Qui sommes-nous?

Accueil
MOC à Arlon
Organisations constitutives
Missions
Instances provinciales
Liens
CIEP

Services
AID
Solidarité Mondiale
Loisirs et vacances


Nos outils
Positions du MOC
Revue Perspectives

Infos pratiques

Plan d'accès
Nous contacter
Horaires d'ouverture

 

AGENDA

 

 

 

 

 

Les soins de santé en province de Luxembourg

 

(Position du MOC Luxembourg adoptée lors de son comité fédéral du 23 mai 2005)

Comme ailleurs dans le pays, les soins de santé en province de Luxembourg sont confrontés à de nombreux défis :
- une croissance des niveaux de vie et des dépenses de santé y liées.
- une évolution rapide des technologies de la santé qui pèsent sur les pratiques et les coûts.
- une pénurie programmée des professionnels de santé
- le vieillissement démographique qui implique de nouvelles formes de prise en charge (infrastructures, services,…)

Face à ces défis il convient de formuler un ensemble de propositions constructives.


I) L'offre de soins hospitaliers

Quelques constats préliminaires

L'offre de soins hospitaliers n'est pas pléthorique :
1985 1247 lits
2003 987 lits (dont 792 aigus) pour 273 800 habitants
soit 2.9 lits par 1000 habitants.

En Belgique 4,6 lits par 1000 habitants.
Au Grand-Duché 7,2 lits par 1000 habitants
En Turquie 2,1 lits par 1000 habitants

Les taux d'hospitalisation sont en-dessous de la moyenne belge :
16 pour 1000 habitants en Luxembourg alors que la moyenne nationale est de 17,6 pour 1000 habitants.

La mobilité vers des hôpitaux situés hors province est loin d'être marginale :
En 2001, il y a eu 39 000 admissions de patients luxembourgeois dont
- 33 000 dans les hôpitaux de la province,
- 2 500 hors province
- 3500 dans les hôpitaux universitaires (en principe pour des soins non disponibles en province de Luxembourg)

Les études (notamment HERA) montrent que plus de la moitié des déficits des hôpitaux de la province sont des déficits structurels (sous-financement public).

Quelques positions de principe

1) Il s'agit de veiller à équiper nos hôpitaux en matériel et personnel de la meilleure qualité possible : pour rendre un service optimal à la population
dans la plus grande proximité raisonnable.

Les patients doivent être mis au centre de toutes les préoccupations. De leur point de vue il s'agit de réaliser un juste équilibre entre
- des soins de proximité
et - des soins de qualité.

2) Il faut au minimum maintenir sur chaque site aigu existant :
médecine interne, chirurgie générale, service d'urgence, SMUR, radiologie et biologie clinique.

3) Toute réflexion sur l'avenir des hôpitaux doit s'inscrire dans une perspective à long terme. A défaut on multiplie les investissements " inutiles ".
Ex : des investissements importants ont été réalisés en gériatrie à Virton. Le plan Hera préconise le déplacement de la gériatrie de Virton vers Arlon.

4) Trop souvent les plans hospitaliers abordent la question sous le seul angle du financement alors que la question de l'offre de soins mérite une approche multidimensionnelle incluant les points de vue :
- du financement
- économique (les hôpitaux appartiennent à l'environnement économique de chaque sous-région dont ils sont une composante importante notamment en terme d'emplois)
- des travailleurs (voir ci-dessous)
- médical
- des patients.

5) Au même titre que pour d'autres fonctions collectives, chaque citoyen doit pouvoir bénéficier d'un service minimum médical et hospitalier garanti et également accessible en termes de coûts à supporter par le patient.
Exemple : le SMUR doit garantir à chaque citoyen un temps court d'intervention

A propos de l'offre de soins en général et du plan médical global HERA en particulier

A propos des services d'urgences

La prise en charge des urgences est une des missions essentielles du dispositif hospitalier. Par définition elle implique la proximité et donc une couverture territoriale optimale.

Dans ce cadre, le maintien des SUS à Arlon, Bastogne, Libramont et Marche est indispensable. Ces SUS seront associés à des SMUR correspondants ainsi qu'à un SMUR à Virton.

