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Positions du MOC Luxembourg

 

La mobilité

 

Introduction : La mobilité : une nouvelle ligne de clivage social

 

Mobilité. Flux financiers. Communication des informations. Connexion web. Transport des marchandises et des personnes. Plan communal de mobilité, plan de mobilité de l'entreprise. Ministre de la mobilité. Semaine sociale du MOC consacrée à la mobilité, thème d'année à la CSC, …

Ces quelques indications, loin d'être exhaustives, suffisent à justifier que le MOC Luxembourg fait des questions de mobilité, une priorité de réflexion et d'action.

Mais plus fondamentalement, qu'est-ce qui nous amène à considérer la mobilité comme un thème prioritaire pour le mouvement ouvrier ? Effet de mode ? Nous ne le croyons pas. Avec la problématique de la mobilité, nous touchons aux mécanismes actuels (postmodernes ( ?), postindustriels ( ?)) du lien social.


Qu'est-ce qui fait société ?

Aujourd'hui tout bouge et c'est ce mouvement même qui entretient les nouveaux liens sociaux. Le capitaliste de la connexion est en mouvement, sans attache. Il vit entre deux aéroports, le PC portable sur les genoux, le GSM à l'oreille. Il est branché à Internet. Il se déplace en fonction des opportunités. Intouchable, immatériel, sa mobilité lui permet d'engranger les profits.

Effet miroir, le village ou la petite ville ne sont plus autosuffisants. Libéralisation et privatisations obligent : le bureau de poste est fermé, la ligne ADSL n'est pas disponible, l'école du village a disparu, l'hôpital le plus proche n'est pas proche. Que ce soit pour le travail, pour l'école, pour les achats, pour l'accès aux services publics, pour les loisirs, il est indispensable de se déplacer. Par ailleurs, les transports en commun ne desservent plus correctement le village.

Dans ce contexte l'immobilité est évidemment source de pauvreté dans un monde où la richesse naît de la mobilité. Ceux qui demeurent sur place ne développent pas de connexions nouvelles. Or le monde bouge, les liens se font et se défont, les réseaux se restructurent, les entreprises se réorganisent, les projets changent. Pour l'immobile, les liens se coupent et il reste la solitude des déconnectés, les exclus d'aujourd'hui.

La mobilité est donc une question sociale majeure.

Le cadre de la réflexion

 

Les questions de mobilité doivent se comprendre dans le cadre large des projets de développement et d'aménagement du territoire aux niveaux européen, wallon et luxembourgeois.

a) Les schémas de développement

Les schémas de développement SDEC (Schéma de Développement de l'Espace Communautaire) et SDER (Schéma de Développement de l'Espace Régional) privilégient une logique d'aménagement et de développement à partir des zones métropolitaines. Regard méfiant : le risque est réel de considérer les campagnes comme des voies de passage entre les métropoles. Regard confiant : l'opportunité est grande pour une dynamique qui saisit les potentialités de ces flux pour un développement des zones rurales. Entre le risque et l'opportunité, ce sont les décisions politiques qui seront déterminantes.

Ainsi le concept d'eurocorridor n'est intéressant que dans la mesure où il est en capacité d'accrocher toutes les potentialités sous-régionales de développement. L'eurocorridor Bruxelles-SaarLorLux traverse la province de Luxembourg. Sa capacité à capter les valeurs positives sous-régionales nécessite une conception territorialement adaptée ; cet eurocorridor ne peut pas être un couloir étroit auquel cas il ne sera qu'une voie rapide de passage.

Plutôt que d'un couloir Nord-Sud, on parlera donc plus opportunément d'un ensemble Nationale 4, E411, ligne 162 et ligne Athus-Meuse, pièces également importantes et structurantes. On sera particulièrement attentif aux articulations transversales dans une sous-région où les moyens collectifs de mobilité restent aujourd'hui insuffisants. La qualité et la densité des moyens de communication en général et particulièrement collectifs sont une condition indispensable d'un accrochage de l'ensemble de la sous-région à l'eurocorridor.

b) Le développement de l'espace SarrLorLux+

Il est essentiel pour la province de Luxembourg d'être pleinement reconnue dans cet espace de développement SarrLorLux+. Cette reconnaissance passe par des communications qualitativement et quantitativement satisfaisantes, notamment vers le Grand-Duché.

