
certes mais aussi avec le réseau associatif, notamment démocrate
chrétien, qui a longtemps été un lieu d'enracinement.
La nouvelle
progression du Vlaams Blok et les avancées du Front National
doivent nous conduire à amplifier nos efforts pour contrer
l'extrême droite. Toutes les campagnes anti-racistes, pour
la tolérance ou pour l'interculturel, sont insuffisantes
s'il n'y a pas des actes politiques concrets pour rencontrer les
problèmes de vie des gens, précarité, insécurité
d'existence, logement, sentiment d'abandon, solitude,
La ligne du
MOC restera donc de mobiliser les personnes et de veiller à
ce que les moyens soient dégagés pour l'emploi, pour
la solidarité, pour les droits politiques, économiques,
sociaux et culturels.
C'est aussi
dans ce sens qu'il y a lieu d'approfondir notre travail d'éducation
permanente et de proximité pour soutenir les militants et
diffuser les savoirs accumulés et les pratiques des mouvements
sociaux.
A partir d'une note approuvée en bureau national du MOC,
Bernard Kerger
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