A propos de la proximité

Outre les services de base minimaux (médecine interne, chirurgie générale, service d'urgence, SMUR, radiologie et biologie clinique) présents sur les quatre sites, on soutient l'idée de promouvoir sur ces 4 sites le développement des services de psychiatrie, de gériatrie, de soins palliatifs et de revalidation aiguë

A propos des regroupements, synergies et redistributions de services

Le plan médical global préconise divers regroupements, synergies et redistributions de services. Quelques remarques à ce sujet.

- Le regroupement des services de gériatrie et des lits de revalidation aiguë des sites de Sainte Ode et de Virton vers les sites de Libramont et d'Arlon présente effectivement une pertinence en termes de coûts et en termes médicaux (la présence du plateau technique d'un site aigu sur le lieu d'implantation de ces services est importante).

- Le regroupement des services de revalidation de Virton et de Saint Ode dans un centre provincial de revalidation fonctionnelle (à Sainte Ode ou à Virton) n'est opportun que s'il permet effectivement la création d'un centre de première qualité en la matière.

- Les approches par filière constituent probablement un plus. Ces travaux de type filière de soins impliquent une redistribution des activités. Pour certaines filières il est cependant indispensable de maintenir des services de proximité adéquats. Ainsi pour l'oncologie et la dialyse, les patients sont amenés à se présenter aux services hospitaliers plusieurs fois par semaine pour des traitements exigeants et contraignants. La proximité devient alors un élément déterminant de la qualité même des traitements.


La mobilité

La province est vaste. Les regroupements et redistributions de services entraînent souvent des déplacements accrus. Ils doivent être envisagés sans négliger les questions de mobilité.

Entre autres :
- une mutualisation des frais d'ambulance doit être envisagée. A défaut des populations plus éloignées des centres de soins sont lésées.
- la réflexion sur la réorganisation des services doit intégrer la question de la mobilité et de l'accueil des patients et de leurs proches (visites, repas, logement,…). Toute réorganisation doit être accompagnée d'un véritable plan de mobilité qui intègre l'offre des services publics en la matière.
- cette réflexion doit aussi s'accompagner d'un plan de mobilité pour les travailleurs qui limite au strict minimum les préjudices que ceux-ci pourraient encourir.

II) La dimension internationale

On reprend ici quelques propositions importantes du rapport rédigé dans le cadre de la recherche-action Luxlorsan émargeant au programme InterReg " Offre de soins et mobilité à l'intérieur l'espace transfrontalier. "

L'offre de soins en province de Luxembourg doit se concevoir dans le cadre plus large de l'espace transfrontalier impliquant la Lorraine française et le Grand-Duché de Luxembourg.

En particulier il convient de doter d'une base juridique la coopération entre Etats pour élaborer un accord cadre transfrontalier de coopération sanitaire.

Il est aussi nécessaire de mettre en place un observatoire transfrontalier régional de la santé afin de coordonner les projets, initiatives, études et analyses.

Plutôt que de laisser jouer des mécanismes de concurrence ou de compétition, à terme néfaste pour chacun, il est urgent de soutenir les demandes de collaboration inter-hospitalière de part et d'autre des frontières.

Une politique de communication à l'adresse de chaque acteur concerné par une approche transfrontalière des politiques de santé doit être développée.


III) Les conditions de travail

Cette partie du document est reprise des positions de la CCSP, Centrale Chrétienne des Services Publics. Les préoccupations du personnel sont multiples.

1) les normes en personnel : la charge de travail est sans cesse croissante au détriment d'une véritable relation humaine avec le patient.

2) une réelle dynamique en matière de management.

3) l'aménagement des fins de carrière

4) les conventions sectorielles : ces convention sont négociées au comité C wallon mais elles ne sont pas appliquées sous le couvert de la sacro-sainte autonomie des pouvoirs locaux.

5) un véritable dialogue social : celui-ci doit tendre à améliorer les conditions de travail mais aussi à rendre plus attractif l'emploi dans nos hôpitaux

6) une politique de mobilité : tout regroupement ou redistribution de services doit s'accompagner d'un plan de mobilité pour les travailleurs qui limite au strict minimum les préjudices que ceux-ci pourraient encourir.





Avec le soutien de