Des coordinations transfrontalières existent entre les mouvements ouvriers, notamment au travers du réseau transnational d'organisations ouvrières chrétiennes des 4 frontières et de la commission CSC-LCGB. Elles seront attentives à cet aspect. La commission CSC-LCGB a mené une vaste enquête auprès des navetteurs transfrontaliers. L'analyse de cette enquête permet de dégager des revendications importantes.

c) Luxembourg 2010

" L'objectif est de construire un projet de territoire constituant une vision du futur à 10 ans et débouchant sur des axes stratégiques majeurs. "

 

L'automobile

 

L'état des autoroutes E411 et E25 est évidemment intolérable :
- sécurité
- confort
- image
Les travaux de rénovation en cours sont donc particulièrement importants.

La sécurité est une préoccupation essentielle ; les routes secondaires du Luxembourg sont particulièrement dangereuses et meurtrières. La sécurisation du réseau routier doit être une préoccupation prioritaire des autorités compétentes à tous les niveaux de pouvoir concernés.

Dans notre vaste province, pas trop bien desservie par les transports en commun, la voiture est devenue omniprésente et indispensable. Sans voiture pas de boulot, peu d'activités culturelles accessibles, bien des services et commerces trop éloignés. Une voiture certes, mais aussi un permis de conduire et une assurance. Et là, les choses se compliquent pour les publics cibles : les jeunes et les aînés sont plus souvent que les autres privés de permis ou exclus de l'assurance ; les femmes sont plus souvent que les hommes exclues de l'autonomie automobile.

Publics à risque. A l'instar de ce qui se pratique déjà dans d'autres pays européens, il est question de ne plus octroyer le permis à vie. " Mauvais risques " disent les assureurs. Pour bien des jeunes les primes exigées deviennent prohibitives, pour bien des aînés trouver un assureur n'est plus possible.

La gestion libérale du monde démantèle les services publics et pousse les assurances à une logique du profit maximal. Entre les transports publics insuffisants et la voiture interdite, l'étau se resserre. L'exclusion en est la conséquence.

L'accès au permis de conduire doit être facilité pour les publics fragilisés. Des initiatives existent en la matière notamment le dispositif FORCA mis en place par la CSC et la FGTB. Ces initiatives doivent être davantage soutenues.

Des dispositifs doivent être mis en place pour favoriser le co-voiturage :
- aménagement de parkings sécurisés près des sorties d'autoroute
- centrale informatique de gestion des offres et demandes

Tout doit être mis en œuvre pour favoriser la bi voire multi modalité :
- aménagement de parkings sécurisés près des gares SNCB et points d'arrêt des bus rapides.

 

Les TEC, transports en commun par la route

 

Un projet novateur

Le projet de réforme novateur des lignes de bus en Luxembourg, mis au point sur papier par Pascal Denis, l'ex-directeur d'exploitation du TEC Namur-Luxembourg, devrait se concrétiser, du moins en partie, dès l'automne 2004.

Ce projet était basé sur deux axes : d'une part, créer un système de bus à la demande partout dans la province (Telbus), selon une cartographie de trente-deux zones, et, d'autre part, assurer des liaisons fiables et régulières via 23 grands axes rapides. Seul problème : le coût, puisque les estimations portaient sur cinq millions d'euros.

Dès l'automne 2004, une expérience à grande échelle sera entreprise, l'objectif étant de l'étendre ensuite à toute la province et même à l'ensemble des zones rurales wallonnes. Le volet " Telbus " couvrira le parc naturel de la Haute-Sûre (Bastogne, Fauvillers, Martelange, Vaux-sur-Sûre, Léglise, Habay), auquel s'ajouteront les zones existantes de Libramont, Sainte-Ode et Bertogne. Concrètement, ces bus devraient circuler de 9 à 17 heures en semaine, au bon gré de la clientèle, l'offre actuelle du week-end restant de mise, tout comme les autres lignes.

Par ailleurs, l'Athus - Liège sera améliorée, en termes de cadence et de confort. Et une ligne Bastogne - Namur sera créée. Il ne faudra dès lors plus aller prendre le train à Libramont. Il s'agira bien d'une ligne rapide, qui ne prendra qu'un quart d'heure de plus qu'en voiture.

La Province a été sollicitée pour être partenaire financier de ce projet qui doit encore être avalisé par le CA des TEC. De plus la Région devra placer un avenant au contrat de gestion du TEC.

Une analyse critique

La complémentarité avec le rail :

En amont à la réflexion sur les transports par route, il faut préciser que le chemin de fer doit toujours avoir une priorité sur le transport par route, du moins pour gérer les principaux flux de mobilité. Des lignes TEC qui se placent en concurrence directe avec des voies de chemin de fer existantes ne sont pas une bonne chose. Une ligne Bastogne - Jambes (Namur) a-t-elle une seule chance de succès si l'on considère que, entre Bastogne et Marche, il n'y a qu'une très faible demande potentielle et que de Marche à Jambes, ce bus entre en concurrence directe avec la ligne 162 Jemelle - Namur ? A moins que le projet caché ne soit la disparition du trafic régional de chemin de fer de la carte du Luxembourg belge car estimé trop peu rentable (voir aussi eurocap-rail).

Faut-il considérer que les autorités wallonnes, incapables de financer le rail régional, anticipent ainsi la régionalisation des chemins de fer qui se profile à l'horizon ?


Le réseau de bus express :

Le réseau actuel pèche principalement par sa faible vitesse commerciale, l'inconfort et l'inadaptation du réseau aux flux de déplacements actuels. Le réseau de bus express doit assurer une relation cadencée entre les différents pôles sous-régionaux (dans et hors province). Il doit assurer aussi la jonction avec les gares. Il s'agit d'autobus rapides et confortables (matériel roulant adapté) qui sillonnent les grands axes sans s'en éloigner, avec un ou deux arrêts maximum par localité traversée et aux nœuds de croisement (lignes rapides et desserte locale).

Ces services offrent une vitesse commerciale compétitive mais ne peuvent en aucun cas remplacer ou doubler des lignes de chemin de fer.

Les points de correspondance avec le réseau express font l'objet d'un aménagement adéquat : parking pour voitures et abri sécurisé pour deux roues, pavillon pour les voyageurs, téléphone, terminal de réservation des bus locaux ou taxis.

Le transport local (notamment par Telbus ou Satelbus) :

Le transport local est le complément indispensable au réseau express. Certains voyageurs peuvent rejoindre le réseau rapide par des moyens individuels (voir ci-dessus) mais il ne faut pas que ceux-ci soient indispensables. Le réseau express doit impérativement être alimenté par des services de ramassage allant jusque dans les lieux de vie des habitants.

Une deuxième fonction essentielle du service local est d'assurer une relation entre les villages et les centres (démarches administratives, achats, relations entre les villages).

Selon le potentiel de voyageurs de chaque quartier, agglomération ou village, les moyens à mettre en place ne sont pas identiques : navettes régulières dans les zones à densité de population plus élevée, services à la demande ailleurs.

Les taux de couverture doivent être optimalisés. Pour les bus à la demande, un solide accompagnement logistique et informatique y contribuera.


Remarque :

La multimodalité doit être favorisée. Elle n'est évidemment possible que si, entre les horaires proposés par les opérateurs, la coordination est optimale. Cela reste souvent insatisfaisant entre les TEC et la SNCB
TEC sous-régionaux eux-mêmes.

Le Rail

Nous reprenons ici largement la position développée par la plate-forme luxembourgeoise du rail. Nous avons cependant actualisé cette position et cette actualisation n'engage que ses auteurs.

La plate-forme luxembourgeoise du rail tient à insister sur la nécessité de revaloriser le transport par chemins de fer dans notre province où le désinvestissement est aujourd'hui criant et de lui rendre ses capacités concurrentielles face à la route, tant sur le plan du transport des personnes que des marchandises.

A propos de la liaison rapide Bruxelles - Luxembourg ville

Le projet (conférence de presse Daras) (octobre 2003)

Les projets actuels de la SNCB sont insuffisants. Son plan d'investissements comporte d'abord la remise en état de la caténaire et de l'assiette sur tout le tracé. Ensuite, la mise à quatre voies entre Bruxelles et Ottignîes à 160 km/h (au lieu de 120 actuellement) et l'accroissement de la vitesse à 160 km/h entre Ottignies et Namur. La SNCB prévoit aussi d'aménager la traversée de la gare de Namur (2 minutes de gagnées par passage de trains), de rectifier certaines courbes au sud de Namur et d'accroître la vitesse, là où le tracé le permet. Ces aménagements feraient gagner 20 minutes sur Bruxelles-Luxembourg.

Avec Eurocap-Rail, l'offre sur la ligne Bruxelles-Luxembourg sera significativement renforcée. La construction d'une ligne nouvelle entre Ciney et Libramont est une priorité. La ligne nouvelle Ottignies-Daussoulx n'est plus une priorité. L'objectif est de créer une relation ferroviaire de haute qualité entre les trois villes-sièges de l'Union européenne (Bruxelles, Luxembourg et Strasbourg) tout en passant par la capitale de la Région wallonne.

D'autre part, la réalisation du projet améliorera les dessertes locales et régionales. Au niveau régional, c'est sur le tronçon Bruxelles-Namur que la densité de voyageurs par axe est la plus élevée. Ottignies et Namur, les principales gares wallonnes en nombre de passagers, sont sur cette ligne. En outre, cette ligne est idéalement située pour transporter les nombreux navetteurs transfrontaliers quotidiens (30.000, tous modes confondus) qui travaillent au Grand-Duché.

Tout ceci implique sur le territoire wallon des aménagements d'infrastructures sur l'axe :
- la mise à 4 voies entre Bruxelles et Ottignies,
- la mise à 2OO km/h sur Ottignies-Namur,
- la mise à 160 ou 200 km/h sur Namur-Luxembourg, en fonction des contraintes du tracé,
- la création d'une ligne nouvelle à 300 Km/h entre Ciney et Libramont.

La réalisation de ce projet bénéficie à la Région wallonne parce que tous les gares et arrêts actuels de la ligne sont maintenus, que le nombre de trains est accru et leur régularité améliorée.

De plus, chacune des liaisons actuelles, y compris les locales, profite des améliorations (en gain de temps de parcours) et du redéploiement des relations ferrées transfrontières vers le Luxembourg. Enfin, la ligne accueillera des liaisons internationales performantes.

Les améliorations apportées par la réalisation d'EUROCAP-RAIL se traduisent en gains de temps et en fréquences des liaisons. Le gain de temps sur Bruxelles-Luxembourg sera significatif: la durée passera de 2 H 42 actuellement à 1 H 30. La fréquence des trains IC+ sera améliorée, passant de six liaisons actuelles à une cadence horaire, entre Bruxelles et Luxembourg.


Annexe : (coupures de presse) (octobre 2003)

"Une fameuse bouffée d'oxygène"

Francis Steiffer, responsable régional du syndicat CGSP a accueilli l'annonce de la modernisation de la ligne ferroviaire avec soulagement.

Pour Francis Steiffer, secrétaire de la CGSP en Luxembourg, l'annonce de la commission européenne d'accorder des aides pour la modernisation de la ligne ferroviaire entre Bruxelles et Arlon est source de multiples satisfactions.

"Cela veut tout d'abord dire que les organisations syndicales des trois pays concernés par le passage de cette ligne n'ont pas mené des actions en vain, notamment le 13 juin dernier et, qu'en agissant en concertation, elles ont pu agir comme bras de levier sur les instances européennes. C'est aussi une victoire pour la Wallonie et pour la Région wallonne qui a pesé de tout son poids dans ce dossier."

Solution pour Stockem ?

En ce qui concerne le Luxembourg proprement dit, Francis Steifer retient avant tout ce qu'il appelle "une bouffée d'oxygène" pour les ateliers de Stockem et la menace qui pèse sur les 197 personnes employées sur le site.

"La modernisation de la ligne pourrait nous servir en cas de pertes d'emplois à Stockem, comme cela avait été le cas lors de la fermeture des ateliers de Latour. A l'époque, le personnel avait été déplacé pour la modernisation de l'Athus-Meuse. Il serait possible de faire de même pour Stockem."

Bref, transférer du personnel pour la modernisation de la ligne pendant quelques années afin de permettre des départs "naturels" vers la pension ou la prépension en évitant des licenciements.


Un plus pour l'emploi local

Pour Jean-Marie Adam (syndicat chrétien des cheminots), une ligne à grande vitesse à travers le Luxembourg n'aura que des effets positifs sur l'emploi local.

Pour Jean-Marie Adam, permanent cheminot de la CSC à Arlon, outre des garanties d'emploi pour l'atelier de Stockem, les cheminots du Luxembourg ont trois bonnes raisons de se réjouir de l'adoption du projet Eurocap-Rail par la Commission européenne.

1- Création de CLIs (centres locaux d'infrastructure).
"Partout où l'on a construit de nouvelles lignes TGV, des CLIs (centres locaux d'infrastructure) ont été créés. Ces centres locaux, non seulement occupent un abondant personnel pendant la durée des travaux, mais constituent un nombre appréciable de postes de travail maintenus par la suite, depuis les agents de maintenance jusqu'à l'ingénieur en passant par toutes les catégories de techniciens voies, signalisation, caténaires, force motrice, etc."

2- Conducteurs et accompagnateurs
"Les dépôts d'Arlon et Stockem qui comportent du personnel d'accompagnement et des conducteurs de train pourraient se voir attribuer des services sur le plan des nouveaux trains et/ou TGV mis en œuvre. Nos conducteurs ont déjà l'expérience des signalisations étrangères (France, Grand-Duché), à la grande satisfaction de tous les réseaux. Il en va de même pour notre personnel d'accompagnement qui dispose d'une large expérience de travail transfrontalier sur les trains internationaux."

3- Liaison Athus-Arlon?
"Pour montrer qu'il existe un Sud-Luxembourg dans l'Europe: pourquoi ne pas relier Athus à Arlon par la ligne qui passe par Turpange, Sélange, Messancy et Autelbas. Ainsi le PED se verrait relié à l'Europe du TGV en matière de voyageurs", termine Jean-Marie Adam (CSC).

Au Nord de la Meuse

La plate-forme avait émis les plus nettes réserves quant à l'opportunité des investissements destinés à améliorer la vitesse sur le tronçon allant de Mont-Saint-Guibert à Rhines. Le nouveau projet vise la mise à quatre voies entre Bruxelles et Ottignies et l'adaptation à 200 km/h du tronçon Ottignies à Namur. Cela est certes moins pharaonique mais aussi plus réaliste et efficace, notamment pour une liaison rapide vers le Luxembourg.

Au Sud de la Meuse

Au Sud de Namur, une desserte rapide, confortable, ponctuelle et sûre de la ligne 162 (Namur-Luxembourg) s'impose comme une nécessité vitale pour l'avenir du transport par chemins de fer dans la province. Elle n'a été que trop délaissée jusqu'ici.

Au moment où le trafic marchandise va être détourné par 1"Athus-Meuse" et où divers éléments de l'infrastructure doivent obligatoirement être remplacés (signalisation, électrification ... ) en raison de leur vétusté, il est temps de concevoir une modernisation digne de ce nom de la ligne, dans le cadre d'un projet d'ensemble qui évite les emplâtres sur une jambe de bois, les chantiers permanents, et investit dans l'avenir. Cette modernisation est une priorité absolue mais la réduction du temps de transport entre Bruxelles et Luxembourg ne peut en aucun cas se réaliser au détriment de la clientèle régionale, en particulier au travers de la suppression d'arrêts.

Si la section de ligne nouvelle voit le jour entre Ciney et Libramont, le risque est grand de voir le sillon urbain famennois privé de liaison ferroviaire vers Namur et Bruxelles d'une part, vers Luxembourg d'autre part. C'est pourquoi, l'option envisagée par le gouvernement wallon qui consiste en la construction d'une ligne nouvelle entre Ciney et Libramont ne peut être acceptée qu'aux conditions suivantes :
- maintenir la desserte ferrée de l'agglomération famennoise,
- créer sur la nouvelle ligne une gare " Famenne ",
- construire une liaison entre la gare " Famenne ", l'agglomération famennoise Jemelle, Marloie, Marche) et la ligne de Liège via la vallée de l'Ourthe.

La promesse de maintenir des dessertes régionales est douteuse car avec une cadence TGV horaire vers Luxembourg, il ne sera pas possible de maintenir en circulation des omnibus et d'aucuns considèrent que la présence des IC est menacée sur cette ligne. A nos yeux le projet Eurocap-Rail n'est acceptable que dans la mesure où
- un projet, type RER Luxembourg ville s'étendant jusqu'à Libramont au moins, permet une liaison correcte pour les nombreux travailleurs frontaliers ;
- la desserte IC est maintenue ;
- outre le TGV, des trains rapides assurent la liaison vers Bruxelles avec arrêts à Arlon, Libramont, " Famenne ".


En ce qui concerne le TGV, l'hypothèse d'un arrêt intermédiaire entre Luxembourg et Namur (Libramont ?) n'est pas à écarter.

A propos des lignes du Sud

La plate-forme demande l'étude d'une exploitation en service voyageurs des relations Virton-Arlon avec d'autres arrêts intermédiaires que la seule gare d'Athus, ainsi qu'entre Virton et Luxembourg (sans rupture de charge), via Dippach, itinéraire qui assure un temps de parcours plus performant que via Esch.

Aujourd'hui, un travailleur de la province sur cinq franchit quotidiennement la frontière grand-ducale. Dans certaines communes traversées par l'Athus-Meuse, ce sont près de la moitié ou plus des travailleurs qui se rendent chaque jour au Grand-Duché. Ces flux de mobilité croissants, ainsi que l'engorgement routier qu'ils provoquent justifient pleinement la mise en service de cette relation transfrontalière.


A propos des tarifs transfrontaliers

Dans le même temps, la plate-forme luxembourgeoise du rail constate que les tarifs appliqués au trafic transnational sont particulièrement dissuasifs pour les petites distances, tant pour les billets normaux que pour les formules d'abonnement, du fait de la tarification internationale qui leur est appliquée. Dans ces conditions, il serait illusoire de vouloir promouvoir le chemin de fer dans une région telle que le Sud-Luxembourg où il a une mission essentielle à remplir. La plate-forme engage dès lors les réseaux concernés à aligner ces tarifs sur les tarifs nationaux.


A propos de l'amélioration qualitative de l'offre

L'avenir du rail passe nécessairement par une amélioration générale de la vitesse commerciale, de la ponctualité, du confort, de la sécurité, du service à bord des trains, la garantie pour les voyageurs de disposer d'une place assise, y compris aux heures de pointe.

Cela passe aussi par une amélioration de la qualité du matériel roulant, une revalorisation des gares et points d'arrêt de la région qui doivent être plus accueillants, avec une présence accrue du personnel, une accessibilité garantie aux personnes à mobilité réduite, une meilleure prise en compte et un développement des relations train-vélo (parcage près des gares, transport des vélos dans les trains, location de vélos dans les gares) ; train-auto (parcage en suffisance et gratuit) ; train-TEC (optimisation des horaires).

 

La mobilité douce

 

La marche et le vélo sont des formes de mobilité trop négligées. Certes ils ne peuvent se concevoir que dans des contextes requérant des conditions de faisabilité exigeantes notamment en termes de distance à parcourir. Mais lorsque ces conditions sont réunies, ces modes de déplacement doivent être considérés comme prioritaires.

C'est le cas en ville. L'aménagement du centre urbain et l'organisation des flux de déplacement doit s'étudier en partant du piéton : qualité des trottoirs, zone piétonne, ralentisseurs des véhicules motorisés, limitation de la circulation automobile, parkings dissuasifs,…

Le vélo constitue un autre moyen de déplacement alternatif en milieu urbain bien sûr mais aussi sur les distances moyennes en région rurale. Un important effort doit être réalisé en ce qui concerne l'aménagement d'infrastructure : voies protégées, parkings sécurisés en nombre suffisant et notamment près des points d'arrêt des transports en commun.

 

Synthèse

 

Il est essentiel pour la province de Luxembourg d'être pleinement reconnue dans l'espace de développement SarrLorLux+. Cette reconnaissance passe par des communications qualitativement et quantitativement satisfaisantes, notamment vers le Grand-Duché.

L'Eurocorridor Bruxelles-SaarLorLux traverse la province de Luxembourg. Sa capacité à capter les valeurs positives sous-régionales nécessite une conception territorialement adaptée. On sera particulièrement attentif aux articulations transversales.

A) L'automobile

La sécurisation du réseau routier doit être une préoccupation prioritaire des autorités compétentes à tous les niveaux de pouvoir concernés.

En matière de permis de conduire et d'assurance, les jeunes et les aînés sont trop souvent l'objet de mesures discriminatoires.

L'accès au permis de conduire doit être facilité pour les publics fragilisés. Des initiatives existent en la matière, notamment le dispositif FORCA mis en place par la CSC et la FGTB. Ces initiatives doivent être davantage soutenues.

Des dispositifs doivent être mis en place pour favoriser le co-voiturage :
- aménagement de parkings sécurisés près des sorties d'autoroute
- centrale informatique de gestion des offres et demandes de covoiturage.

Tout doit être mis en œuvre pour favoriser la bi voire multi modalité :
- aménagement de parkings sécurisés près des gares SNCB et points d'arrêt des bus rapides.


B) Les TEC, transports en commun par la route

La complémentarité avec le rail :

Le chemin de fer doit avoir priorité sur la route. Des lignes TEC qui se placent en concurrence directe avec des voies de chemin de fer existantes ne sont pas une bonne chose.

Le réseau de bus express :

Le réseau de bus express doit assurer une relation cadencée entre les différents pôles sous-régionaux (dans et hors province). Il doit assurer aussi la jonction avec les gares. Il s'agit d'autobus rapides et confortables (matériel roulant adapté).


Les points de correspondance avec le réseau express font l'objet d'un aménagement adéquat : parking pour voitures et abri sécurisé pour deux roues, pavillon pour les voyageurs, téléphone, terminal de réservation des bus locaux ou taxis.


Le transport local (notamment par Telbus) :

Le réseau express doit être alimenté par des services de ramassage allant jusque dans les lieux de vie des habitants.

Une deuxième fonction essentielle du service local est d'assurer une relation entre les villages et les centres (démarches administratives, achats, relations entre les villages).

Selon le potentiel de voyageurs de chaque quartier, agglomération ou village, les moyens à mettre en place ne sont pas identiques : navettes régulières dans les zones à densité de population plus élevée, services à la demande ailleurs.


C) Le Rail

Au Nord de la Meuse

Le nouveau projet qui vise la mise à quatre voies entre Bruxelles et Ottignies et l'adaptation à 200 km/h du tronçon Ottignies à Namur, est une bonne option.

Au Sud de la Meuse

La modernisation de la ligne 162 est une priorité absolue. Toutefois, une ligne rapide entre Ciney et Libramont ne peut être acceptée qu'aux conditions suivantes :
- maintenir la desserte ferrée de l'agglomération famennoise,
- créer sur la nouvelle ligne une gare " Famenne ",
- construire une liaison entre la gare " Famenne ", l'agglomération famennoise (Jemelle, Marloie, Marche) et la ligne de Liège via la vallée de l'Ourthe.

En outre le projet Eurocap-Rail n'est acceptable que dans la mesure où :
- un projet, type RER Luxembourg ville s'étendant jusqu'à Libramont au moins, permet une liaison correcte pour les nombreux travailleurs frontaliers ;
- la desserte IC est maintenue ;
- outre le TGV, des trains rapides assurent la liaison vers Bruxelles avec arrêts à Arlon, Libramont, " Famenne ".

A propos des lignes du Sud

Il est important de rétablir pour les voyageurs des relations Virton-Arlon avec d'autres arrêts intermédiaires que la seule gare d'Athus, ainsi qu'entre Virton et Luxembourg (sans rupture de charge), via Dippach.

A propos des tarifs transfrontaliers

Les tarifs appliqués au trafic transnational sont particulièrement dissuasifs pour les petites distances, tant pour les billets normaux que pour les formules d'abonnement. Un minimum de concertation entre les réseaux concernés doit permettre d'aligner ces tarifs sur les tarifs nationaux.

A propos de l'amélioration qualitative de l'offre

L'avenir du rail passe nécessairement par une amélioration générale de la vitesse commerciale, de la ponctualité, du confort, de la sécurité, du service à bord des trains, la garantie pour les voyageurs de disposer d'une place assise, y compris aux heures de pointe.

Cela passe aussi par une amélioration de la qualité du matériel roulant, une revalorisation des gares et points d'arrêt de la région qui doivent être plus accueillants, avec une présence accrue du personnel, une accessibilité garantie aux personnes à mobilité réduite, une meilleure prise en compte et un développement des relations train-vélo (parcage près des gares, transport des vélos dans les trains, location de vélos dans les gares); train-auto (parcage en suffisance et gratuit); train-TEC (optimisation des horaires).

D) La mobilité douce

La marche et le vélo sont des formes de mobilité trop négligées.

En ville, l'aménagement du centre urbain et l'organisation des flux de déplacement doit s'étudier en partant du piéton : qualité des trottoirs, zone piétonne, ralentisseurs des véhicules motorisés, limitation de la circulation automobile, parkings dissuasifs,…

Pour le vélo, un important effort doit être réalisé en ce qui concerne l'aménagement d'infrastructures : voies protégées, parkings sécurisés en nombre suffisant et notamment près des points d'arrêts des transports en commun.




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